Une écologie a l’épreuve des balles.

L’écologie prends des coups. Sans cesse.  Des coups bas, des coups de poignard dans le dos,  des mensonges, de la désinformation, des pressions  des lobbies, mais aussi des luttes intestines, des luttes de pouvoir, de la caricature.

Beaucoup aimeraient  faire passer les écologistes pour des doux rêveurs, rétifs au progrès, des  empêcheurs de tourner en rond, de produire à gogo, de polluer, de maltraiter la nature et les hommes.

Endurcie par 40 années de luttes et de militantisme, l’écologie a la peau dure et a appris à encaisser les coups et éviter les ballesElle a su grandir, s’imposer, s’adapter aux rouages de la société pour être définitivement crédible et mieux faire passer son message.

Que de chemin parcouru depuis les images de René Dumont candidat en 1974, un verre d’eau à la main. L’urgence écologique est devenue une évidence pour toutes les personnes censées. Mais pour en arriver là il a fallu de la volonté et de la pugnacité.

 

Aux premières heures de l’écologie ce qui surprend c’est l’aveuglement des personnes dites responsables, scientifiques, politiques, techniciens et décideurs de tout ordre. C’est assez édifiant de penser  que ceux qui portaient le message écologique ont longtemps été considérés comme des rêveurs, des baba cool, alors qu’ils étaient finalement les plus réalistes. Les plus terre à terre, les plus visionnaires.  Bien sur nous avions des penseurs, des scientifiques, Gorz, Dumont justement et d’autres, mais ils étaient minoritaires. Se dresser face au consensus ne pas plier, garder ses convictions intactes contre la pensée unique qui prévalait alors, tout cela a contribué à construire le projet écologique, le renforcer dans l’adversité, et a constitué une première étape dans le long apprentissage de la gestion de la chose publique.

 L’écologie a continué a grandir, à mûrir, en gardant toujours cette position d’apparence paradoxale, des libres penseurs  utopiste mais ancrés dans le réel.

Le combat a toujours été idéologique mais aussi et surtout technique. Les barbus à chemises à fleurs des caricatures ont appris à maîtriser la machine. L’agriculture raisonnée, les énergies renouvelables et tous les autres combats nécessitaient un savoir d’ingénieur, de technicien.Ainsi les antinucléaires les plus à la pointe en savent parfois autant si ce n’est plus sur la question que les techniciens des centrales. Et pour développer l’agriculture biologique il a fallu être capables de démontrer les dangers de l’agriculture intensive et donc des grands  groupes chimiques producteurs d’engrais.

Ces derniers ont également évolué de leur côté et nous ont apporté les ogm, Les organismes génétiquement modifiées. Il essaient de faire passer notre refus des ogm pour un refus du progrès. Notre position comme étant rétrograde, pas logique. Toujours les mêmes attaques. Nous taxer d’idéalistes utopistes et rêveurs pour discréditer notre discours.

Les ogm qu’on nous propose sont au minimum inutiles et très certainement nocifs. Ainsi un des premiers organisme mis sur le marché avait pour principal avantage de supporter des doses massives de pesticides. Une véritable poule aux œufs d’ors. L’industriel vend le pesticide et vends des graines qui supportent le même pesticide.

Et tout cela, pour augmenter le rendement de notre agriculture alors que l’on produit plus que suffisamment et que l’on subventionne les producteurs pour qu’ils laissent des champs en jachère. Les ogm pourraient être envisageables si il s’agissait de créer une céréale  qui demande très peu d’eau par exemple, évitant ainsi les famines dans de nombreux pays. Mais ces pays n’intéressent pas l’industrie chimique, pas rentables, pas solvables, elle préfèrent vendre des graines chaque année à nos agriculteurs, quittent à produire des plantes gavées de pesticide.

Les produit chimiques sont un des combats actuel le plus important car tout le monde est concerné et susceptible d’en subir les dommages. Pour essayer de réglementer tout cela il en faut de la persévérance et de l’expertise face aux grands groupes chimiques aux moyens financiers quasi sans limites qui font tout pour biaiser le débat, cacher la vérité et manipuler l’opinion.  

Plonger les mains dans le cambouis en gardant la tête dans les étoiles, une étape supplémentaire pour arriver à la maturité. Une arme de plus pour faire avancer nos idées

L’écologie est la seule force politique nouvelle qui soit apparue dans les 100 dernières années  . Une idée neuve donc. Sur cette terrain aussi l’adversité est immense. Une des autres torpilles que l’on lance aux écologistes est que ces questions appartiennent à tous, pourquoi donc un parti ? Et pourquoi un parti de gauche ?

Parce que tout ce qui concernent le bien-être des hommes et leur avenir  relève de la chose politique. Parce que pour faire changer les choses il faut être dans les institutions. Les associations environnementales sont sur un autre terrain mais les deux ne s’opposent, elles se complètent. Enfin, si il ne devait y avoir qu’une seule raison de l’ancrage à gauche c’est que les personnes les plus défavorisées sont les premières victimes de toutes les formes de pollution. L’écologie politique est sociale et de gauche


Nous avons aussi du apprendre les règles du jeu politique avec comme objectif de nous imposer comme une alternative crédible de gouvernance. Là encore subir les attaques ce ceux qui veulent surtout pas que les choses changent. Ainsi quand ont nous traite de khmer vert pour essaier de diminuer la place de l’automobile, qui non seulement pollue et tue mais dont le modèle est appelé à disparaître avec la fin des industries fossiles.

Avec le même état d’esprit qui nous guide depuis les débuts, nous avons appris. Les mécanismes législatifs, les rapports de force dans les différentes assemblées, mais aussi l’incontournable jeu médiatique.


L’écologie naissante a grandie est s’est préparé a travers différentes phase, en surmontant les obstacles. Aujourd’hui elle est appelée à prendre une part de plus en plus importantes dans les orientations nationales. Mais pour ce faire elle ne doit pas s’oublier, se rappeler comment elle en est arrivée là et garder son état d’esprit indépendant et frondeur. Sa constance et mettre les idées plutôt que les personnes en avant.

 

L’écologie est un pari sur l’avenir.  Nous nous y préparons et continuons à nous préparer en gardant notre indépendance d’esprit, notre pragmastique. Et plutôt que de nous installer dans le confort des institutions, garder à l’esprit que les avancées obtenues ne sont qu’une étape et ne peuvent se célébrer qu’en partageant une eau fraiche et sans pesticides. Le champagne attendra

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