A qui profite le crime?

Alors que M. Blanquer intervient médiatiquement pour promouvoir l’obligation d’instruction à 3 ans, se voilant la face encore une fois sur le surcroît de travail superflu pour les équipes pédagogiques que cela a engendré (couches, courriers supplémentaires, conflits potentiels avec les parents d’élèves, détresse enfantine…), ses sbires occupent le terrain parlementaire pour promouvoir un statut pour les directeurs et directrices d’école au-delà de 10 classes et le regroupement des autres sous l’égide d’un chef.
M. Blanquer semble n’avoir aucune vergogne. Alors qu’il avait dû retirer son projet d’EPEP à la suite des différentes manifestations des enseignants et des parents, il profite du suicide de notre collègue pour contraindre le parlement à réexaminer cette question.
A quel degré de cynisme en sommes-nous rendus ?
La situation actuelle des directeurs et directrices résulte, en partie, de la politique gouvernementale actuelle : suppression des aides à la direction, instruction obligatoire à trois ans, accroissement des demandes institutionnelles, mise en œuvre de l’école inclusive… et cette question mérite un véritable débat avec tous les acteurs concernés et des moyens afférents aux tâches demandées.
Pour l’heure, nous réclamons de véritables assises sur la souffrance au travail et le traitement qui en est fait par notre institution : non seulement nos collègues se suicident pour des motifs professionnels, mais en plus, bon nombre d’entre nous sont agressés sur leur lieu de travail sans que notre administration ne fasse preuve d’un minimum de compassion.
Les agressions des personnels doivent être traitées avec toute l’attention requise par notre hiérarchie, c’est cela, avant tout, que nous exigeons.
Et c’est bien l’abandon moral que nous récusons : de véritables assises doivent être organisées dans chaque Académie, que la parole enseignante soit enfin considérée et non plus mise sous le boisseau ou sujette à représailles.

 

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