DIASPORA : BEATA UMUBYEYI MAIRESSE, FRANCO-RWANDAISE LAUREATE DU PRIX DES 5 CONTINENTS 2020
Le Prix des cinq continents de la Francophonie a été décerné ce 27 janvier à l’autrice franco-rwandaise Beata Umubyeyi Mairesse pour son premier roman « Tous tes enfants dispersés ».
«C’est une très belle surprise, s’exclame l’autrice encore extatique au Figaro. Je ne m’attendais pas à ce que ce soit mon roman qui soit retenu. D’autant que dans la liste des finalistes il y avait des auteurs et des autrices formidables.»
« Tous tes enfants dispersés » raconte le parcours de Blanche, Rwandaise, qui vit à Bordeaux après avoir fui le génocide des Tutsi de 1994 et qui revient rendre visite après des années d’exil à sa mère.
« Ode à la transmission, à la pulsion de vie, ce roman d’une grande émotion contenue porte les voix de trois générations dans la mémoire des années génocidaires afin de retrouver un sens de la vie. Il y est question des retrouvailles douces-amères entre une vieille mère et sa fille qui avait pu échapper au génocide du Rwanda, occasion d’une évocation à la fois historique et intime de ces années cauchemardesques dont nous garderons mémoire grâce aux témoignages des poètes et des justes », a noté le Jury international, présidé par Paula Jacques.
Tandis que Jean-Marie Gustave Le Clezio qui était aussi membre du jury explique qu'il a été particulièrement ému par le sujet du roman qui parle du génocide au Rwanda « mais surtout de l'amour que les personnes qui ont traversé cette épreuve ont les unes pour les autres ».
Le Jury a également décerné une mention spéciale à Paul Kawezak pour son roman Ténèbres publié aux éditions La Peuplade : « Le roman du franco-canadien Paul Kawzack écrit dans l’ombre portée de Joseph Conrad, est un texte puissant, décalé à souhait. En 186O, le roi des Belges envoie son géomètre effectuer le tracé prétendument civilisateur du territoire colonisé du Congo soumis corps et âmes à l’enrichissement du colonisateur. « Ténèbres » inventorie comme au scalpel la barbarie de ce que l’Europe appelait alors le progrès ».
Le Prix sera remis à Paris, au siège de l’Organisation internationale de la Francophonie, dans le courant du mois de mars, en marge de la Journée internationale de la Francophonie, le 20 mars 2021.
Composé d’écrivains de renom, originaires de tout l’espace francophone, le jury du Prix 2020 est présidé par Paula Jacques (France-Égypte) et réunit Jean-Marie Gustave Le Clézio (Maurice), Lise Bissonnette (Canada-Québec), Ananda Devi (Maurice), Hubert Haddad (France-Tunisie), Monique Ilboudo (Burkina Faso), Vénus Khoury-Ghata (Liban), Liliana Lazar (Roumanie), Wilfried N’Sondé (Congo), René de Obaldia de l’Académie Française (Hong Kong), Lyonel Trouillot (Haïti), Abdourahman Waberi (Djibouti), Jun Xu (Chine) et Gilles Jobidon (Canada-Québec), lauréat du prix en 2019.
Ce Prix des cinq continents qui a été créé en 2001, est doté d’un modeste montant de 15 000 euros, pour le lauréat et de 5 000 euros pour la mention spéciale. Il permet de mettre en lumière des talents littéraires reflétant l’expression de la diversité culturelle et éditoriale en langue française sur les cinq continents. Il permet également d’offrir à l’auteur(e) un rayonnement international. Le lauréat bénéficiera d’un accompagnement promotionnel pendant toute une année, l’OIF assurant sa participation à des rencontres littéraires, foires et salons internationaux identifiés de commun accord avec lui.
A propos de Beata Umubyeyi Mairesse
Beata Umubyeyi Mairesse est une écrivaine franco-rwandaise. Elle est née et a grandit à Huye, au sud du Rwanda. Férue de lecture dès son plus jeune âge, elle fréquente l’école belge. Lors du génocide contre les Tutsi, elle échappe à la mort. En passant par le Burundi voisin, Beata arrive en France le 5 juillet 1994.
Elle poursuit ses études au lycée Faidherbe, à Lille, Sciences-Po Lille et un DESS en développement et coopération internationale à la Sorbonne.
Coordinatrice de projet pour MSF, chargée de programmes au Samusocial International, assistante à la recherche à l'Université d'Ottawa, chargée de mission AIDES, elle anime des rencontres littéraires à Bordeaux où elle vit.
Son premier texte est publié par la revue XXI au printemps 2014. Un an plus tard, son recueil de nouvelles « Ejo » (2015) paraît. Il a reçu le prix François Augiéras 2016 et le prix du livre Ailleurs 2017.
« Lézardes » (2017) a obtenu le prix de l'Estuaire 2017 et le Prix des Lycéens de Decize 2018.
« Après le progrès » (2019) est son premier recueil de poésie et « Tous tes enfants dispersés » (2019) - son premier roman. Ce dernier se voit décerné le prix Ethiophile 2020.