La Javel et la Java

Pas de masques, pas de gel désinfectant, pas de gants, pas assez de lits en réanimation, pas assez de ventilateurs mécaniques, pas assez de personnel formé, pas assez d’hôpitaux non plus, mais quid de la Javel ?

Indispensable pour désinfecter « les surfaces » auxquelles s’accroche le nouvel virus. On nous explique qu’il faut passer à la Javel tous les emballages de nos courses.

Je ne dors plus pour éviter de refaire les mêmes cauchemars:

Le premier commence bien. Je vois des milliers d’hommes et des femmes, en combinaisons de cosmonautes, nettoyant trains, bus, salles et trottoirs avec l’eau miraculeuse. Puis zoom arrière, enseignes et affiches en langues étrangères, la plupart du temps en chinois, parfois en allemand. Hélas, je ne suis pas en France mais ailleurs dans le monde.

Dans le deuxième, je vois d’innombrables mains de toutes les tailles et de toutes les couleurs touchant et se touchant en manipulant mon paquet de pâtes. Sur ces mains et sur mes pâtes, des milliards d’infiniment petits virus couronnés dansent la Java.

Car, de la Javel, il n’y en a plus sur le marché parisien. Probablement ailleurs non plus. Très mauvaise nouvelle. Manquerait-elle, cette eau miraculeuse, parce que, enfin, ce pays a compris (un peu, beaucoup, mais pas complètement) à quoi sert l’hygiène ?

Ce serait la bonne nouvelle.

Ave Caesar, morituri te salutant !

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