Contre la balkanisation de l’Union des Comores.

Dénonciation de l'accord de la Honte, l'accord franco-comorien « Vers un partenariat renouvelé entre la France et les Comores dans la lutte contre "l'immigration clandestine" » signé le lundi 22 Juillet 2019 entre le ministre comorien des affaires étrangères, Sœuf Mohamed Elamine et son homologue français Jean-Yves Le Drian.

Accord de la Haute trahison jamais signé entre les Comores et la France.

L'intégrité territoriale ne se négocie pas M. le Ministre !

Honte à vous !

En marge de la réception du putschiste récidiviste Azali Assoumani à Paris par le Président français Emmanuel Macron le 22 juillet dernier, vous avez déshonoré notre pays, notre patrie, les Comores composées de Mayotte(Maore), Anjouan(Ndzuwani), Mohéli(Mmwali) et Grande Comore(Ngazidja) en signant ce document qui pourrait, dès sa prochaine mise en application, officialiser de la balkanisation des Comores.

Aucun ministre comorien, avant vous, n'a jamais signé, depuis notre indépendance, un tel traité. Un torchon qui met à mal notre intégrité territoriale!
Négocier la question de Mayotte pour 150 millions d’Euros !

Ufukara Ko Pua Mila ! (Traduisez, on ne vend pas son honneur car on vit la misère) !

Dans cet accord honteux, exactement dans la partie II intitulée "Actions réciproques", il est dit clairement que « l'Union des Comores doit mettre en œuvre un programme efficace contre les départs « irréguliers » des embarcations vers Mayotte. » (Section 1 - Sous-partie A).

L'État comorien accepte de parapher un accord qui stipule clairement qu'il s'engage à « ordonner les forces de sécurité intérieure des Comores, en terre et en mer, à empêcher les Kwasa transportant « illégalement » des comoriens vers Mayotte » (Section 1 - Sous-partie A).

La bêtise humaine frappe encore, la Nation comorienne promet d’aider la police française à arraisonner en pleine mer les kwawa, de détruire les ateliers de fabrication des Kwasa et de démanteler ceux dont l'activité concourt à « l'immigration clandestine ». Les autorités comoriennes sont invitées à réfléchir sur les modalités devant permettre, dans un futur proche, au gouvernement français d’installer un nouveau radar à Ndzuwani(Anjouan) pour faciliter les interceptions des comoriens (Section 1 - Sous-partie E).

L’État français est prêt à débourser, à travers cet accord, « 150 millions d'euros pour aider les Comores dans les domaines de la santé, de l’éducation, de la formation et de l’insertion professionnelle des jeunes, de l’emploi, de l’agriculture et du développement rural. Un effort particulier est prévu pour Anjouan » (Section 4 - Sous-partie A).

Un comorien est étranger à Mayotte selon l’État comorien.

C’est officiel ! Un comorien de Ngazidja (Grande-Comore), de Mwali (Mohéli) et Ndzuwani (Anjouan) est reconnu officiellement comme un « étranger » chez lui à Maore (Mayotte) par l’État comorien dirigé par le militaire Azali Assoumani. L’actuel régime à Moroni a signé un accord qui va à l’encontre du droit international qui considère la présence française à Maore comme illégale !

Quel gâchis ! Quelle trahison !

J'appelle au retrait immédiat et à l’annulation de cet accord honteux et antipatriotique. On ne parle même plus ni de libre circulation dans l’archipel des Comores uni séculairement par la géographie, l’histoire, la culture, la religion et la langue ni d'éventuelle abrogation du visa criminel, le Visa Balladur-Pasqua instauré par Paris en janvier 1995. L’Heure est très grave !

Ce traître ministre chargé de la diplomatie comorienne, Sœuf Mohamed Elamine qui a signé ce torchon doit être jugé pour Haute trahison. Mais très sincèrement, il me semble urgent d’interpeller l'ancien vice-Président de l'Assemblée nationale des Comores Djae Ahamada Chanfi et l’ancien directeur général d’Al-Watwan Ahmed Ali Amir, tous deux fervents défenseurs de l'intégrité territoriale de Comores, actuellement à Beit-Salam où ils collaborent avec le colonel Azali Assoumani. Où êtes-vous aujourd’hui, vous qui défendez, hier, corps et âme, notre souveraineté nationale ? Votre silence, pendant que votre pays, ma patrie est en train d’être balkanisée officiellement par votre patron, est complice. Oui. Sachez que vous êtes tous complices et l’Histoire retiendra cette sinistre date du 22 Juillet 2019 où ce traité de la capitulation des Comores sur la revendication de l’île comorienne de Mayotte a été signé en votre présence.

Banalisation de la question de l’île comorienne de Mayotte !

La mendicité et la peur du néocolonialiste doivent avoir des limites. Me Said Larifou, Président du parti RIDJA déclarait sur AFP, en 2012, "Mayotte, terre française", Azali Assoumani dégobillait, sur TV5 Monde, en décembre 2017, "Mayotte, pays frère" et, en février 2019, Salim Saadi, Président du parti Al-Qamar reconnaît, sur le Journal Opinion, "Mayotte française" en prévoyant de stopper une fois élu Président des Comores, ce qu'il nomme "immigration vers Mayotte". Aujourd’hui, Soeuf Mohamed Elamnie rentre dans l’Histoire, lui aussi, par la petite porte en reconnaissant officiellement « Mayotte comme un territoire étranger et précisément français ». La question de l’île comorienne de Mayotte est banalisée même au plus haut sommet de l’État comorien.

Pour qui ils se prennent nos politiques ! Leur reste-il au moins un slip pour sauver un peu d'honneur, comme l’ironise l’Historien comorien de référence Mahmoud Ibrahime ? Qu'obtiennent-ils contre autant de capitulation depuis 1975 à ce jour ? À part les 150 millions d'euros de cet accord bilatéral qui pourraient finir dans leurs poches comme ce fut le cas de l’enveloppe d’un million d’euros que ce même putschiste Azali a reçu le 25 octobre 2005, de la part du régime de Jacques Chirac, en contrepartie de la participation des athlètes mahorais aux septièmes jeux des îles de l’Océan indien de 2007 tenus à Madagascar. Pour dire au combien cet Azali Assoumani est un récidiviste en matière de haute trahison!

Peau noire et masques blancs au service de la France !

L’influent penseur martiniquais Aimé Césaire disait dans son Discours sur le colonialisme : « Je parle de millions d'hommes à qui on a inculqué savamment la peur, le complexe d'infériorité, le tremblement, l'agenouillement, le désespoir, le larbinisme. ».

À partir de cette citation, on comprend qu’il était tout à fait naturel que les quatre "parlementaires" de Mayotte, Madame Ramlati Ali, Monsieur Mansour Kamardine, Monsieur Thani Mohamed-Soilihi et Monsieur Abdallah Hassani et le président du Conseil "départemental" de Mayotte Monsieur Soibahadine Ibrahim Ramadani saluent les conclusions de cet accord de la honte car le lavage de cerveau aménagé par la France sur ses anciennes colonies est passé par-là. Ces "élus" mahorais se félicitent, à travers cet accord, des avancées historiques dans la balkanisation des Comores et les perspectives à espérer une réelle intégration régionale de Mayotte avec la Réunion en tant que pays dans la zone du Sud-Ouest de l'Océan Indien.

La France veut se donner bonne conscience aux yeux de l'opinion mondiale en essayant de transformer le différend franco-comorien en un différend comoro-comorien et compte, bien sûr, sur les « peaux noires et masques blancs » de service tels que Hamada Mmadi Boléro, Mansour Kamardine, Azali Assoumani, Soeuf Mohamed Elamine, Estelle Youssoufa, etc., pour arriver à ses fins.

Tout citoyen comorien doit exiger, partout où il sera, à la France, le respect des résolutions onusiennes en particulier, la résolution N° 31/4 du 21 octobre 1976 qui «condamne énergiquement la présence de la France à Mayotte, qui constitue une violation de l'unité nationale, de l'intégrité territoriale et de la souveraineté de la République indépendante des Comores », qui condamne également et rejette les référendums organisés par la France à Mayotte, les considérant «comme nuls et non avenus», qui rejette « toute forme de référendums ou consultations qui pourraient être organisés ultérieurement en territoire comorien de Mayotte par la France » et « toute législation étrangère tendant à légaliser une quelconque présence coloniale française en territoire comorien de Mayotte ».

Appel à l’Assemblée nationale comorienne et au Comité Maore pour une condamnation ferme et exemplaire de cette forfaiture scandaleuse !

Je ne peux que condamner avec toutes mes forces ces accords antipatriotiques qui ne font pas honneur à ma patrie, la République Fédérale Islamique des Comores, devenue, sous Azali Assoumani, en 2001, Union des Comores. Avec les anciens accords donnant naissance entre autres au GTHN (Groupe de Travail de Haut Niveau), institué, en juin 2008 par l'ex-président mythomane comorien Ahmed Abdallah Mohamed Sambi (Ayatollah) et l'ancien chef d’État français Nicolas Sarkozy (Paul Bismuth) et le HCP (Haut Conseil Paritaire), conclu en juin 2013 entre l'ancien Président comorien Docteur Ikililou Dhoinine et son homologue français François Hollande, l’État comorien n’a jamais franchi la ligne rouge en cédant lâchement Mayotte.

En perpétuant cette politique des accords en accords interminables sans toucher le fond du sujet, qui est son départ de Mayotte, territoire qu’elle occupe illégalement depuis 1975, la France veut juste gagner du temps pour pouvoir continuer à s’installer davantage dans l’île comorienne de Mayotte.

L’Assemblée nationale comorienne, la voix du peuple, Ngo’shawo et le comité Maore d’Idriss Mohamed et Me Ali Abdou Elaniou, organisations de la société civile défendant les intérêts des Comores, doivent condamner fermement cet attentat abject contre la Nation comorienne perpétré par le putschiste récidiviste Azali Assoumani avec la complicité de la Françafrique.

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SAIF Youssouf Ahamada

Écrivain et ancien journaliste présentateur à la Radiotélévision nationale des Comores(ORTC) et à Africa 24.

Auteur de Naufrage au large de Mayotte, Conséquences du Visa Balladur publié, en 2017, en France, aux éditions Cœlacanthe.

 

 

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