« NOUS AVONS LA RESPONSABILITE DE LUTTER CONTRE LE NEGATIONNISME » – JEANNETTE KAGAME

Le Forum de la jeunesse rwandaise, a été organisé ce vendredi, afin d'encadrer et d’assurer l'autonomisation des jeunes dans la lutte contre l’idéologie du génocide. L'événement  est organisé annuellement par la Fondation Imbuto, le ministère de la Jeunesse et de la Culture, CNLG et d'autres partenaires, dans le cadre de la commémoration du génocide contre les Tutsi de 1994.

KIGALI : « NOUS AVONS TOUS LA RESPONSABILITE DE LUTTER CONTRE LE NEGATIONNISME DU GENOCIDE » – JEANNETTE KAGAME

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Ce vendredi 14 mai, la « Generation Youth Conversation », un Forum de la jeunesse rwandaise, qui est un événement annuel, a été organisé afin d'encadrer et d’assurer l'autonomisation des jeunes dans la lutte contre l’idéologie du génocide. L'événement  est organisé annuellement par la Fondation Imbuto, le ministère de la Jeunesse et de la Culture ainsi que la Commission nationale de lutte contre le génocide (CNLG) et d'autres partenaires, dans le cadre de la commémoration du génocide contre les Tutsi de 1994.

La Première Dame, Jeannette Kagame a assisté à cette rencontre qui a réuni 300 jeunes à la « Conférence Intare Arena » à Kigali. A cette occasion, elle a prononcé le mot principal de la rencontre en demandant à chacun des jeunes, de faire l’effort de lutter contre l’idéologie génocidaire et que la voie à suivre est la promotion du programme « Ndi Umunyarwanda » qui vise à reconstruire l’identité nationale.

Mme Kagame a déclaré que le programme Ndumunyarwanda avait grandement contribué à la lutte contre le négationnisme et l'idéologie du génocide, mais le ministère de la Santé a révélé que les traumatismes continuent d'augmenter parmi les survivants du génocide.

La Première Dame a dit : «Il y a une mission pour chacun de vous, vous devez vous battre pour réécrire la nouvelle histoire. Vous devez trouver un moyen de défendre notre identité à tous que nous partageons en tant que Rwandais. Vous devez lutter contre le négationnisme et contre ceux qui œuvrent pour la destruction de notre identité.

« Le programme ‘Ndi Umunyarwanda’ nous a aidé, mais nous avons encore des défis. En tant que jeunes, vous devez trouver des solutions et travailler avec la Commission nationale de lutte contre le génocide (CNLG) pour combattre l'idéologie du génocide qui se développe parmi les jeunes ».

« Le programme Ndi Umunyarwanda vise également à renforcer l'unité et la réconciliation entre les Rwandais en offrant un forum permettant aux gens de parler des causes et des conséquences du génocide ainsi que de ce que signifie être rwandais.

Pour mieux passer le message de la contribution de tout un chacun, la Première Dame a raconté aux jeunes une histoire imagée de l'oiseau Colibri :

« Un jour, un terrible incendie s'est déclaré dans une forêt, qui soudainement l’a ravagé. Effrayés, tous les animaux de la forêt se sont mis à fuir leurs demeures. Alors qu'ils arrivaient au bord d'un ruisseau, ils se sont arrêtés pour regarder le feu, se sentant très découragés et impuissants, et pleurant la destruction de leurs maisons. Tout le monde pensait qu'il n'y avait rien à faire contre l'incendie - à l'exception du Colibri », a déclaré Mme Kagame.

«Ce Colibri a plongé dans le ruisseau et a ramassé quelques gouttes d'eau, puis il a volé dans la forêt et il a jeté les gouttes d’eau sur le feu. Ensuite, il a fait plusieurs va-et-vient  entre le ruisseau et le feu de la forêt. Et il a continué encore et encore, sans relâche. Tous les autres animaux regardaient avec incrédulité; certains ont essayé de décourager l'oiseau Colibri en lui disant qu’il y a trop de feu, tu te fatigues pour rien, d’autres ajoutaient que ‘tu es trop petit pour y arriver’ ou en lui disant que ‘ vos ailes vont se brûler’, ou ‘ton bec est trop petit, ‘ce n’est qu’une goutte’ et ‘tu ne peux pas éteindre ce feu’.

« Pendant que les animaux se tenaient là pour dénigrer les efforts du petit oiseau, le colibri a remarqué à quel point ils avaient l'air désespérés et découragés, puis l'un des animaux a crié et a défié l'oiseau Colibri, lui demandant d'une voix moqueuse: «Que pensez-vous que vous faites?» Et l'oiseau Colibri, sans perdre de temps lui  a répondu: ’Je fais ce que je peux’. »

La Première Dame a conclu son histoire imagée en disant aux jeunes que : « chaque moindre effort  pour combattre l'idéologie du génocide est très important. Je voulais partager avec vous ce message du courageux oiseau Colibri et vous dire l’importance de toute contribution individuelle d’un Rwandais pour défendre l'unité de son peuple et que chaque effort supplémentaire dans ce sens, est crucial. »

Madame Kagame a dit que les jeunes devraient être courageux pour défendre le pays contre les gens qui œuvrent pour le détruire.

Les autres intervenants au Forum

Le pasteur Antoine Rutayisire a déclaré que la meilleure façon de répondre aux critiques contre le  Rwanda est de travailler pour améliorer le pays. "Que ceux qui vous haïssent ou ceux qui disent du mal de vous, ne devraient pas être un problème pour vous. Examinons plutôt que ce qu'ils disent n'est pas vrai. Si c’est le cas,  corrigez ce qui n’est pas bon. Ainsi votre ennemi vous aura  été utile. Il vous a aidé à voir clair ce qui ne va pas. »

Edouard Bamporiki, secrétaire d'État au ministère de la Jeunesse et de la Culture, a déclaré que ceux qui parlent mal du Rwanda, utilisent plus particulièrement les medias et réseaux sociaux. N’est-il pas plus facile aux jeunes d’utiliser les mêmes moyens pour démentir et présenter notre pays tel qu’il est !

Bamporiki a appelé les jeunes à connaitre l’histoire de leur pays, car sa connaissance est un outil qui leur permettra de faire face aux négationnistes.

Selon le Dr Jean-Damascène Bizimana, secrétaire exécutif de la Commission nationale pour la prévention du génocide, les jeunes devraient freiner la pratique de fermer les yeux alors que certains sont en train de détruire leur pays.

« Malheureusement nous avons peu de vigilance, car quand on est dans un bon pays stable, nous oublions facilement qu'il y a un ennemi qui peut le détruire ».

La sénatrice Mureshyankwano Rose, qui a fui au Congo après le génocide, a déclaré que c’est grâce au FPR qu’elle a pu revenir au Rwanda avec sa  famille et pour cela le FPR est incomparable.
Après avoir vu la performance des nouveaux dirigeants rwandais au lendemain du génocide contre les Tutsi et le rôle que le FPR Inkotanyi y a joué, elle a dit que cela lui a touché le cœur. « Je suis juste heureuse d'être libre. C'est ce qui m'a aidé à vivre avec mon mari qui a survécu à la jungle congolaise ».

Quelques réactions des jeunes participants au Forum

«La jeunesse en tant que pierre angulaire de la nation, nous devons nous unir et combattre les négationnistes qui veulent dénaturer notre histoire». Le génocide de 1994 contre les Tutsi nous a laissé une leçon à ne jamais oublier. La promesse que nous donnons à notre pays, est de
‘ souvenous-nous en nous unissant’, a déclaré Alphonse Gatera, l'un des participants à la réunion.

De même, Billy Nyirimihigo a déclaré: «Les négationnistes du génocide travaillent très dur pour déformer et écrire l'histoire du pays selon leurs avantages. C'est pourquoi je m'engage à les combattre sur tous les fronts possibles. J'encourage tous les jeunes rwandais à faire de même.

« Nous devons veiller à ce que ce qui s'est passé dans notre pays ne se reproduise jamais, et cela se fera si nous partageons continuellement notre histoire, en maîtrisant les connaissances de nos ancêtres et à notre tour en enseignant la génération à venir ce qu’est le génocide contre les Tutsi. C'est ma promesse. » a ajouté Nyirimihigo.

Didace, a déclaré qu'il était né au Congo d’un père génocidaire. Ce dernier a été gracié en 2003 par le président Kagame après avoir reconnu ses crimes. Adidas frustré par ce qu’avait fait son père, il n’a trouvé la force que par les paroles de sa mère sur son lit de mort. Elle lui a dit : « sois courageux, ne sois pas lâche comme ton père».

Grâce à des groupes de jeunes, Didace a retrouvé la confiance en la vie.

 

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