QUELLE CONCERTATION MONSIEUR LE MINISTRE?

Le ministre organise des concertations sur des sujets majeurs de l'éducation nationale sans que les personnels, les usagers ne soient partie prenante de ces questions.

DE CONCERTATION IL N’Y EN A QUE LE NOM !
Service National Universel : ou la gabegie institutionnalisée par le gouvernement ,sur le dos de l’éducation nationale
La mise en application des gadgets gouvernementaux promis durant la campagne électorale est en train de désosser l’éducation nationale : après les dédoublements de classe( cp / ce1) à coût constant, le refus d’utiliser les listes complémentaires et la volonté affirmée de recruter des contractuels , l’instruction obligatoire à trois ans ; a été institué depuis le 12 juin , la mise en place du service national universel sans que les conséquences et la mise en œuvre n’aient été étudiées . Le budget de l’armée étant sanctuarisé, les 2 à 3 milliards nécessaires chaque année seront amputés en majorité sur le budget de l’éducation nationale .
Alors que le bâti scolaire est déplorable, certaines écoles sont ainsi délocalisées pour éviter les effondrements , que les directeurs doivent œuvrer sans aide à la direction, que les ATSEM sont de moins en moins nombreuses dans un certain nombre de communes, que le volume horaire attribué à la surveillance dans les établissements du secondaire se réduit , le ministère trouve les moyens d’ abonder budgétairement et philosophiquement ce qui s’apparente à un embrigadement obligatoire pour tous les jeunes à partir de 16 ans dès l’année 2019.

« Ensemble pour une école inclusive » : Quelle concertation ?
3 points auraient dû être étudiés :
1 -Attendus des familles et des associations pour une scolarisation de qualité des élèves en situation de handicap
2 Un métier d’accompagnant attractif avec des perspectives d’avenir
C’est le seul groupe de travail où les accompagnants AESH (dont 2 collègues AESH des collectifs Loi 2005 AESH) peuvent être conviés à exprimer leur avis d’où leur légitime colère
3 – Mise en œuvre de l’expérimentation des Pôle Inclusifs d’accompagnement localisé (PIAL),

La concertation sur l’école inclusive lancée le 22 octobre 2018, est censée déboucher sur un ensemble de mesures le 11 février 2018, date anniversaire de la loi 2005.
De concertation, ce dispositif n’en n’a que le nom, aucune concrétisation réelle de cette concertation pour les 340 000 élèves scolarisés, dont 175 000 se sont vus notifiés le besoin d’être accompagnés et pour les 29 000 accompagnants en contrat aidé et 45 600 aesh contrat droit public , équivalent temps plein.
12 000 à 15 000 élèves sans accompagnant après la rentrée et 2000 à 3000 d’entre eux non scolarisés faute d’accompagnement.
Dans l’ Académie de la Réunion : une circulaire diffusée aux personnels ne peut traduire la réalité des enfants porteurs de handicaps scolarisés .

Les attendus de ce semblant de concertation sont d’ores et déjà connus :
Les conditions de travail des AESH ne sont pas attractives, contrairement à ce que raconte M. Blanquer ces personnels ne gagnent pas 1300 euros par mois car leur temps de travail ne dépasse pas une vingtaine d’heures, voire moins car la plupart sont à temps partiel, et il leur faut enquiller 6 cdd avant de pouvoir prétendre à un CDI.
La mise en place des PIAL et leur généralisation permettra ainsi d’optimiser les emplois du temps des AESH, limiter les accompagnements individualisés et ainsi obtenir les économies recherchées. Le ministère imposera plus de contraintes de services comme l’accompagnement mutualisé sur plusieurs élèves et plusieurs établissements comme la norme et l’obligation d’accompagnement sur l’aide aux devoirs à l’école et les sorties scolaires avec nuitées.
En effet, le ministère n’a aucune intention de rendre les conditions d’emploi et les conditions de rémunération des AESH plus favorables. Le ministre a écarté toute sorte de débat concernant l’école inclusive, le statut des AESH, la loi ELAN…et le statut des AESH sera gérer par le biais de circulaires et les seules perspectives qui seront données se trouveront dans le péri et l’extra-scolaire avec un autre employeur et donc d’autres contraintes.

 

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