Fric, un personnage inoubliable

La farce, la mise en  perspective tonitruante, outrancière, rigolarde, va devenir le seul moyen de s'émanciper du spectacle de notre classe politique aux prises avec le fric.

Le fric, voilà un personnage haut en couleurs, il faudrait le dépeindre dans toutes ses nuances, tous ses rôles , tous ces lieux où il apparait, puis disparait comme par enchantement. C'est lui, le malicieux,qui tire les ficelles de la pantalonnade, et il se marre , il rit , rit et rit encore.

Il se rengorge  en secret devant son miroir de l'importance qu'on lui prête, il sait lui dans sa conscience que jamais on ne pourra se passer de lui. Que toutes les marionnettes parlent , disputent, complotent, à son propos, il sait que tout ceci , même d'envisager sa disparition, ne sont que des hommages à sa puissance.

Un des meilleurs moments de ses délectations, c'est les déclarations de patrimoine. Quel frémissement de contentement le parcourt, quand l'un de ses favoris, cache sa révérence et son éclat derrière la modestie affichée de si peu dit , déclaré. Celui-ci a tout juste une maison, celui-là à peine un coche pour le conduire et puis, quelle importance car c'est à mon mari. Quel parfum, lui qui n'a pas d'odeur, aime -t-il à respirer dans la désinvolture des grands bourgeois à son égard, dans l'épargne morale et méritante des moyens et des petits.

Quel bonheur pour Fric, de se voir manger à toutes les sauces, lui, le grand cannibale.Et comme il n'a pas d'âme, et comme il n'a rien, il se fiche du quart comme du tiers, à moins que ce ne soit l'inverse, de la sébile vide du mendiant, du découvert du modeste, de la fin de mois de la multitude, il s'en fiche, car là aussi, il sait que son absence est le masque de sa présence.

Sa grande jouissance à Fric, c'est la transparence. Ce vêtement de nudité qui lui donne un air frais, le teint de la jeunesse. Ce nouveau déguisement le change de la vieillardise avare, avide, dorée, poudrée.

 

La comédie française a de beaux jours devant -elle. Le spectacle est extraordinaire.  Quel bonheur§!

SJ qui vient de réveiller. Si diviser c'est partager, le fric n'est pas le partage mais la division!

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