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Billet de blog 3 déc. 2021

GENOCIDE : LE PRETRE WENCESLAS MUNYESHYAKA  SUSPENDU POUR AVOIR EU UN ENFANT

On se souviendra du père Wenceslas Munyeshyaka, qui non seulement a été accusé du génocide contre les Tutsi, mais aussi d’avoir violé les filles Tutsi qui avaient cherché refuge dans la paroisse où il était curé. Il vient d’être suspendu par l'évêque d'Evreux son protecteur. La grande faute ce n’est pas celle du génocide, plus grave, il a fait et reconnu un fils. Quel horreur !

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GENOCIDE CONTRE LES TUTSI : LE PRETRE WENCESLAS MUNYESHYAKA  SUSPENDU POUR AVOIR EU UN ENFANT

Le père Wenceslas dans les jardins du presbytère de Brionne,
après son intronisation comme administrateur de la paroisse Saint-Martin de la Risle
le 1er septembre 2021. (©Eveil Normand / AB)

On se souviendra du père Wenceslas Munyeshyaka, qui non seulement a été accusé du génocide contre les Tutsi, mais aussi d’avoir violé les filles Tutsi qui avaient cherché refuge dans la paroisse de la Sainte famille où il était curé. Il vient d’être suspendu par l'évêque d'Evreux son protecteur. La grande faute du père Wenceslas Munyeshyaka ? Ce n’est pas celle du génocide, mais faute grave, il a fait et reconnu un fils. Quel horreur !

Le prêtre Munyeshyaka, venait d’être nommé comme curé de paroisses de Brionne. Le 6 septembre 2021, il a reconnu un fils né en juillet 2010. Il n’a plus le droit d’exercer un ministère presbytéral, ni de conférer ou célébrer tout sacrement.

Tout récemment nommé à la tête de la paroisse Saint-Martin de la Risle, à Brionne (Eure), le prêtre Munyeshyaka vient d’être sanctionné de la peine de suspense a divinis par Christian Nourrichard, l’évêque d’Evreux.

La sanction, « conforme au code de droit canonique – droit interne de l’Eglise – » a été prise après que le père Wenceslas « a fait inscrire dans les registres d’état-civil de Gisors une reconnaissance de paternité sur un fils, né en juillet 2010, d’une liaison qu’il a entretenue à Gisors », annonce l’évêque dans un communiqué envoyé à la presse.

Du Rwanda à l’Eure, en France

De nationalité rwandaise, incardiné dans le diocèse de Kigali en 1992, le père Wenceslas Munyeshyaka – 62 ans – avait quitté son pays en proie à un génocide, en 1994, dans lequel il a participé activement. Il a été accueilli en France, qui à ce moment été aussi impliqué jusqu’au cou dans ce génocide.

En demande d’asile politique, il avait été accueilli en 1996 par Monseigneur Jacques David dans le diocèse d’Evreux, exerçant successivement dans la paroisse de Gaillard sur Seine puis, à partir de 2001, dans celles de Gisors Vallée d’Epte et de Plateau d’Etrépagny. Ce diocèse lui a assuré la protection morale, matérielle et juridique.

Le 1er septembre dernier, après avoir obtenu le statut de réfugié politique, lui permettant de faire une demande de titre de séjour, c’est donc pour Brionne qu’il avait quitté « son vrai chez lui », comme il l’avait déclaré avec émotion, tournant une page de vingt années à Gisors et Etrépagny.

Faire un enfant, péché plus grave que de commettre un génocide

L’Eglise catholique qui a protégé de nombreux génocidaires contre les Tutsi, le père Wenceslas Munyeshyaka en tête, vient de le suspendre tout simplement pour avoir fait un enfant. Pourtant, il avait été accusé, non seulement du génocide, mais aussi d’avoir violé les filles et les femmes qui avaient cherché refuge dans la paroisse où cet homme de Dieu régnait en maître, avec gilet pare-balles et un pistolet accroché à sa hanche droite.

Le prêtre Munyeshyaka en tenue de combat avec ses collègues militaires genocidaires

La pédophilie de prêtres en France a fait et continue de faire beaucoup de bruits, mais l’Eglise reste muette en ce qui concerne de nombreux génocidaires qu’elle continue à protéger. Il ne s’agit pas seulement de la France, il en est de même dans les autres pays très catholiques, voire au Vatican dignement appelé aussi le « Saint-Siège ».

Le pistolet sur la hanche de l'« homme de Dieu » n'était que pour affirmer son autorité
et tenir à sa merci les réfugiés cachés dans son église

Rappelons que de nombreux religieux au Rwanda ont été reconnus coupables comme génocidaires des Tutsi par les tribunaux populaires du Rwanda, « Gacaca », le Tribunal International pour le Rwanda et les tribunaux nationaux des pays qui ont bien voulu se pencher sur ces cas exceptionnels, tel que celui de la Belgique.

Partout où iront ces génocidaires, « l’œil sera dans la tombe, regardant Caïn».

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