Journée de prof à 3 heures de cours

Les échanges sur le contenu de travail des enseignants s’invitent dans les conversations de trottoir, au cours des repas familiaux, sur les réseaux sociaux, les médias télévisées, dans les discussions politiques avec une argumentation très générale et remplie de clichés.Le débat n’avance pas.Voici un témoignage objectif, strictement factuel.Démarche réductrice mais plus crédible?

Journée de prof à 3 heures de cours, sur une semaine ordinaire, « tranquille » dit-on dans le jargon enseignant

  

Les échanges sur le contenu de travail des enseignants sont récurrents. Ils s’invitent dans les conversations de trottoir, au cours des repas familiaux, sur les réseaux sociaux, les médias télévisées, dans les discussions politiques….. Une argumentation très générale et remplie de clichés est toujours de mise et le débat n’avance pas. Je propose ici un témoignage objectif et strictement factuel. Cette démarche aura l’inconvénient d’être réductrice mais l’avantage, peut-être, d’être plus crédible ou tout simplement écoutée ?

 

8h : J'arrive au collège. Je photocopie le nouveau contrat d'un élève en 4 exemplaires, un pour l'élève que je glisse dans une pochette plastique, un pour la salle des professeurs, un pour mon directeur , un pour moi en cas de perte par l'élève. Je lance le tirage dont j'aurai besoin en fin de matinée en classe de 5ème. Je pars sur la cour à la recherche de l'élève concerné par le contrat, je croise un autre élève qui me remet les 3 euros oubliés de la semaine dernière pour sa participation au concours, j'aperçois Yvelin qui pleure, il n'est pas seul, je verrai plus tard, je trouve l'élève au contrat, nous nous isolons dans une salle de classe : je lui rappelle le fonctionnement et lui remets le document, "On refait le point ce midi!", la cloche sonne. Je cours retrouver un rang d'élèves.

8h30 : Début de ma 1ère heure de cours en classe de 4èmeA.

9h25 : Fin du cours. J'emporte 4 carnets de liaison pour y noter que 2 élèves n'avaient pas fait leurs exercices et que 2 autres avaient encore une fois oublié de corriger et faire signer leur contrôle. Heureusement, prochain cours seulement à 11h30. Je trouve une salle libre, je m'installe. Je remplis les 4 carnets de liaison en prenant soin de peser mes mots pour ne pas heurter les sensibilités parentales. Je retourne en classe de 4èmeA, je m'excuse, je rends les carnets à leurs propriétaires, à faire signer sans faute pour demain. Je me dirige de nouveau vers la salle libre. J'inscris les 4 noms d'élèves sur mon agenda niveau 4ème. Je reprends mes notes brouillonnes sur les prises de parole de mes élèves de 4èmeA au débat du cours précédent ; je compte les croix, essaie de raviver mes souvenirs sur la qualité des réponses (si j'attends ce soir, j'aurai oublié) afin d'évaluer au plus juste la participation de chacun. Je remplis mes grilles de notation. Je commence à saisir les compétences.

La cloche de 10h20 sonne. C'est la récréation du lundi matin : je dois accompagner les élèves responsables du ménage en 5èmeA, mieux vaut être à la porte à la sonnerie si je ne veux pas courir après eux sur la cour. L'un d'eux est déjà parti ... Zachariel, veux-tu bien aller le chercher s'il te plaît? Vingt minutes de conversation et de ménage, il faut dynamiser la petite troupe (vider les poubelles, attention de contrôler le tri sélectif, bien examiner les coins et bords de plinthes, rendre la pelle empruntée dans l’autre classe....)mais le moment est agréable.

Cloche de 10h40. Je dois trouver une salle libre avec un ordi qui fonctionne pour finir la saisie de mes compétences 4èmeA, je passe près de la salle de la photocopieuse et j'en profite pour récupérer les tirages de 5ème que j'avais lancés ce matin, je croise le surveillant : un jeu malsain semble être organisé par plusieurs élèves de 5ème et touche maintenant le niveau 6ème, je promets de m'en occuper dans la journée, je trouve ma salle. Je finis mes compétences et je rentre aussi mes dernières notes de 3ème que j'ai eu la flemme de saisir après avoir terminé mes corrections hier soir. Non, ce matin!

11h35 : 2ème cours de la journée pour moi, 4ème heure dans l'emploi du temps des élèves. Théojean est très agité.

12h30 : la fin du cours sonne. Je retiens l'élève agité, nous parlons en seul à seul, c'est de nouveau compliqué à la maison, douloureux, je comprends mais je remets les pendules à l'heure...le prochain cours ne devra pas se passer de la sorte! 12h50 : il faut faire vite, un mot pour excuser Théojean de son retard à la cantine. Casse-croûte avalé. 13h05 : réunion de concertation du lundi, les agendas se remplissent.

13h50 : sonnerie et entrée en classe des élèves. J'ai encore 1 heure "libre" (bizarrement, nous appelons ainsi les heures sans cours!) Je vérifie rapidement les corrections de 4èmeA ramassées le matin car j'aimerais ne pas les rapporter à la maison ce soir. J'ai oublié de faire le point ce midi avec mon élève à contrat, je vérifie dans le classeur des emplois du temps: super, il est en permanence. Je traverse la cour, me dirige vers la salle de permanence, nous trouvons un coin isolé et faisons le point: 1 oubli ce matin? c'est à éviter, il faut récupérer le contrat auprès de chaque professeur à la fin de chaque cours, 2 remarques mentionnant des efforts? c'est bien, on est sur la bonne voie. Je raccompagne l'élève en permanence, nous discutons de manière informelle, c'est important. Déjà 14h30? Vite, je dois déposer la revue anglaise dont je souhaiterais que l'on s'inspire pour le prochain devoir en 3ème dans le casier de ma collègue.

14h45 : Sonnerie pour le cours suivant. Je prends les 4èmeB. Même débat que ce matin en 4A avec un contenu allégé et support visuel pour certains car le niveau est plus faible. Dommage, je suis prise l'heure suivante, je ne pourrai pas réaliser le bilan dans l'instant comme j'aime le faire et devrai reprendre mes notes ce soir (je dois être très concentrée, il faut de la concision dans mes prises de notes pour faciliter mon travail de ce soir).Tout se passe très bien! Beaucoup plus dynamique que le groupe de ce matin. Je les félicite. Je me sens bien.

15h40 : c'est l'heure de la récréation. Il faut remettre les tables en place. Je me fais aider. Zut! j'ai oublié de leur distribuer le polycopié de vocabulaire, ce n'est pas grave: je vais rester poser une feuille sur chaque table et écrire la consigne sur le tableau. Basile lance son agenda sur le bureau: c'est convenu (pas de le lancer de manière irrespectueuse, on va en parler...), c'est convenu que chaque enseignant vérifie l'agenda de Basile à la fin du cours car celui-ci ne notait jamais les devoirs à faire. Bravo, tout est noté aujourd'hui, il faut juste réécrire lisiblement le numéro de l'exercice pour qu'il n'y ait pas de confusion, il y a eu une assez bonne écoute en cours, il faut continuer. Et au fait, est-ce que Papa est rentré ce week-end? Sonnerie de la fin de la récréation. On en reparle, d'accord?

Extra, je n'ai pas cours à cette heure mais vite, car j'ai un rendez-vous avec les collègues de langues et une des profs de français (l’autre enseignante se trouve dans son autre établissement) pour compléter les dossiers de PAP(Plan d'Accompagnement Personnalisé) du niveau 3ème. Ils doivent être transmis au Rectorat vendredi au plus tard. Eclaircissement de certains items, inventaire des aménagements déjà mis en place, en cours, en évaluation, pour les devoirs du soir, estimation de leur efficacité, proposition de nouvelles adaptations... 16h55: dernière sonnerie de la journée! Nous n'avons pas tout à fait terminé, il ne reste que 2 dossiers, nous pourrons finir demain soir avant l'AG de 17h30, mercredi ils seront entre les mains des collègues scientifiques et jeudi entre les mains du professeur principal, c'est parfait. OK, à demain, les cartables sont jetés dans les voitures pour 2 collègues qui enchainent une réunion dans 20 minutes dans un de leurs deux autres collèges.

Rien de spécial pour moi ce soir, le bol! Juste une rencontre avec la maman d'Edmondine à 17h20. J'ai le temps d'imprimer ses derniers résultats, je rassemble les avis écrits de mes collègues, je peux même les relire. 18h30 : retour paisible à la maison. Je fais le point dans la voiture : je n'ai pas revu Yvelin qui pleurait ce matin, je peux envoyer un mail à son professeur principal ce soir. Pour le jeu malsain évoqué par le surveillant, je rencontrerai les élèves concernés demain, je commencerai par Xavius, seul, c'est préférable, je n'ai pas cours en H2, ça tombe bien. Kélianne et Marsette ne sont pas passées me voir à la salle des professeurs à propos de leur action "Banque Alimentaire". Enfin si, peut-être. C'est moi qui n'y suis pas passée. L'article doit être rendu après-demain, pas grave, j'en rédigerai une partie ce soir et le leur soumettrai demain.

Arrivée à la maison. Chouette, il n'est pas tard, on va manger de bonne heure et je pourrai me remettre au travail après la pause repas. Le temps que ça cuise, je peux déjà commencer la synthèse écrite d'Edmondine pour les collègues.

 

 

 

Une journée de classe à deux heures de cours, sur une de ces semaines qualifiées de « tranquilles » dans le jargon enseignant (c’est-à-dire une semaine sans oraux, sans projets humanitaires sur les temps de récréation, sans conseils de classe, sans préparation de Portes Ouvertes, sans visites de CM2, sans spectacles d’élèves, sans ….)

 

8h : J’arrive au collège. Je me dirige tout de suite vers la salle des professeurs… dans 15 minutes, il y aura foule. La massicoteuse est déjà utilisée, je m’en servirai plus tard. Je vais plutôt perforer mes polycopiés « Heure de Vie de Classe » de fin de semaine.

Je me trouve un petit coin et dépose tout mon matériel : les balles en mousse pour les 6ème, l’affiche de Norman Rockwell pour les 4ème, les vieux encadrements que j’ai récupérés chez moi. Je sors quelques livres et dossiers pour alléger mon cartable. «  Tiens, je t’ai aussi rapporté un vieux cadre, je vais te le chercher ! »,déclare un collègue. «  Moi, j’en ai posé un sur les étagères au fond de la permanence », me lance une autre. Bonne idée, je vais m’en occuper tout de suite, cela traîne depuis trop longtemps. Je massicote.

Ce sera donc la tâche numéro 1 : encadrer quelques poèmes illustrés d’élèves de 3ème, de qualité remarquable à nos yeux d’enseignants. Je rassemble les travaux soigneusement déposés il y a deux semaines dans mon casier (c’est mon bureau). La cloche sonne. Il est 8h30.

Je vais au CDI, je demande à la documentaliste l’autorisation d’en faire des photocopies couleur, « Il faudra qu’on se voit pour le planning ASSR », me dit-elle. D’accord pour cet après-midi ! Je cadre au mieux et réalise mes photocopies. Je passe prendre l’encadrement de la collègue en permanence. De retour dans la salle des professeurs, je démonte les cadres. Deuxième sonnerie : il est 9h25. Je découpe, je colle, j’agence, deux petits mots de remerciements déposés dans les casiers (les bureaux) des collègues qui m’ont remis un châssis, et le tour est joué ! Je suis satisfaite du résultat , je sais que les élèves vont être sensibles à ce geste et ressentiront de la fierté, ce beau sentiment qui nourrit la confiance.

Je rejoins le bureau du surveillant, l’informe qu’il y aura quelques nouveaux tableaux à fixer dans la salle de permanence et lui remets les 2 devoirs modifiés à la hâte hier soir pour Nazarine et Romélius qui avaient été absents et rattraperont le contrôle en permanence cet après-midi. Je retourne en salle des professeurs avec l’intention de parcourir les tableaux d’annonces n’ayant pas pu le faire la veille, j’aperçois un petit papier collé sur mon casier : « URGENT, passer au bureau, le papa de Jocelaine a téléphoné ce matin, signé le directeur », je regarde ma montre, je n’ai cours qu’après la récré, j’ai encore le temps. Je me dirige vers le bureau de mon directeur. Le secrétariat attenant est libre : je saisis l’opportunité pour prendre des gommettes supplémentaires pour les élèves dyslexiques, changer mes feutres à tableau blanc usés et demander une impression de la liste des élèves du Club Anglais de cette période, «Les Fiches Navette seront prêtes après déjeuner, Il faudra que tu passes les prendre avant ce soir, à distribuer demain au plus tard », m’informe la secrétaire. Très bien ! Je frappe à la porte déjà ouverte de mon directeur pour lui signaler ma présence. « Rentre ! » Il s’agit d’une affaire sérieuse de harcèlement sur les réseaux sociaux. Nous échangeons, décidons de la marche à suivre. La sonnerie de 10h20, début de la récréation nous presse à conclure. Il faut informer tel et tel collègue, observer le comportement d’Isorée. Je me hâte en direction de la 3èmeC avec trois travaux d’élèves sous le bras(ceux que j’avais photocopiés en couleur plus tôt le matin même), je les rends à leurs propriétaires et les félicite encore, je rendrai les travaux des deux autres classes plus tard, j’en profite pour vérifier le fonctionnement du matériel car je dois passer deux vidéos dans cette même classe l’après-midi, je ferme à clé, je me dépêche, je traverse la cour, un petit groupe d’élèves m’interpelle : «  Madame, est-ce que vous avez voté pour notre plat ?, «  Ah non, pas encore ! mais j’y pense ! » La fin de la récréation sonne.

10h40/11h35 : j’ai cours en 4A.

11h35, Usélius vient me présenter son carnet de liaison, «  Maman souhaite vous rencontrer dès que possible », « pas de souci ! », je griffonne le nom de l’élève sur mon agenda, «  mais je n’écrirai les heures de disponibilité sur ton carnet que demain » lui dis-je, je ne peux pas traîner…les 6C m’attendent. J’ai en effet promis à telle collègue, navrée de devoir participer à une rencontre académique de sa discipline sur la Réforme en cours , d’accompagner sa classe avec les autres 6èmes en salle de permanence pour assurer un comportement respectueux des élèves pendant la présentation du projet humanitaire trimestriel de ce niveau par l’association. 11h35/12h30 : vidéo, débat, danse, chant…une séance instructive, enjouée et dynamique. On était pas de trop à quatre pour cadrer et empêcher que cette ardeur juvénile ne se transforme en agitation fâcheuse mais cela valait la peine ! La sauce a pris et nous sommes optimistes sur la suite du projet. Des collègues restent ranger la salle et aider les intervenants à porter leur matériel. Je m’éclipse. Je n’ai pas encore demandé aux 2 groupes EPI de 3B et A l’autorisation de projeter leurs vidéos en 3C, je sais qu’ils diront oui mais  leur accord est important.

J’ai de la chance…ils ne sont pas tous partis ! Je dois absolument passer en salle d’arts plastiques regarder l’expo des élèves de 5ème et déposer mon vote. Je survole l’ensemble une première fois, je repasse une seconde fois, j’admire les plats fabriqués avec des matériaux variés : carton peint, plastique, plumes etc, tous plus appétissants les uns que les autres, j’ai faim ! Il est 12h45 à ma montre. Une collègue me rejoint, nous lisons le nom des élèves artistes, l’intitulé des plats puis le descriptif qui respecte plus ou moins adroitement l’éloquence et l’exotisme du jargon culinaire de la haute gastronomie, nous prenons connaissance des critères d’évaluation : soin, réalisme, technicité et poésie des termes etc… et nous glissons nos votes dans la petite boite. Ces œuvres alléchantes ont attisé nos appétits. 13h. Nous allons manger. Je récupère mon casse-croûte et regagne la cantine pour accéder à la bouilloire et me faire un thé chaud, je vais manger rapidement et je pourrai refaire le plan de classe de la 5A, ils me l’ont encore réclamé la dernière fois ! J’avais oublié….les intervenants sont là, le repas de la cantine leur est offert. Je participe à la conversation en cours, je mange, « Au fait qui fera une rapide synthèse écrite pour la collègue absente malgré elle ? », «  Qui choisit, dépose et commente les photos sur le site de l’établissement ? », d’accord, au-revoir, merci, on reprend contact quand les élèves auront lancé leur action. 13h25 déjà, je laisse mon thé, il est trop chaud. Je me trouve un petit coin tranquille, je sors une liste de classe et j’élabore mon plan à main levée, ah oui c’est vrai j’avais noté quelques désidératas de collègues et de parents, je les consulte, je corrige.

13h45 : c’est la cloche pour les élèves, il faut ramasser, la salle va être occupée.13h50 : sonnerie du cours. Je croise Salvien dans le couloir et lui demande s’il a réfléchi pour l’option latin. Pas encore. « N’oublie pas notre discussion…ce serait vraiment dommage que tu ne prennes aucune option ! »(Salvien est un élève brillant, un peu cossard). J’arrive presque à la salle des professeurs, une voix m’appelle : « s’il vous plaît, madame, vous pouvez m’ouvrir ? j’ai oublié le cahier d’appel et M X va encore m’engu…… ! » «  va te réprimander », dis-je, «  et attention à ton organisation ! », j’ouvre la porte en feignant de rechigner ( j’ai à faire à « un habitué » …), j’ouvre, j’attends, je referme à clé, « merci, m’dame ! », je l’aime bien Percival … cette pensée me traverse l’esprit quand je m’introduis dans la salle des professeurs. Trois ordinateurs sont occupés, ouf !il en reste un ! J’ouvre ma boite mail, je parcours rapidement les courriels du Rectorat, ceux de mon directeur, ceux du Comité de jumelage de la commune, je m’arrête sur l’inscription au jeu de culture européenne pour le niveau 4ème et j’y inscris ma classe, j’enregistre aussi mon nom pour la conférence organisée par les parents sur l’Education aux Ecrans, je remplis le formulaire pour la prochaine rencontre sur les outils numériques d’évaluation, je prends mon agenda. Je suis en train de noter les dates, le surveillant entre et nous remet les travaux des derniers élèves consignés, « Laurinda a vraiment fait un travail d’analyse intéressant sur son comportement… je l’ai remis au PP(Professeur Principal) mais il faudra que vous le lisiez aussi », déclare-t-il. Je lui mentionne la dégradation constatée dans les toilettes des Grands, un collègue lui communique la perte du carnet de liaison de Valentinien. Je regarde ma montre, il me reste dix minutes, je finirai mes mails plus tard, je libère l’ordinateur qui est pris d’assaut. Je passe sommairement en revue les panneaux d’informations , j’ajoute le Conseil d’Education d’Hypoline après-demain 13h sur mon calepin, ainsi que le rappel du jour de la remise des lots pour le Jeu Sciences des 6èmes. Mme  Y  entre. En effet,13h25 : c’est mon heure de rendez-vous avec l’AVS de Nolbert. Vingt minutes, c’est court pour faire un point sur un élève autiste en grand mal être ces derniers temps, mais c’est déjà ça.

14h45 : ça sonne, je rassemble mes affaires, j’ai cours en 3C.

15h40 : Sonnerie pour la récréation de l’après-midi, Udoric se faufile, je le rappelle illico, « N’avais-tu pas quelque chose à me montrer ? », Udoric me présente son cahier : les documents sont tous collés, bravo, « N’efface pas le tableau, Salvénia, tu vois bien que Maurène n’a pas fini de copier…. », « Ramasse tes affaires, je te les écris. », « Allez, pressons les derniers ! ». Je ferme à clé et me hâte jusqu’au préau, Hubald m’y attend comme prévu. Nous allons nous asseoir dans sa classe, nous parlons. Il reste une place de rendez-vous possible avec la psychologue scolaire qui passe au collège lundi prochain… j’aimerais qu’il le prenne, il accepte d’essayer, j’ai le cœur léger.

16h : Fin de la récréation. Super, j’ai pas cours. Direction le Labo d’SVT, nous y avons rendez-vous 3 autres collègues et moi même pour élaborer le planning du prochain DNB blanc : ordonner les disciplines, trouver les salles, définir les profs qui surveillent, établir les 1/4 temps, les 1/3 temps des élèves en aménagements (TSA)… Petit casse-tête.

Sonnerie de 16h55. Nous avons bien avancé, « Qui finit ? », « Qui soumet au directeur ? », « Qui met en forme les documents ? », OK !,Nous nous séparons. L’une doit rejoindre un élève avant qu’il ne prenne son bus, une autre doit voir la documentaliste, l’autre part fumer sa cigarette, moi je vais recharger les tablettes (j’en ai besoin en 4ème demain en deuxième heure).

« As-tu appelé la compagnie de cars pour la sortie des 6èmes ? », me lance une collègue tandis que je m’affaire

avec les câbles, «  Pas encore mais je te tiens au courant dès que je sais ! », «  Je dois récupérer les listes de soutien ce soir, les groupes doivent être faits pour demain, mais je vois que tu ne les as pas encore remplies… », me fait remarquer un autre collègue. Je m’excuse, je m’en acquitte immédiatement, j’avais oublié.

17h25 : il faut installer les tables en 6A, la réunion va bientôt commencer. 17h30 : Petite réunion en deux temps, d’abord présentation de la thématique et des objectifs du prochain « Regards Croisés » niveau 4ème, mise en commun des idées, partage des tâches, intervenants à joindre, activités à préparer… puis bilan des parcours pour le LSU des élèves de 4ème sur ce trimestre.

18h30 : cool, on a déjà fini ! «  Est-ce que chacun peut emporter avec lui 1 ou 2 rames de papier et les déposer dans la salle des photocopieuses en partant ? », «  Oui, bien sûr ! ».

J’emmène avec moi les Fiches Sanitaires de Liaison de ma classe pour le prochain voyage, je n’aurai pas le temps de les vérifier demain car demain est une journée chargée : beaucoup de cours et un stagiaire en plus.

Me voilà au volant de ma voiture, je fais le point. J’ai oublié de repasser au secrétariat pour les Fiches Navette, il faut penser à le noter sur mon agenda en arrivant, je n’ai pas inscrit le nom d’Hubald sur la liste des consultations psy prioritaires…je suis tellement contente qu’il ait accepté !, pour la documentaliste et sa demande concernant l’ASSR tant pis, ce n’était pas possible de toute façon… Ce soir, je n’ai pas grand-chose à faire : juste remplir mon cahier de textes numérique, relire mes cours qui sont tous prêts et préparer une évaluation formative pour mes 5èmes , je pourrai appeler mon collègue  Z   pour caler le passage de ses délégués dans ma classe, on en profitera pour réfléchir ensemble à l’organisation de cet ASSR(l’examen blanc, l’examen, le rattrapage) et ensuite j’enverrai un mail à la documentaliste avec mes excuses et des propositions de dates.

J’arrive chez moi. J’ouvre mon cartable, mon agenda,« Ah oui, c’est vrai !j’ai le Questionnaire de Conners à remplir pour Odéon, je commence par ça… »

 

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