l'enfermement du monde de l'enfermement

Le 6 février va se tenir une recontre sur la justice organisée par le Club DROIT et JUSTICE et Sécurités, dont j'ignorais jusqu'à ces jours derniers l'existence. Ce que  je trouve frappant dans la présentation du débat, c'est la reprise des concepts de sécurités et de ce qui va avec pour tenter bien entendu de redonner un sens républicain et citoyen à ces concepts, c'est à dire de les détourner globalement de ce que l'on nomme la politique sécuritaire. 

Si bien entendu,j'adhère à ce retournement, je m'interroge quand même sur ce que véhicule ce retournement en employant les mêmes mots pour donner à la gauche une légitimité face aux problèmes de la délinquance, à fin d'échapper à l'angélisme que la droite prêtait à la gauche sur ces questions.

Ce n'est pas là une réflexion byzantine. Car à vouloir se postionner dans le sérieux sur ces quetions, il y a un véritable risque d'être mal compris. Ainsi en est-il sans doute de toute ambition politique.

Le monde judiciaire français connait dans toutes ses composantes un formidable déplacement des pincipes qui l'ont fondés. Les professionnels pour la plupart, et quoi qu'ils en disent, ont laissé faire cette dérive. Inflation des incriminations, durcissement des peines, imbroglio surréaliste des améanagements des peines, mise au pas de l'administration pénitentiaire, dévalorisation des métiers judiciaires, technocratie et bureaucratisation des procédures,introducion de concepts extrêment dangereux à manier comme celui de la dangerosité et de la création d'un outil dément pour la mesurer, accaparement de titres de criminologues, introduction obligatoire sous la pression d'un lobbyng de procédures carcérales, telles que les groupes de parole censés donner sens à la peine. Et tant de choses encore.

Monopolisation par un seul syndicat, en l'occurence le SNEPAP d'une parole présumée sérieuse, pour ce qui est de l'aministration pénitentiaire, syndicat se prétendant à gauche mais qui en réalité a été à l'origine des plus importantes dérives sécuritaires des métiers de la peine, et qui a l'oreille du ministère. Les clercs de ce syndicat sont pour la plupart aux commandes de la branche aministration pénitentiaire du ministère de la Justice.

Relégation de toutes tentatives de réflexion sous la bannière revendiquée du statut spécial de ces corps de métiers. Militarisation de l'administation pénitentiaire dont la démonstration a été faire défiler derrière les armées les membres de l' AP.

On aura compris sans doute l'implication personnelle de celui qui vous écrit dans cette structure terriblement malmenée de l'aminitration pénitentiaire. Qu'on n' en conclue pas pour autant à une réflexion partisane, si grande est la soif de partage, si enraciné en moi l'esprit de la résistance constructive, à la réserve infranchissable , que nous retrouvions dans notre République l'application des droits fondamentaux de l'homme.

 

Voici pour un premier écrit qui je l'espère suscitera des réactions et trouvera peut-être un relais lors de ce débat du 6 février.  SaintJohn

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