Onion rules

 

On nait avec des peaux. Plusieurs couches. Celles de ses parents, de ceux d'avant. Celle de son terrain, de la terre qui nous a scruté. Celle des voisins, des cousins, des amis. Celles de la géographie, des arbres, du temps qu'il fait et des intempéries. On nait avec sur le dos un sacré paletot. Et après, on se déshabille.
Une à une on enlève les couches pour chercher qui est ce vrai moi qui se cache en dessous de tout ça. ON grandit et on a de plus en plus froid.
Alors on cherche. Attiré par la moindre chaleur, la plus petite flamèche. ON se cache du monde, honteux de ce manque de nudité qui nous cache et trompe les autres. 
Un jour on se lève avec une peau morte au pied du lit. Une mue, souvent douloureuse, qui nous a fait approcher ce qu'était la vie. Avant de, plus tard, en faire un trophée, on la dissimule sous le lit. Cette trace de quand on était petit. 

Le rythme s'accèlère. Les saisons, le vent, le soleil et la pluie. Et on est nous. 

La seule chose à prévoir à ce moment, n'est ni un  imper, ni un parapluie. Juste de s'assurer que ce que l'on est devenu ne nous ets pas trop étranger. En tout cas, que l'on pourrait s'en acclimater.

Et après,  on fait de nouveaux oignons, si petits, si mignons. Et sans rien leur dévoiler, on essaie de les préparer à cette drôle de sorte de nudité

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