Lettre ouverte à tous ceux qui dénigrent les professeurs des ecoles :

Petit florilège des contrevérités et billevesées habituellement produites à l’encontre de cette profession :

Lettre ouverte à tous ceux qui dénigrent les professeurs des ecoles :
Petit florilège des contrevérités et billevesées habituellement produites à l’encontre de cette profession :
La 1ère de celle-là est que l’éducation nationale est impossible à réformer :
C’est le premier argument opposé aux enseignants et aux syndicats d’enseignants ; faire croire à l’opinion publique que l’éducation nationale est irréformable, que les enseignants refusent tout changement , et qu’ils sont réfractaires même à toute idée de changement est l’antienne habituelle .
Pourtant , un enseignant en poste depuis 20 ans a déjà connu 4 réformes car 4 changements de gouvernements ; il a déjà changé 5 fois ses programmes (deux fois entre 2007 et 2012) , il a vu mourir des dispositifs jugés suspects d’être porteurs d’une idéologie différente par le biais du changement d’un gouvernement à l’autre : devoirs faits, maître supplémentaire, RASED, aide personnalisée, CP à 10, réforme des rythmes scolaires, évaluations CE2, CE 1, CM2, dispositifs du remplacement, modifications des promotions ,m@gistère , formation initiale et concours, certains stagiaires ont même effectué deux formations différentes durant leur année de stage , école inclusive …..
En 10 ans, les écoles ont changé 4 fois d’horaires sans qu’à aucun moment les ministres ne se soient rapprochés du terrain et des organisations existantes permettant d’en apprécier les aspects positifs ou négatifs.
De même sur le plan pédagogique, notre enseignant lambda a déjà appris par quatre fois que sa pratique pédagogique était nulle et non avenue, non pas parce que des résultats scientifiques, des évaluations menées sérieusement, le lui aurait prouvé, en dehors de l’idéologie, mais parce que le ou la nouveau(elle) ministre en avait décidé ainsi.
De plus, vouloir faire porter la responsabilité de résultats peu encourageants à la seule et unique responsabilité des enseignants laisse oublier bien vite que ceux-ci ne font qu’appliquer des programmes . M. Blanquer ne fait rien d’autre que se dédouaner à bon compte quand il déclare que les enseignants ne font ni maths ni français, qu’ils abusent de la méthode globale : outre que cela est faux, ce qui se passe dans les classes a été décidé par les ministères successifs , dont celui entre 2008 et 2012 auquel il a appartenu .
Et les dispositifs « devoirs faits et CP à petits effectifs » qu’il promeut aujourd’hui ont été abandonnés sans aucune évaluation , il y a 10 ans de cela . De plus , les évaluations PIRLS , TIMSS et PISA récentes ont porté sur les élèves qui ont subi les programmes de 2008 et qui ont été appliqués avec tout le zèle fonctionnaire nécessaire.
Car l’immense majorité des enseignants 0béit en fonctionnaire légitimiste.
Le devoir d’exemplarité
La question de l’exemplarité que les grévistes et les autres contestent, porte non sur la posture individuelle des enseignants , mais bien plutôt sur la nécessité absolue de pouvoir contester les réformes que nous subissons rituellement en rappelant la réalité du terrain.
En général, à peine quelques mois après la mise en place de toutes ces réformes, et en dehors de toute factualité les ministres ( Peillon sur la réforme des rythmes scolaires ) se targuent d’obtenir des résultats phénoménaux . De la même façon , M. Blanquer se vante de résultats miraculeux obtenus aux évaluations CP et CE1 et obtenus grâce au dédoublement des classes, il s’agit là d’une rhétorique politicienne qui ne dit rien de la réalité factuelle de la mise en place de ces mesures.
L’on a encore un discours politicien en lieu et place d’une politique pour l’éducation nationale.
Et il y a urgence à sortir du giron politicien l’éducation nationale qui mérite d’être pilotée par des mesures concrètes, contrôlées en dehors de tout diktat idéologique et notre exemplarité, que nous devons à nos élèves passe également par le rappel de mesures pédagogiques qui n’ont pas porté leurs fruits et que l’on nous vante pourtant, à l’encontre de données scientifiques.
Ces contrevérités se traduisent sur le terrain par un ras le bol général, renforcé par le mépris distillé dans les médias et par notre ministère. Pourtant, le nombre de suicides au lieu d’alerter notre institution, est toujours aussi peu pris en compte dans ce qu’il dit de la souffrance au travail.

 

 

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