Mélenchon, le vote utile de Gauche ?

Alors que les échéances approchent, ceux qui avaient demandé à Mélenchon de retirer sa candidature au nom du vote utile ne veulent plus en entendre parler : malgré une défaite cuisante annoncée, Hamon se maintient et tire à boulets rouges sur Mélenchon, le candidat le mieux placé à Gauche pour être au second tour. De son côté, le NPA progresse pour le bonheur..., entre autres, de Macron !!

Qu'est-ce que le vote utile : apparement c'est une arme à double tranchant puisque ceux qui s'en sont servi contre le candidat de la france Insoumise pourraient bien s'y blesser.

On voit également des rageux dire que puisque Mélenchon n'a pas jugé bon de se désister au nom du vote utile, avant que la campagne ne se déroule, il n'a pas à compter dessus à la veille des élections, c'est à dire, à un moment où il est attesté que le favori de la Gauche est Mélenchon (et non en lisant dans les entrailles de poulets comme le faisaient les premiers : grand mal leur en a pris !).

Enfin, du côté de l'aile encore plus à Gauche, on ne croit pas que l'élection présidentielle puisse à elle seule améliorer les choses et, au nom de cette idée, on est prêt à laisser le champ libre aux candidats de la Finance et du Medef : Fillon et Macron (Surpris!?)

 

On pourrait tergiverser des lustres sur la petite introduction que voilà, mais tout se résume à une question de bon sens :

- le candidat de Gauche le mieux placé pour remporter les présidentielles, c'est Mélenchon

- les autres candidatures à gauche, dans cette éventualité, constituent de précieuses réserves de voix, mais encore faut-il qu'il se qualifie et que l'on ne laisse pas des schismes illusoires dictés par des intérêts de partis politiques polluer le débat (voir plus loin le chapitre Benoît Hamon)

et que chacun fasse preuve de bon sens, le bon sens n'a pas de parti, c'est de la jugeote !!

 

A présent, faisons le tour des candidats parmi lesquels peuvent s'égarer des voix qui seraient fondées à soutenir le candidat de la France Insoumise :

Benoit Hamon :

Après avoir prôné le sacrifice des autres candidats au nom de l'intérêt supérieur de la Gauche, et dénoncé la part trop importante de l'égo chez le candidat insoumis, voilà que même au fond du trou, Hamon maintient sa candidature.

La raison de ce jusquauboutisme : assurément pas son propre égo (je me marre !! Rigolant) ! Non : la candidature de Mélenchon serait porteuse de "divergences irréconciliables" au niveau Européen et pourrait "détruire l'Europe", ce qu'il ne soutiendra jamais, jamais, jamais...

Et voilà l'autopsie d'une intox qui démontre que, s'il y a imposture, c'est du côté de Hamon : Hamon élude volontairement le plan A qui est grosso modo identique à son programme européen : et là, on est dans le surréalisme :

1/ Soit Hamon croit à son programme, c'est à dire à la renégociation des traités, ce que Mélenchon nomme "Plan A" : dans ce cas, les chose s'arrêtent là : il n'y a pas d'incompatibilité de programmes au niveau européen

2/ Soit Hamon ne croit pas à la renégociation des traités ou envisage la possibilité d'échec de cette renégociation , et dans ce cas là, quel que soit le nom qu'on lui donne, il y a aussi chez Hamon un "plan B" : et ce plan, il ne nous le dit pas, parceque c'est le Plan "Hollande-bis" : après avoir critiqué Hollande 5 années durant, on ferait la même chose que lui, peut-être en s'en excusant davantage... mais en tournant le dos à nouveau à ses électeurs (!)


3/ Hamon élude en permanence le fait que, non seulement, le FRexit est la solution du dernier recours, dans le programme de la FI, mais que Mélenchon a dit qu'il ne prendrait pas lui-même cette décision : il y aurait un référendum, avec une campagne OUI/NON. C'est donc absurde d'entraver la victoire de ses idées dans la campagne présidentielle (transition énergétique vers 100% renouvelable en 2050, 6e république, etc...) en raison d'un volet optionnel du programme qu'il pourrait toujours combattre dans une autre campagne politique (!?!).


4/ et si Hamon a peur de ce que donnerait un référendum sur la sortie de l'UE qui ne serait posé qu'en cas d'impossibilité de mener la campagne du président français élu, Hamon n'a-t-il pas peur de la démocratie, comme beaucoup d'hommes politiques du PS qu'il a lui-même critiqués (Valls en tête).

Bref, s'il veut se démarquer du quinquennat qui s'achève et engager une vraie rupture, force est de constater que Hamon fait tout ce qu'il ne faut pas faire

 

Philippe Poutou :

Au NPA, on est toujours prêt à dire que l'on préfère Mélenchon aux autres favoris (souvent dit par Besancenot), et pourtant dés que Poutou a obtenu ses 500 signatures, il s'est félicité "d'emmerder Mélenchon". Et même s'il s'en est expliqué par la suite, le fait est qu'il "capitalise" (excusez moi l'expression !!) quelques % depuis ses "impertinences judicieuses" lors du débat des 11 candidats.

Questionné par Ruquier au sujet d'un appel à voter Mélenchon dés le Premier tour pour voir la Gauche au 2e tour, Poutou déclare "et qu'est-ce que ça change pour Mélenchon de gagner 1% et de finir à 17% ? pour le 2e tour ?".

Sauf que depuis, Mélenchon a grimpé dans les sondages et Poutou également : faut-il croire que Poutou aura la présence d'esprit, après quelques calculs simplissimes, de voir que cela peut tout changer ou faudra-t-il que ses électeurs fassent eux-même le calcul s'ils veulent voir un homme de Gauche au second tour ?

Remarque : on pourait dire la même chose de l'électorat de Arthaud, mais elle n'a pas "capitalisé" (mille excuses, encore une fois !) autant sur le débat des 11 candidats

 

Emmanuel Macron :

Ici, que l'on ne se trompe pas, il s'agit d'un ennemi : le candidat de la Finance, E. Macron.

Cela dit, beaucoup d'électeurs de Gauche se sont perdus derrière ce candidat en suivant les sirènes de pas mal d'élus socialistes, et ce sans aucune garanties claires de la part de Macron. C'est à eux qu'il s'agit de dire que la France Insoumise est une organisation de progrès et humaniste : on leur a parlé de "gauche de gouvernement" et autres fadaises qui relèvent de la reddition idéologique à l'adversaire, de "taupes" de droite ou du centre infiltrées au PS en grand nombre, et de balivernes. Avec ce que les sociaux-libéraux donnent aux entreprises sous forme de CICE sans parvenir à faire baisser le chômage (41 Milliards d'€ par an !!!), il y aurait eu de faire 2,5 millions d'emplois de fonctionnaires payés à 1850€/mois. A un moment, et quand on voit l'état de délabrement des services public (éducation, santé, sécurité, ...) il y a de quoi comprendre que le réalisme n'est pas, n'a jamais été et ne sera jamais du côté des réctionnaires.

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