Enseignants : ouvrons- la !

La volonté ministérielle de faire taire les résistances à la loi "pour une école de la confiance" ne doit pas être un frein aux débats, à l'information de tous.


Le rejet de la loi Blanquer par les enseignants repose aussi sur le 1er article qui nous impose la discrétion professionnelle ou à tout le moins la réserve vis-à-vis de notre profession.
Depuis toujours, bon nombre d’enseignants ont reçu soit par voie écrite, soit par voie orale des remises au pas en fonction des inspecteurs des circonscriptions ou des DASEN et de leur zèle plus ou moins affirmé ; de même nous recevons une information à chaque période électorale sur notre nécessaire réserve .
La répression d’Etat
Puis , en certaines circonstances ,l’Etat intervient de façon bien plus autoritaire et répressive , cela a été le cas dans les années 2000 quand des directeurs se sont opposés à base élèves ( onde actuellement) et malgré des manifestations et grèves, ces directeurs se sont vus retirer leur emploi de directeur et se sont vus sanctionner financièrement. De même dans les années 2009-2012 , un certain nombre d’enseignants ont été sanctionnés pour désobéissance dans leur participation aux AP(aide personnalisée) . Ces heures de soutien devaient se faire pour quelques élèves seulement ; les personnels qui prenaient leur classe entière ont été victimes de retenue sur salaire, dégradation d’échelon…pour répondre à leur désobéissance et refus d’obéir.
C’est bien de cela qu’il s’agit : refuser d’obéir à une injonction ministérielle est inacceptable en l’état ; les comptes rendus du tribunal administratif de Toulouse ont confirmé le manquement aux « obligations de service » et rejeté la liberté pédagogique des collègues qualifiés de « désobéisseurs » à l’époque .
La répression maintenant
Pour autant, allons nous retrouver avec M. Blanquer la même répression d’Etat ? La volonté en tout cas est bien présente et pour l’heure, notre ministre s’attaque aux représentants syndicaux de SUD éducation , s’attaque à M. Rome et d’autres, distille volontairement un sentiment de peur et de représailles contre lequel il nous faut lutter.
Et son articulation avec la réforme de la fonction publique
Car la mise en place de la réforme de la fonction publique et l’instauration des managers qui seront des contractuels sur des missions courtes, redevables de l’obéissance des personnels auprès de l’Etat ,seront ,eux, sans état d’âme pour obtenir toute la subordination souhaitée.

 

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