JUSTICE : ET SI LA BELGIQUE ETAIT AUSSI COUPABLE QUE PAUL RUSESABAGINA

La Belgique, pays « ami » du Rwanda, peut-elle héberger et tolérer la préparation, l’organisation et l’exécution des actes criminels contre le Rwanda qui vont semer encore la désolation ? Et pourtant elle savait ce que préparait Rusesabagina car lss réunions étaient publiques. Que serait la réaction des autorités belges, si les mêmes attentats contre la Belgique se préparaient au Rwanda ?

JUSTICE : ET SI LA BELGIQUE ETAIT AUSSI COUPABLE QUE PAUL RUSESABAGINA

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La justice rwandaise vient de clôturer le procès marathon de Paul Rusesabagina et ses coaccusés. Les éléments du délit qui ont servi à la condamnation de Rusesabagina ont été collectés en Belgique grâce aux autorités judiciaires belges. Les autres actes du délit ont été confirmés par ses collaborateurs qui travaillaient sur le terrain sous ses ordres. Tandis que les victimes des attaques des hommes de Rusesabagina, étaient présentes au procès, témoins vivants et privilégiés de crimes planifiés  par cet homme ordinaire, élevé au rang du héros par la volonté commerciale de Hollywood et par le monde occidental qui après avoir laissé faire un génocide le plus horrible, se rachète en distribuant des médailles et des titres, sans rien connaitre de la personne.

La Belgique qui est un pays « ami » du Rwanda, peut-elle héberger et tolérer la préparation, l’organisation et l’exécution des actes criminels au Rwanda qui vont semer encore la désolation ? La Belgique savait très bien ce que préparait Rusesabagina sur son territoire, car les réunions qu’il tenait,  étaient publiques et il ne le cachait pas.  La Belgique ne peut pas dire qu’elle ignorait les agissements de Rusesabagina. Quelle serait la réaction des autorités belges, si les mêmes attentats contre la Belgique se préparaient au Rwanda ?  

Bien que la Belgique ait reconnu son rôle historique pour tout ce qui s’est passé au Rwanda, elle continue à jouer un rôle traditionnel en menant une politique qui va en contradiction de la reconstruction sociale du Rwanda, celle de l’unification de la société rwandaise. Le soutien de Rusesabagina est un exemple typique.

Ce héros que l’Occident nous impose

L’Occident, avec l’appui de ses films, ses medias, sa société civile, a l’art d’imposer au reste du monde ses croyances, sa nouveauté, et même nous créer des héros. C’est le cas de Rusesabagina, cet homme « ordinaire », comme il le dit lui-même. Ce type de globalisation, est un boomerang qui à la longue, pourra nuire à l’Occident.

Le film « Hôtel Rwanda », qui est à l’origine de cette aventure, avait besoin d’un héros et de romance pour que l’histoire récente d’un horrible génocide contre le Tutsi, puisse être regardé sans heurter les esprits sensibles. Mais le scenario  du film, qui se veut commercial, et la vie réelle  des rescapés à l’intérieur de l’hôtel de Mille Collines, sont sans comparaison selon la plupart des occupants de l’époque.

Le héros du film est complètement différent de Rusesabagina,  gérant de l’hôtel nommé dans l’urgence pour remplacer le gestionnaire belge qui devait se sauver.

Les medias, la société civile occidentale,  ont l’art de fabriquer une personnalité, d’en faire un diable ou un héros. C’est le cas de « Hôtel Rwanda ». Ainsi ils ont créé une confusion avec le héros du film « Hôtel Rwanda » et l’homme ordinaire, gérant improvisé de l’Hôtel Mille Collines  que les rwandais connaissaient autrement.

Le président Bush sans aucune consultation appropriée de personnes qui connaissent bien Rusesabagina et qui connaissent la situation du Rwanda de 1994, et surtout sans aucun avis de rescapées de l’Hôtel Mille Collines qui ont vécu l’enfer, il a octroyé une médaille à cet héros que Hollywood a fabriqué pour commercialiser son film d’horreur que personne ne pouvait oser regarder s’il ne relatait que la réalité de ce génocide le plus criminel et le plus horrible de l’histoire humaine de l’Afrique noire.

Le double standard de l’Occident

La Belgique et les Etats Unis, et certainement d’autres pays intéressés, ont suivi le procès de Rusesabagina, du début jusqu’à la fin, tout était public, transparent, et traduit dans plusieurs langues. Mais sa famille et leurs conseillers juridiques, ont continuellement tordu la vérité, tout en demandant l’impossible pour que Rusesabagina soit jugé en Belgique, parce qu’il est belge, ou qu’il soit renvoyé aux Etats Unis car il a une carte « green ».

Le terrorisme est avant tout un acte politique,
Il cherche à provoquer un effet politique.
Si, à cause de lui, nous changeons notre société,
Il est gagnant. Nous vaincrons les terroristes
en vivant comme nous le voulons,
et non comme ils le veulent, eux.
Tom Clancy

Rusesabagina a commis des crimes sur les sols belge, américain et rwandais, car tous ses crimes se perparaient et se coordonaient de chez lui a Bruxelles ou a San Diego au Texas ou il a des résidences. Il était  dans l’obligation et la responsabilité de la Belgique et des Etats Unis de l’avoir arrêté. Ils ne l’ont pas fait, le Rwanda avait le droit et le devoir de le faire pour protéger son territoire et sa population, en empêchant cet homme de nuire.

Régulièrement, le monde entier est témoin des pays qui organisent des arrestations, voire des assassinats des personnes criminels, vivant dans des pays qui les protègent. Ces agissements  passent sans commentaires pour certains pays.  

Le Rwanda a arrêté Rusesabagina avec une vingtaine de ses agents et leur jugement était public. La Belgique avait l’obligation et le devoir d’arrêter ce criminel avant qu’il fasse des attenants, elle ne l’a pas fait. En clair, elle a été directement ou indirectement complice de ses crimes. Le Rwanda a le droit de poursuivre en justice les pays qui ont hébergé ces criminels.

Non seulement, la Belgique n’a pas fait ce qu’elle devait faire, au contraire elle cherche à protéger le chef de ces criminels, et surtout sans montrer  aucune sympathie ni faire allusion aux victimes de ces criminels.

Dans ce cas, le comportement de la Belgique devrait lui coûter la contribution aux indemnisations qui seront données aux victimes des actes criminels de Rusesabagina et de ses hommes.  

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Lundi 20 septembre, la Vice-Première ministre et ministre des Affaires étrangères, Sophie Wilmès, a fait une note verbale à son homologue du Rwanda Vincent Biruta en lui disant que « au terme de cette procédure judiciaire, force est de constater que M. Rusesabagina n'a pas bénéficié d'un procès juste et équitable, notamment au regard des droits de la défense. La présomption d'innocence n'a pas non plus été respectée. Ces éléments de fait remettent en cause le procès et le jugement ».

Dans cette note elle dit qu’une rencontre avec le ministre rwandais, Vincent Biruta, est prévue cette semaine à New York, en marge de l'Assemblée générale des Nations Unies.

Dans sa réponse, Vincent Biruta, Ministre des Affaires étrangères du Rwanda a répondu à son homologue belge en disant que « la déclaration du vice-Premier ministre et ministre des Affaires étrangères de Belgique concernant le verdict rendu aujourd'hui par la haute chambre du tribunal rwandais pour les crimes internationaux et transfrontaliers, reflète le mépris dont fait preuve le Gouvernement du Royaume de Belgique envers le Le système judiciaire rwandais depuis le début de ce procès malgré la contribution significative des institutions belges compétentes à l'instruction de cette affaire.

« Les victimes des actes terroristes du FLN, certes moins célèbres, ont tout autant droit à la justice que Rusesabagina et ses coaccusés

« Pour cette raison, une réunion bilatérale prévue au niveau ministériel, en marge de l'assemblée générale de l'ONU à New York, n'aura plus lieu. Cependant, le gouvernement du Rwanda reste prêt à accueillir au Rwanda le Vice-Premier ministre et ministre des Affaires étrangères du Royaume de Belgique à un moment opportun, pour poursuivre le dialogue entre les deux pays. »

En ce qui concerne les relations belgo-rwandaises, on peut se demander si la Ministre belge des Affaires étrangères ne ce serait-elle pas trompée d’époque ! En effet, le Rwanda est une nation millénaire, qui a été perturbée par des envahisseurs intempestifs et un génocide qui lui a pris un huitième de sa population. Actuellement, c’est un pays qui est en train de se reconstruire, et de se faire une place dans le concert des Nations. Il écarte de son chemin tout ce qui est rétrograde ou qui l’empêche d’avancer.

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