RWANDA JUSTICE : L’AVOCAT VINCENT LURQUIN EXPULSE DU RWANDA

L’avocat belge Vincent Lurquin, porteur d’un visa touristique, s’est présenté à une audience judiciaire, en uniforme d’avocat, pour représenter Paul Rusesabagina, Il vient de se faire expulsé du Rwanda pour « avoir enfreint la loi sur l’immigration ». Maitre Lurquin n’est pas membre du Barreau du Rwanda ni de celui de pays de la  Communauté des pays de l’Afrique de l’Est.

RWANDA JUSTICE : L’AVOCAT VINCENT LURQUIN EXPULSE DU RWANDA   

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Maître Lurquin escorté à son avion de retour.

L’avocat en Belgique de Paul Rusesabagina, qui est accusé de "terrorisme", vient de se faire expulsé ce samedi soir du Rwanda pour « avoir enfreint la loi sur l’immigration », a-t-on appris auprès du directeur général de l’Immigration. Arrivé de Bruxelles à Kigali lundi passé, Maître Vincent Lurquin, était porteur d’un visa touristique, mais il s’est présenté à une audience judiciaire, en plus en uniforme d’avocat, dans un tribunal de Kigali pour représenter Paul Rusesabagina, alors qu’il n’avait qu’un visa touristique, mais pas un visa de travailler. D’autre part, Maitre Lurquin n’est pas membre du Barreau du Rwanda ni de celui de pays de la  Communauté des pays de l’Afrique de l’Est.

Paul Rusesabagina, qui habite en Belgique, il possède une double nationalité, rwandaise par naissance et belge qui est acquise il y a une dizaine d’années. Il est accusé pour la création et le soutien du Front de libération nationale (FLN), groupe rebelle qui a organisé plusieurs attaques meurtrières au Rwanda.

Ce vendredi, Lurquin avait déploré de s’être vu refuser l’accès à la prison où Rusesabagina est incarcéré.  Selon lui, Rusesabagina  « depuis un an, il n’a pas pu faire le choix de son avocat, c’est un droit élémentaire », avait déclaré l’avocat bruxellois devant la presse.

Pourtant Rusesabagina est défendu par deux avocats, qu’il s’est choisi lui-même parmi plus de 2000 avocats du Barreau de l’Afrique de l’Est qui peuvent exercer au Rwanda.

La présence du Maître Lurquin au tribunal a choqué le milieu judiciaire rwandais.
Ici en conversation avec Maître Gashabazi
 

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C’est pourquoi le Barreau du Rwanda avait condamné Lurquin sur Twitter et l’avait sommé « d’expliquer son comportement » du fait qu’il se soit rendu à l’audience « en tant qu’avocat, en robe d’avocat, alors qu’il n’est pas membre du Barreau du Rwanda et qu’il n’est pas autorisé à exercer au Rwanda ».

Il est certain que Lurquin sait bien que présentement, il n’y a aucun accord entre le Rwanda et la Belgique qui permet aux avocats de chacun de ces deux pays, de pouvoir exercer dans l’autre pays.

Pourquoi cet acharnement des avocats pour le cas Rusesabagina.

La porte-parole du gouvernement, Yolanda Makolo, a dénoncé un « comportement tordu, une violation flagrante des règles de la pratique juridique au Rwanda ».

En fait le geste de Lurquin n’était qu’un coup de communication au risque de se ridiculiser, ce qui est le cas, sachant très bien que le Rwanda n’est plus un pays occupé ni une république bananière, sachant aussi que le cas de Rusesabagina est un cas assez clair vis-à-vis de la loi.

Maitre Lurquin aurait était efficace s’il avait empêché son client de comploter contre le Rwanda, car c’est en Belgique et à Bruxelles que Rusesabagina a monté les crimes qui lui sont reprochés. D’autre part Lurquin aurait pu être alerté par la commission rogatoire du Rwanda et de la Belgique qui est allé enquêter chez Rusesabagina en Belgique, quelques mois avant son arrestation.

Les avocats s’acharnent sur le cas de Rusesabagina principalement pour deux raisons : l’histoire de gros sous et les conséquences de la condamnation de Rusesabagina sur ses collaborateurs en Amérique.

En ce qui concerne les gros sous, Rusesabagina a la capacité de payer tout avocat qui l’aidera à sortir de cette situation catastrophique dans laquelle il s’est mis. Les avocats le savent et ils font le tout pour le tout pour lui rendre ce service moyennant une conséquente.rémunération

Il doit y avoir des conseillers juridiques qui aident la famille à monter des mensonges impossibles et de les marteler sans cesse auprès  des medias et des hommes politiques pour ramener Rusesabagina en Belgique ou aux Etats Unis. Pourtant les représentants américains et belges au Rwanda suivent du jour au jour l’état physique de Rusesabagina ainsi que l’avancement de son procès.  La Belgique sait très bien les résultats de la commission rogatoire qui s’est passée à son domicile à Bruxelles ainsi que les réunions tenues par Rusesabagina dans la création et l’unification de ses organisations criminelles. La Belgique étant un pays ami du Rwanda, il est certain qu’il n’acceptera pas qu’un complot contre le Rwanda soit organisé dans sa capitale contre un pays ami et partenaire historique.

La deuxième raison qui est derrière l’acharnement des avocats vient des Etats Unis, notamment de la Fondation Paul Rusesabagina Hotel Rwanda. En effet si Rusesabagina est condamné, il est fort probable que la fiscalité américaine cherche à jeter un coup d’œil sur le fonctionnement de cette organisation humanitaire créée pour aider les orphelins du génocide contre les Tutsi. Grace à cette appellation, la fondation s’est constituée un fond confortable qui malheureusement a servi au montage et au fonctionnement des groupes rebelles sur le terrain et leurs ramifications en Afrique de l’Est.

Ce type de financement est contraire aux objectifs de la fondation et il est condamnable par les lois américaines. Dans ce cas, Rusesabagina n’est pas le seul concerné, mais l’ensemble des américains qui travaillent avec lui pour gérer et chercher les sources de financements qui ont alimentées  cette fausse fondation humanitaire. 

Voilà pourquoi la Fondation utilise tous ses moyens pour mobiliser les hommes politiques et les avocats du monde pour la défense de Rusesabigina, car non seulement sa condamnation pourra faire tarir la source de revenue, mais aussi et surtout ses associés américains dans cette fondation risque de fermer les portes de l’objet du crime et de passer devant la justice de leur pays

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