Le ruissellement par le mépris plutôt que par la confiance


Chaque semaine, voire chaque jour, M. Blanquer nous abreuve d’un certain nombre d’inepties, d’injonctions, de contradictions depuis sa nomination en 2017, et le pire c’est le mépris abyssal envers notre profession et tous ceux qui l’exercent, qui transpire par l’ensemble de ses pores .
La situation exceptionnelle que nous connaissons aurait pu être pour lui l’occasion d’œuvrer véritablement envers les personnels qui accompagnent les élèves du mieux qu’ils le peuvent.
Pourtant , il n’a cessé depuis le début de la crise sanitaire, de se voir inlassablement contredit par les directives présidentielles , concernant notamment la sécurité des personnels et des parents à qui il fut dit que les écoles ne fermeraient pas, puis que la moitié des enseignants ( ensuite ce fut 10%) devrait s’y rendre à toutes jambes au mépris du simple bon sens .
Mais M. Blanquer ne se départit pas de sa morgue, continue à pérorer dans les médias , distillant des petites phrases sur la suppression des vacances d’été, puis sur le baccalauréat , aura-t-il lieu n’aura-t-il pas lieu ????en usant de feinte comme à son habitude, en tâtant le terrain… A la fracture scolaire ordinaire que connaît notre système éducatif, se rajoute celle liée à la gestion du COVID-19 : le maintien de PARCOURSUP aux dates prévues est ainsi un non-sens absolu . La continuité pédagogique dont se vante M. Blanquer se heurte à la réalité de notre terrain, les plus pénalisés seront les plus pauvres, déjà les plus démunis en temps normal. Et l’on ne peut faire croire à l’opinion publique qu’il est possible de pallier intégralement l’absence de cours : cela est faux, les personnels le savent, s’adaptent, cherchent des solutions et cela ne peut se faire en quelques jours : l’éducation nationale est face à son incurie en matière informatique, il est facile d’invoquer la protection des données sensibles en temps ordinaire et de s’y trouver confronter actuellement. Les outils informatiques dont nous disposons ne peuvent répondre à l’ensemble des besoins et faire croire que tout va bien comme le fait M. Le Recteur est un leurre. Laissons les personnels travailler sans laisser croire que tout est possible.
En plus de ces difficultés, les enseignants se voient harceler par des ordres et contre-ordres , toujours soupçonnés de ne rien faire, les directeurs et directrices sont sur sollicités de mails, d’appels téléphoniques et autres dans un véritable climat d’hystérie peu propice à trouver des solutions pour accompagner nos élèves .
A l’instar de leur ministre , un certain nombre d’ IEN font ruisseler un même mépris ministériel basé sur le soupçon, bien loin de la bienveillance dont on nous abreuve pourtant, alors même que l’on sait que la valorisation et la confiance placées auprès des personnels connaîtraient de véritables résultats.
Mais pour l’heure ,nous atteignons le summum de l’abjection quand l’IEN des Bouches du Rhône demande aux directeurs (trices) de sa circonscription , le nombre de décès des personnels ou bien quand un autre indique un point relais pour rencontrer les parents au mépris d’un véritable risque sanitaire . De nombreux personnels sont atteints du COVID-19, combien vont en mourir ?
Mais l’exemple vient bien du sommet de la hiérarchie et c’est cela que nous voulons voir évoluer ; en toutes circonstances notre ministre n’est pas à la hauteur, il ne saurait démissionner car ce serait reconnaître qu’il s’est trompé.
Il nous faut, personnels, parents demander sa démission.
Le bureau du SAIPER UDAS

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