« L’ELOGE DU SANG » LIVRE POLEMIQUE DE LA JOURNALISTE CANADIENNE JUDI REVER.

La lecture, même partielle, de ce livre-diatribe du journaliste d’investigation Judi REVER requiert beaucoup décourage et une bonne dose destoïcisme pour un Rwandais ayant vécu dans sa chair le martyr des siens massacrés juste pour avoir eu le tort d’être nés Tutsi !

« L’ELOGE DU SANG » LIVRE POLEMIQUE DE LA JOURNALISTE CANADIENNE JUDI REVER.

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Par Ir André MUNYAKAZI*, Librepenseur
Email : andymunya2002@yahoo.fr

 

La lecture, même partielle, de ce livre-diatribe du journaliste d’investigation Judi REVER requiert beaucoup décourage et une bonne dose destoïcisme pour un Rwandais ayant vécu dans sa chair le martyr des siens massacrés juste pour avoir eu le tort d’être nés Tutsi !

Evidemment, les partisans de la théorie abjecte du double génocide et leurs affidés, ils s’en délectent comme des hyènes, presque jusqu’à la jouissance. Ce livre est un brulot qui s’illustre par des contre-vérités d’une ignominie sidérante, pour une journaliste digne de ce nom. Bien heureusement pour elle, par ce temps qui court, le ridicule ne tue plus ! Et comme disait un sage : ʺLa méchanceté et la bêtise humaine sont des armes que les faibles d’esprit utilisent pour se sentir supérieursʺ.

L’exercice de détricoter tous les mensonges et contre-vérités contenus dans ce livre est certes très difficile, surtout après l’accueil ʺchaleureuxʺ reçu par tous les medias révisionnistes et les négationnistes de tout bord, et ses prestations sur les plateaux des télévisions où évidemment elle n’avait personne pour la contredire, car très peu d’experts sur le Rwanda considèrent ses écrits comme honnêtes. Ils préfèrent s’abstenir et ne pas cautionner par leur présence, des thèses difficiles à vérifier et surtout nauséabonds, tel fut le cas en Belgique en Octobre 2019. Soixante chercheurs et historiens spécialistes du Rwanda adressèrent alors une lettre de protestation contre le passage de Judi RIVER dans quatre Universités flamandes.

Mais nous allons essayer, autant que faire se peut, de démontrer l’absurdité des allégations contenues dans les propos mensongers de Judi RIVER.

Dès l’entame de sa diatribe haineuse, avec une plume acérée trempée dans le vitriol, Judi REVER n’y va pas par le dos de la cuillère lorsqu’elle qualifie sans aucune retenue de ʺguerre saleʺ, la libération du Pays menée avec maestria par le Front Patriotique Rwandais (FPR). A se demander s’il y a jamais eu dans l’histoire de ʺguerre propreʺ ? Peut-être qu’elle sous-entendait l’extermination des Indiens d’Amérique par ses ancêtres au Canada et aux USA (les Iroquois en savent quelque chose. Parqués dans des réserves au Canada, ils sont gavés d’alcool gratuitement pour les rendre inaptes et totalement dépendants)!

Une guerre ne peut pas être propre, elle comporte toujours son lot des drames, des victimes innocentes, beaucoup des larmes et de sang. On peut plutôt se poser la question de savoir si une guerre de libération est justifiée ou non ?

  • La guerre de libération menée par le FPR était-elle justifiée ?

L’histoire nous renseigne que tout avait commencé en 1959, à l’instigationdu colonisateur Belge et sous la bénédiction de l’église catholique, les Hutu incités et armés par le colonisateur, s’en sont pris à leurs concitoyens Tutsi (lire: Mission au Rwanda, Guy Logiest, 1988). Pour sauver leurs peaux, nos parents n’avaient d’autre choix que de se réfugier dans les Pays voisins (Uganda, Tanzanie, RDC, Burundi).

Dès l’indépendance (Juillet 1962), la République Rwandaise n’avait pas réellement reconnu les Rwandais Tutsi comme faisant partie intégrante de la société. Ces derniers n’avaient pas les mêmes droits que les autres citoyens, ils en avaient même été déchus à bien des égards. Ils étaient soumis à de multiples pratiques discriminatoires et formaient un groupe déclassé, stigmatisé par les autorités. Ce déclassement et cette déchéance ont été le préambule de la destruction physique systématique qui s’en suivra.

Les Tutsi qui étaient restés au Rwanda et qui avaient survécus aux pogroms successifs, étaient réduits au statut de citoyens de seconde zone. Discriminés dans tous les domaines, Ils vivaient dans leur pays, celui de leurs ancêtres, la peur au ventre, rasant les murs, sans aucun droit, à peine celui de se réveiller chaque jour en attente du prochain massacre. Et ces massacres des Tutsi avaient une régularité de métronome : 1959, 1963, 1967, 1970, 1973, 1990, 1991, …jusqu’à l’horreur absolue en 1994 avec le génocide des Tutsi.

Les Tutsi réfugiés dans les Pays voisins, n’étaient pas mieux lotis. Des centaines de milliers de Tutsis ont ainsi vécu comme réfugiés à l’extérieur de leur pays, exclus de la nationalité rwandaise. Sans entrer dans les détails, on se souviendra toujours des brimades subies par les réfugiés Rwandais en Uganda sous le régime Obote, en RDC avec la chasse aux Congolais Rwandophones, etc… Les Tutsi réfugiés n’avaient d’autre choix que de rentrer dans leur Pays natal, cette condition d’apatrides était devenue insupportable. Plusieurs tentatives pour rentrer pacifiquement au Pays s’étaient soldées par des échecs répétés. Tout le monde se souviendra des négociations d’Arusha qui accouchèrent d’une souris à cause d’un noyau dur des extrémistes Hutu de l’entourage du Président HABYARIMANA qui ne voulait pas d’un partage du pouvoir, et cela malgré la bonne volonté du FPR.

Un peuple ne doit pas se justifier de prendre les armes pour se libérer, lorsque toutes les solutions pacifiques lui sont refusées, qu’il subit la discrimination la plus abjecte et qu’il est continuellement victime des pogroms. Le recours aux armes devient la seule solution envisageable pour réclamer un droit légitime, celui d’avoir un Pays.                                                                                                                                          Dès lors, on ne peut le lui reprocher !!  Même Machiavel, malgré tout le cynisme qu’on lui connaissait dans l’histoire, n’avait pas hésité de dire : ʺUne guerre est juste quand elle est nécessaireʺ.  L’histoire jugera.

  • L’attentat sur l’avion d’Habyarimana est-il l’élément justifiant le génocide des Tutsi ?

Cette assertion est bien évidemment fausse !En remontant dans l’histoire depuis 1959 comme décrit ci-haut, nous pouvons remarquer que tous les éléments préparatifs d’un génocide des Tutsi avaient déjà été mis en place.

  • Identification des populations Rwandaise à partir des cartes d’identité suivant leur appartenance ethnique: Hutu, Tutsi et Twa.
  • Stigmatisation des Tutsi dans leur propre Pays en les considérants comme des envahisseurs étrangers venus d’ailleurs. Massacres à répétition des populations Tutsi. En Décembre 1963, plusieurs milliers des Tutsi avaient été massacrés (plus de 20.000 Tutsi), le journal le Monde du 04/02/1963 évoquait déjà un génocide des Tutsi !
  • Accès limité à la fonction publique pour les Tutsi, et aux études pour les enfants Tutsi. Interdiction de recrutement des Tutsi dans l’armée et la police.
  • Mise en place des structures administratives et militaires pour l’organisation et l’exécution du génocide des Tutsi (Conseillers, Bourgmestres, préfets, Officiers supérieurs de l’armée et la gendarmerie, Hommes d’affaires, Leaders politiques…)
  • Création et organisation des médias de la haine (radio 1000 collines, journal Kangura..), éléments essentiels dans la préparation et la mise en œuvre du génocide des Tutsi en 1994.
  • Etablissement des listes des Tutsi à éliminer bien avant l’attentat sur l’avion d’HABYARIMANA. Ces listes seront lues régulièrement sur radio milles collines au vu et au su de tout le monde.
  • Création des milices armées pour passer à l’acte : Interahamwe, Impuzamugambi etc…

Comment plus d’un million des personnes  ont pu être tués en un temps aussi court (100 jours) sans l’appui et la participation de l’autorité de l’Etat ?

En effet, Il ya eu plusieurs rapports des Nations-Unies qui ont démontré l’implication du gouvernement Rwandais de l’époque. Le rapport  Bacre Wally DIAGNE en 1993 dénonçait les massacres en préparation contre les Tutsis. Le témoignage du Général Jean VARRET, chef de la mission de coopération militaire Française en 1990-1993 le prouve à suffisance. Des nombreux témoignages des ONG qui parlaient des préparatifs en cours pour massacrer les Tutsis le moment venu. Dès le 11/01/1994, le Général Roméo DALLAIRE avait alerté sa hiérarchie, sur base des informations reçues, que les milices Interahamwe se préparaient à commettre des atrocités de masse.   A partir du 07 Avril 1994, il y'avait eu plusieurs communications  du général DALLAIRE à sa hiérarchie, pour faire état des massacres à grande échelle des populations Tutsis, massacres qu'il n'hésitera pas à qualifier de génocide!! Tous ces éléments sont disponibles et pouvaient être consultés par notre journaliste Judi REVER, mais elle n'en fait aucune mention, préférant écouter un seul son de cloche des réfugiés Hutu se trouvant dans les camps de la RDC, et qui pour nombre d’entre-eux avaient du sang sur les mains ou s’inspirer des écrits des ceux qui partagent ses opinions négationnistes comme Pierre PEAN, Charles ONANA, Philip REYNTJENS, André GUICHAOUA et aussi de quelques renégats, anciens compagnons et dissidents du FPR (suite à leurs traductions en justice du fait de la corruption, ou autres actes de terrorisme ou subversions) ...

D’autre part, quel crédit accordé à un travail d’investigation d’une journaliste qui n’a jamais mis les pieds au RWANDA, principal théâtre des opérations, pour produire ce pamphlet et confirmer ainsi ses affirmations ?A croire que la messe était déjà dite, et le coupable de l’attentat connu à l’avance.

Si elle s’était donné cette peine d’enquêter sur terrain, elle se rendrait vite compte qu’il était matériellement impossible que les militaires du FPR aient pu abattre l’avion d’Habyarimana, pour les raisons suivantes: 

- L’endroit d’où est parti le tir des missiles localisé dans le camp militaire de Kanombe (rapport TREVIDIC) ou ses environs sur la colline de MASAKA (rapport BRUGUIERE), ne pouvait pas être accessible aux militaires du FPR cantonnés au CND(Immeuble abritant le Parlement Rwandais de l’époque).Imaginer que les militaires du FPR aient pu transporter ces missiles du CND jusqu’à l’endroit d’où est parti le tir (environ 7 Km), en franchissant allégrement plusieurs barrières entre le CND et le Camp KANOMBE sans se faire repérer, prendre position et attendre patiemment la nuit pour abattre le Falcon d’Habyarimana !! J’avoue que je n’avais jamais douté de la dextérité et du courage légendaire des INKOTANYI pour des opérations commandos (cfr la libération des otages à l’église St Paul), mais cette fois-ci la théorie de Judi REVER relève de la pure fiction digne d’un roman SAS de Malko LINGE. A noter que chaque missile de ce type pèse au moins 80 Kg et mesure 2.50m(voir le témoignage sur YOUTUBE du Lt Colonel Guillaume ANCEL qui a au moins le mérite d’avoir été sur terrain, contrairement à certains journalistes).

- Les 600 militaires du FPR ne pouvaient pas prendre le risque de mener une opération d’une telle envergure sachant qu’ils étaient en infériorité numérique, encerclés de tout part par les camps militaires des ex FAR (Camp de la garde présidentiel, camp Kami, camp Kanombe..).

- D’autre part, tous les hauts cadres du FPR,  membres du futur gouvernement de transition issu des accords d’Arusha, étaient au CND attendant la mise en place de ce gouvernement de transition, le risque était trop énorme de mettre leurs vies en danger.

- La disparition mystérieuse de deux boites noires de l’avion Présidentiel, et qui se retrouveront comme par hasard quelques années plus tard entre les mains des services Français, devait interpeller notre ʺSherlock HOLMESʺ en jupons.

- Les déclarations incendiaires du sinistre Colonel Théoneste BAGOSORA, annonçant l’apocalypse après la signature des accords d’Arusha, la radio milles collines prédisant dès le 04 Avril 1994, l’attentat sur l’avion présidentiel sont des éléments qui prouvaient à suffisance l’implication des extrémistes Hutu dans l’attentant de l’avion qui a couté la vie à HABYARIMANA.

Qu’à cela ne tienne. A supposer même que l’avion d’HABYARIMANA ait pu être abattu par les forces militaires du FPR, est-ce que cet attentat peut-il justifier l’extermination de 1.075.000 Tutsi ?

C’est moralement inacceptable de justifier le génocide des Tutsis au Rwanda, par l’attentant sur l’avion présidentiel ! On ne peut pas expliquer le massacre d'une partie de la population par le simple fait qu'elle soit Tutsi, d'autant plus que tout Tutsi n'était pas nécessairement partisan du FPR ! Comme tout Hutu n'était pas non plus extrémiste ou génocidaire !

Il y a plusieurs Hutu qui sont morts en essayant de protéger leurs voisins Tutsi, tout comme il y a eu des Tutsi qui n’étaient pas des sympathisants de la lutte armée du FPR. Et même en 1959, plusieurs Hutu sont partis en exil, parce qu’ils s’opposaient à la destitution du MWAMI.

N’est-ce pas que certaines preuves de ʺsource sureʺ que notre journaliste prétend détenir, lui ont été fournies par des anciens éléments Tutsi dissidents du FPR ?

 

  • Les commandos du FPR ont-t-ils pu infiltrer la milice Interahamwe comme le prétend notre journaliste d’investigation ?

L’argument massue de Judi REVER est d’affirmer, bien entendu sans aucune preuve (sauf des prétendus rapports secrets du TPIR ou des témoignages des anciens combattants du FPR qu’elle se garde bien de dévoiler), que des milliers des commandos du FPR avaient infiltré des milices Interahamwe pour massacrer les Tutsi de l’intérieur afin de faire porter la responsabilité sur les Hutu. Cette théorie fumeuse relève du pur fantasme pour qui connait le Rwanda et son organisation sociétale. En effet, il était pratiquement impossible d’infiltrer une milice Interahamwe par un élément extérieur à l’organisation, les membres de chaque milice se connaissaient très bien parce que généralement originaires de la même colline et ils avaient été recrutés à partir de la cellule de base appelée UMUDUGUDUGU. Un élément extérieur à la milice serait vite repéré et certainement tué par ces Interahamwe, surtout s’il avait le faciès que nous connaissons. La théorie de Judi REVER n’est qu’une vue de l’esprit qui ne résiste à aucune analyse sérieuse, pour expliquer l’innommable.

  • Que dire de la théorie du double génocide défendue par les négationnistes?

La théorie du double génocide est une aberration qui ne mérite même pas qu’on s’y attarde !C’est juste une diversion pour essayer de noyer le poisson. Il est moralement indécent de mettre sur la même table le génocide des Tutsi en 1994 et la mort de milliers des Hutu dans les différents camps des refugies en RDC, victimes collatérales de la guerre et aussi des diverses maladies infectieuses dues aux mauvaises conditions hygiéniques.

- Non seulement il est suffisamment prouvé que le génocide des Tutsi a été planifié de longue date, mais il faut surtout retenir que dans l'histoire de l'Humanité, aucun génocide ne présente les mêmes particularités cruelles et sanglantes que celui commis au Rwanda contre les Tutsis. ʺMême SATAN dans son royaume des ténèbres n'en espérait pas autant de la part de ses ouailles!ʺ

En 100 jours, les records ont été battus, 1.074.000 victimes soit 10700 innocents par jour, en utilisant dans la plupart des cas des armes artisanales (machettes, gourdins, lances, pierres etc.…).

Au Rwanda, c'étaient des Rwandais qui massacraient d'autres Rwandais, des mères qui tuaient leurs enfants à cause de l’ethnie Tutsi du Papa, des enfants qui tuaient leur Maman Tutsie, de l'homme qui livrait sa femme Tutsie aux interahamwe pour qu'elle soit violée et tuée ! Des femmes enceintes éventrées, des bébés écrasés contre les murs…  On n'avait jamais vu ça nulle part ailleurs.

Et tous ces massacres se passaient sous la barbe de la communauté internationale, avec l’accompagnement du Gouvernement génocidaire de l’époque. Qui ne se rappelle pas de l'appel lancé aux Interahamwe par la Ministre de la famille Pauline NYIRAMASUHUKO pendant les massacres des Tutsis, leur demandant de violer les femmes Tutsies avant de les tuer ?

- Par contre en 1990-1994, pendant la guerre de libération du RWANDA menée par les forces du FPR contre les FAR du gouvernement génocidaire, il est de notoriété publique que les assassinats des civils Hutu, étaient sévèrement punis par le commandement militaire du FPR. Certes, il ya eu des bavures, des cas isolés d’indiscipline et des meurtres, mais qu’on ne peut pas assimiler à des actes de génocide. Les militaires du nouveau RWANDA se sont toujours illustrés par une discipline de fer qui explique en grande partie toutes les campagnes victorieuses menées par nos vaillants INKOTANYI! Et non d’un hypothétique appui des Américains et des autres Anglo-Saxons.

En 1997 lors de guerre de libération menée par l’AFDL appuyé par l’Armée Patriotique Rwandaise (APR), il ya eu plusieurs milliers des victimes collatérales causées par les combats acharnés entre l’AFDL et les ex FAR ainsi que les Interahamwe qui avaient pris en otage les civils Hutu, s’en servant comme des boucliers humains et de la chair à canon. Il n’y avait jamais eu aucune intention délibérée de massacrer les réfugiés Hutu dans les camps en RDC à cause de leur appartenance ethnique.  Ceux qui ont été rapatriés au Rwanda ont retrouvés leurs biens, leurs champs, leurs maisons etc…à l’exception bien évidemment de ceux qui ont trempés dans le génocide des Tutsi, et  qui devaient d’abord répondre de leurs crimes devant la justice.

Aujourd’hui, certains ex. Réfugiés occupent des postes de responsabilité dans l’Administration du nouveau RWANDA, n’en déplaisent aux prophètes de malheur qui avaient toujours prédit le massacre systématique des rapatriés à leur retour au Pays natal. Les forces génocidaires telles que les FDLR, encouragés et appuyés par tous les négationnistes et toutes les forces réactionnaires de la diaspora RWANDAISE et des medias révisionnistes tel SUD-RADIO, MARIANNE ou SPUTNIK en FRANCE, et qui espèrent une hypothétique ʺlibérationʺ du RWANDA par les armes, devront attendre très longtemps avant de voir s’accomplir leurs rêves chimériques !!

  • La France a-t-elle une responsabilité dans le génocide  des Tutsis au Rwanda en 1994?

Minimiser le rôle de la France pendant les événements du Rwanda est de la malhonnêteté intellectuelle de la part de Judi REVER et de tous les négationnistes.

A mon humble avis, Judi REVER aurait été mieux inspirée  d’écouter un autre son de cloche au lieu de se contenter des informations recueillies auprès d’une seule partie, dont on ne peut que douter de l’impartialité. Elle devait prendre connaissance du témoignage du général Français Jean VARRET, chef de la mission de coopération militaire au Rwanda en 1990-1993 et qui a clairement mis en cause sa hiérarchie militaire et les responsables politiques Français de l’époque ! Elle aurait obtenu des informations plus crédibles en lisant "Rwanda la fin du silence", livre-témoignage du Lt Colonel Guillaume ANCEL, qui condamnait de façon non-équivoque, le rôle de la France pendant l'opération Turquoise. Il déclarait: “Ce que nous avons fait au Rwanda est inacceptable, nous avons livré des armes aux forces génocidaires  dans les camps des réfugiés alors que nous étions placés sous mandat humanitaire. L'opération turquoise était tout sauf humanitaire".                                                                                                                                   

Du bout des lèvres certes, lors de sa visite au Rwanda en 2010, le Président Nicolas Sarkozy a reconnu des erreurs d'appréciation qui ne leur auraient pas permis de saisir la dimension génocidaire du gouvernement Rwandais de l'époque.    

Aujourd’hui, le Président MACRON salue une avancée considérable après avoir pris connaissance du rapport DUCLERT, qui souligne une responsabilité accablante de la France et de François MITTERAND dans le génocide des Tutsi en 1994.

Il est tout à fait surprenant de constater que ceux qui défendent becs et ongles ʺl’honneur souilléʺ de la France, ne sont pas Français de souche, et qui plus est, ils n’ont même pas été sur le terrain, contrairement aux Officiers Militaires cités plus haut ou aux journalistes d’investigation reconnus pour la qualité de leurs enquêtes, comme Patrick de St EXUPERY.

  • Est-ce que les USA et les Pays Anglo-Saxons ont-ils fournis un appui décisif au FPR pour vaincre les forces génocidaires?

Pour les négationnistes, le FPR a bénéficié d’un soutien massif des USA et des autres pays Anglo-Saxons, il ne voulait pas l'application des accords d'Arusha (avec l'appui des Américains) à cause de sa supériorité militaire sur le terrain, qui pouvait lui permettre de s'accaparer seul du pouvoir. La seule chose de vraie dans cette assertion, c'était la supériorité militaire incontestable du FPR malgré l'appui de la France, Belgique, Zaïre etc...Quant aux USA et à l'Angleterre, ils n'étaient pas très intéressés par les événements du Rwanda, contrairement aux affirmations fantaisistes des négationnistes et des génocidaires. Il faut dire qu’en Avril 1994, les élections en Afrique du Sud accaparaient toute l'attention internationale, d'autre part, le bourbier Somalien dans lequel les Américains avaient perdu des hommes était encore frais dans leur mémoire collective. Les Anglo-Saxons ne voulaient pas s’impliquer sur un terrain inconnu.               

Prétendre que les Américains ou les autres Anglo-Saxons ont aidé le FPR est une absurdité, car si cela était vrai, il n’y aurait jamais eu le génocide des Tutsi que nous déplorons à ce jour.  

Dans leurs tentatives désespérées d'impliquer les USA et les Anglo-Saxons, ils expliquent leur implication par la possibilité pour les Américains d'avoir accès aux mines de la RDC lorsque le Président Mobutu aurait été renversé. Scénario ridicule digne d'un mauvais roman policier.  Qui peut croire que les USA avaient besoin du Rwanda pour accéder aux richesses de la RDC ? Même aujourd'hui, la puissance économique et militaire permet aux USA de contrôler l'économie mondiale et d’avoir une influence significative sur les ressources de la RDC, sans même lever le petit doigt!

Le reste des théories complotistes des négationnistes ne sont qu'affabulations.

  • Quelles sont les motivations cachées de cette campagne de diabolisation du RWANDA et de son Président P. KAGAME?

- Les Puissances Occidentales.

Pour certaines Puissances Occidentales, le but poursuivi est de banaliser le génocide des tutsi non seulement par racisme atavique de l’homme Blanc envers l’homme Noir, mais surtout pour occulter leurs responsabilités face à l’une de plus grande tragédie du 20ème siècle. Rappelez-vous  du cynisme du Président François MITTERAND lorsqu’il parlait du génocide des Tutsi qui venait de se dérouler sous les yeux de la communauté internationale : ʺDans ce Pays-là, un génocide n’est pas trop importantʺ.

Il est indéniable que le ʺmodèle Rwandaisʺ ne fait pas plaisir à tout le monde, un très mauvais exemple pour les autres Pays Africains.

Malgré l'appui de la France, de la Belgique, du Zaïre, des mercenaires...les forces du FPR ont vaincu l'ennemi par la seule volonté et la foi de se battre pour une cause noble et juste. C'est le FPR seul et son leader Paul KAGAME qui  ont arrêté le génocide des Tutsis.

Alors que le Monde entier s'attendait à une vengeance sanglante de la part du FPR et des Tutsis, les oiseaux de mauvais augure avaient prédit l'hécatombe pour les Hutus, le FPR et son charismatique Président ont plutôt prôné la réconciliation. En 1994, aucun Rwandais ne pouvait imaginer le Rwanda de 2021, même dans nos rêves les plus extravagants. Par la seule force du poignet et une volonté de fer, Paul KAGAME a transformé le Pays, et cela en moins d'une génération. Le Rwanda est sorti des cendres, de l'enfer, abandonné de tous, pour s'imposer aujourd'hui comme un Pays Africain qui a voix au chapitre dans le concert des Nations. Le Rwanda d'aujourd'hui appartient à tous ses enfants sans distinction de race, de religion, de sexe etc... Il y a 26 ans, le Rwanda était l'exemple de ce qu'on ne doit pas faire...Aujourd'hui, 26 ans après, le Rwanda est l'exemple concret de ce qu'il faut faire pour s'en sortir, et tout cela grâce au leadership éclairé du Président Paul KAGAME. Ne parlons même pas du modèle économique du RWANDA qui commence à faire des émules non seulement en Afrique, mais même dans ces Démocraties Occidentales. 

Le Président Paul KAGAME est l’un des Présidents Africains le plus adulé au Monde, il est l’un de plus suivi sur les réseaux sociaux. Les Africains panafricanistes et progressistes, lui vouent une admiration sans borne. Chacune de ses interventions est analysée, décortiquée par tous les medias internationaux. Il suffit qu’il tousse pour que la toile s’ébranle !

Un Président visionnaire qui aime profondément son Pays et son peuple, sans distinction aucune entre les ethnies. Aujourd’hui, il fait la fierté du Rwanda et de l’Afrique toute entière pour son modèle de leadership et son panafricanisme assumé, les Africains qui ont survécus aux noyades dans la méditerranée, et qui ont été accueillis à bras ouverts au RWANDA ne diront nous pas le contraire, n’en déplaise aux mauvaises langues !

Mais comme on dit, chaque médaille a son revers, ses détracteurs sont peu nombreux mais tout aussi virulents !

Un Président Africain aussi atypique ne peut pas faire plaisir à tout le monde. Il dit toujours ce qu’il pense sans fioritures, et il fait toujours ce qu’il a dit, jamais un mot au-dessus de l’autre, il n’a qu’une seule parole qu’il respecte toujours. Qu'on l'aime ou qu'on ne l'aime pas, Paul KAGAME ne laisse personne indifférent!! Difficile d'imaginer un Chef d'Etat Africain qui n'a pas pris un seul gramme après autant d'années d'exercice du pouvoir suprême, qui n’a pas une dizaine des maitresses, et dont les enfants et les neveux ne squattent pas les principaux postes juteux de la République !

Ces Occidentaux,  bien-pensants et donneurs de leçon de démocratie, sont plutôt habitués aux Chefs d’Etat Africains vieillissants et aux ordres du colonisateur, avec la moitié des généraux de l’armée et les principaux postes de l’Administration revenant de droit à la famille présidentielle.

- L’Organisation des Nations Unies.

Les Nations Unies ont lamentablement échoué au RWANDA en 1994, ce n’est un secret pour personne ! Elles n’ont pas pu protéger les Tutsi contre le génocide malgré tous les signes précurseurs d’un cataclysme.

Nous nous souviendrons toujours, les larmes aux  yeux, de la couardise de ces militaires UN, qui ont choisi de sauver leurs chiens et leurs chats plutôt que de porter secours aux Tutsi qui les suppliaient au moins de les achever par balles, au lieu de les laisser à la merci de ces hordes sataniques des INTERAHAMWE.

Pour se dédouaner à moindre frais et avoir la conscience tranquille, certains observateurs des Nations-Unies dans leurs rapports biaisés, préfèrent louvoyer en faisant allusion à des hypothétiques massacres des Hutu dans le Nord du RWANDA pendant la guerre en 1994 et dans les camps des réfugiés au ZAIRE en 1997.  Malheureusement pour eux, la vérité finit toujours par triompher !

- Les journalistes véreux, les négationnistes et les génocidaires.

Ils sont de plus en plus nombreux à chercher une notoriété internationale à moindre coût, surfant sur le génocide des Tutsi en 1994, ils sont prêts à tordre le coup à la vérité pour obtenir la reconnaissance internationale tant recherchée.  Ils continuent à se servir du mensonge, de manière parfaitement consciente, pour manipuler l’esprit des personnes qu’ils veulent influencer. Ne dit-on pas qu’un mensonge répété mille fois peut se transformer en vérité ?

Pour eux, la fin justifie les moyens !!

Il y en a deux, Charles ONANA et Judi REVER. Ils se distinguent particulièrement par leur hargne haineuse contre le nouveau RWANDA et son Président. Evidemment pour se donner bonne conscience, nos deux journalistes prennent soin de dire qu’ils ne nient pas le génocide des Tutsi, mais précisent-ils avec cynisme qu’il ya eu aussi génocide des Hutu dont il faut tenir compte.

Que peut-on retenir de ces deux-là ?

Charles ONANA est un journaliste d’enquête Franco-Camerounais comme il aime se faire appeler, essayiste et éditeur, Docteur en sciences politiques. Auteur d’une vingtaine d’ouvrages dont la plupart ont été des flops commerciaux  (La France et ses tirailleurs, Duboiris, 2003 ; Livre blanc sur l'édition indépendante, Duboiris, 2006 ;Pourquoi la France brûle, la racaille parle, Duboiris, 2006 ;Joséphine Baker contre Hitler  etc…). Depuis quelques années, avec l’aide financière des Services Français et des réseaux négationnistes qui pullulent en Occident, il a trouvé un créneau plus juteux, la négation du génocide des Tutsi en 1994.  Et pour arriver à ses fins, il n’hésite pas à recourir à la manipulation des archives obtenues auprès des Services Français et aux contre-vérités.

Finalement, ce qu’on peut retenir de Charles ONANA dans ses nombreuses interviews dans les médias, c'est sa suffisance, sa morgue et son insolence quand il parle du génocide des Tutsis. Il est tout à fait indécent et abject de sa part, d'injurier la mémoire de plus de 1.000.000 des Rwandais (des enfants, des femmes, des hommes, des vieillards...) qui ont été massacrés pour le seul tort d'être nés Tutsis.

Le plus étonnant est de constater qu’il ne ditaucun mot sur la situation politique et économique de son Pays le Cameroun ! Sa riche bibliographie ne se résume qu’à un seul petit livre d’une centaine des pages sur son Pays natal : ʺUne vie de lion avec Roger MILA, 2006ʺ.    A croire que tout se passe très bien dans le Pays des lions indomptables, la démocratie se porte bien, les massacres au Nord et à l’Ouest de son Pays  ne sont que des affabulations des medias, Papy Paul est un modèle de Président Africain à l’écoute de son peuple, et  bientôt sa succession sera assurée par le fiston Franck, une étoile qui brille au firmament Camerounais !!

Et tous ses nombreux ouvrages récompensés par un seul grand prix obtenu avec panache : Prix victoire INGABIRE UMUHOZA pour la démocratie et la paix 2018.Ca prête à rire si le sujet n’était pas aussi tragique.

Judi REVER est une journaliste d’investigation Canadienne, sa bibliographie famélique ne se résume qu’à un seul livre ʺL’éloge du sangʺ, je serai plutôt tenté de l’intituler ʺL’éloge du mensonge et des contre-véritésʺ.

Pour appuyer son propos, Judi REVER se fonde notamment sur un rapport classé confidentiel du Tribunal pénal international pour le Rwanda (TPIR) – document qui n’est évidemment pas reproduit dans son livre. Cet ouvrage est vivement critiqué par la majorité des spécialistes du sujet, qui accusent la journaliste de défendre au fil des pages la thèse douteuse d’un double génocide qui aurait fait 500 000 victimes Hutu.

Avec son regard d’une illuminée, adepte des églises lucifériennes, cette dame est prête à toutes les provocations immondes et indécentes, pour faire parles d’elle et gagner un peu de lumière.

Et voilà que du jour au lendemain elle se retrouve auréolée du titre de spécialiste de la région des grands lacs.

Pour résumer le travail  d’investigation de ces deux journalistes, j’emprunterai cette belle citation de Nathalie KUPERMAN : ʺAujourd’hui, manœuvrer, flatter, faire preuve de cynisme et jouer les forts en thème suffit parfois pour accéder au rang de supérieur. Les compétences passent au second planʺ.

 
Conclusion.

Pendant nos années d’exil, nos Parents ont fait preuve de résilience et de beaucoup de dignité, ils ont su faire face à l’adversité sans se décourager, ils ont parfois courbé l’échine mais sans rompre !Les camps des réfugiés où ils étaient parqués comme des animaux, vivant de la pitance et de l’aumône du HCR et de la communauté internationale, se sont transformé en  quelques années en pôles de développements de ces contrées pauvres et arides. Ils ont créé la richesse, devenant parfois employés des populations locales. Ils ont construit des écoles et des centres de santé pour nous permettre d’étudier et de nous faire soigner, et tout cela sans l’aide de la communauté internationale et des fonctionnaires du HCR, qui éprouvaient souvent de l’antipathie pour ce Peuple fier et altier.

L’histoire retiendra que la plupart des camps des réfugiés des Tutsi se sont fermés peu à peu, faute d’occupants !!

Aujourd’hui, nous devons une fière chandelle à notre Président Paul KAGAME. Nous l'admirons et nous l'aimons pour tout ce qu'il a fait et qu'il continue de faire pour le RWANDA. Il nous a redonné fierté et dignité d’être RWANDAIS ! Aujourd'hui nous n'avons plus à nous cacher, nous n'avons plus à raser les murs par peur d'être reconnus. Nous n'avons plus à vivre avec la peur d’un lendemain incertain. Nous savons tous d'où nous venons, presque du néant, mais maintenant nous savons où nous allons sans tergiverser.

Il y aura toujours des négationnistes et des révisionnistes, nous devons faire face et les combattre avec fermeté en utilisant les mêmes moyens : medias, lobby, réseaux sociaux etc...

La facilité, pour le commun des RWANDAIS, serait de dire ʺles chiens aboient, la  caravane passeʺ et dormir sur nos lauriers, mais il faut retenir que nos détracteurs eux, ne dorment pas !

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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