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Billet de blog 2 déc. 2022

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Les grenades lacymogènes, aussi, tuent

La banalisation des grenades lacrymogènes fait oublier les risques qui y sont liés. Pourtant elles sont impliquées dans au moins deux décès ces dernières années. Il y a tout juste quatre ans, le 1er décembre 2018, c'est une grenade lacrymogène MP7 qui a été tirée en direction de l’appartement de Zineb Redouane. Quelques mots pour rappeler les dégâts considérables qu'elle peut causer.

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Les gaz lacrymogènes (aussi appelés CS) sont très fréquemment utilisés. Les grenades sont lancées principalement à la main ou à l’aide d’un lanceur, de 50 à 200 mètres.

A court terme, les effets identifiés sont «incapacitants» : irritation des yeux, des voies lacrymales et respiratoires, nausées et vomissements, spasmes, problèmes respiratoires, douleurs thoraciques, dermatites et allergies.

A forte dose, ce gaz peut causer une nécrose des tissus dans les voies respiratoires ou dans l’appareil digestif, des œdèmes pulmonaires ou des hémorragies internes.

Lors de fortes expositions, il peut également être à l’origine, chez les femmes, de troubles importants qui se manifestent par une anormalité dans la fréquence, l’abondance et la douleur des règles.

Les deux fabricants français qui se partagent le marché des grenades lacrymogènes, Nobel Sport, situé à Pont de Buis (29), et SAE Alsetex, à Précigné (72), ainsi que l’Etat, refusent de communiquer la composition exacte des gaz utilisés.

Illustration 1
Grenade lacrymogène MP7 © Rudy BURBANT

C’est une grenade MP7, qui a été tirée en direction de l’appartement de Zineb Redouane, alors qu’elle fermait les volets de sa chambre, en marge d’une manifestation le 1er Décembre 2018 à Marseille. Le tireur, un CRS, était muni d’un lanceur Cougar. La grenade a percuté violemment le visage de l’octogénaire à 97 km/h, puis a libéré son gaz dans l’appartement.

Elle décédera à l’hôpital le lendemain.

Cette grenade MP7 photographiée est produite par Nobel Sport. Elle libère 7 palets qui s’éparpillent et permettent de diffuser le gaz sur une zone pouvant aller jusqu’à 1000 m2.

Ce sont 33 grenades MP7 qui ont été utilisées le soir de la disparition de Steve lors de la Fête de la musique, à Nantes en 2019, sur le Quai Wilson où il n'y avait pas de barrière (rapport IGPN), causant la chute de plus de dix personnes aveuglées et désorientées par les gaz, 8 mètres plus bas dans la Loire.

Extrait du livre IMPACT - 10 histoires de violences policières

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