À gauche, Meherzia Labidi, vice-présidente islamiste de l’Assemblée Nationale Constituante (ANC), celle qui  a déshonoré la Tunisie en invitant, à plusieurs reprises et avec une extrême courtoisie, Brahim Kassas, le fou à lier de l’ANC, à poursuivre ses propos dégradants et calomnieux à l’égard de la femme, en général, et tunisienne, en particulier, et en sommant l’assemblée révoltée par ces propos de se taire et de les écouter; ce qui a encouragé, en outre, Brahim Kassas à offrir à l’assistance un fâcheux interlude en agressant verbalement et physiquement une constituante et un constituant  qui ont osé le contredire*. Au cours de ces agressions, Meherzia Labidi s’est comportée en témoin entièrement passif et non en tant que présidente d’une séance parlementaire qui a mal tourné. Il convient de souligner, dans ce contexte, que Meherzia Labidi, habituellement, a la main légère sur la fermeture des micros des intervenants dépassant le temps qui leur est imparti ou ne respectant pas les règles de bienséance, surtout quand les constituants ne sont pas de son bord. Et tout cela s'est passé ce jeudi premier mai 2014, lors de la séance finale consacrée au vote de la loi électorale, dans le cadre du débat sur l’article relatif à la parité verticale et horizontale entre femmes et hommes sur les listes électorales : d’après moi, dans ce scandale, Meherzia Labidi est autant fautive que le fou déchaîné de l’ANC, ne mérite pas d’occuper le perchoir et devrait démissionner, pour son inconscience, son incompétence  ou même encore sa connivence, compte tenu du fait avéré que la quasi-totalité des islamistes et leurs dérivés, y compris leur grand gourou**, pensent comme Brahim Kassas, quant aux Droits des femmes ;

à droite, Khaoula Rachidi, à l’époque étudiante en master de littérature française à la Faculté des Lettres, des Arts et des Humanités de la Manouba (FLAHM), celle qui a honoré la Tunisie en s’opposant, au risque de sa vie, à la profanation du drapeau national par un salafiste djihadiste***.

 

Addenda : À l’attention de Meherzia Labidi, vice-présidente  de l’Assemblée Nationale Constituante.

Article 100 du Règlement Interne de l’Assemblée Nationale Constituante Tunisienne

« Si un membre perturbe l’ordre des plénières, le président de la séance peut l’avertir ou le convoquer à son bureau. S’il persiste, il peut lui refuser la parole durant la séance ».

Source :

http://www.marsad.tn/uploads/documents/RI_ANC_fr_Tunisie_BsiliAdeL.pdf

 

Salah HORCHANI

*http://blogs.mediapart.fr/blog/salah-horchani/010514/droits-des-femmes-communique-de-la-presidence-de-la-republique-tunisienne-propos-des-declaration  

Pour lesdites invitations à Brahim Kassas et sommations à l’assemblée de Meherzia Labidi, voir la vidéo suivante aux minutes  1 : 02 et 1 :19 à 1 :50 ; quant à « l’interlude », il débute à la minute 2 :36

http://www.youtube.com/watch?v=rYhyICDYNA4

** "La femme est un simple objet sexuel par Rached Ghannouchi, président-fondateur du parti islamiste tunisien Ennahdha :

« La femme est un simple objet sexuel. La différence entre les deux sexes  repose, essentiellement,  sur les fonctionnalités sexuelles, et les spécificités de la femme tournent autour de ses fonctions sexuelles (…) Chaque spécificité de la femme a un lien avec sa fonction sexuelle ou est le résultat de cette fonction,  essentielle chez la femme et qui est le fondement de la nature féminine,  alors que toute autre caractéristique reste secondaire, tout aussi fondamentale soit-elle» (sic).

Traduction à partir de la page 50 du livre de  Rached Ghannouchi écrit en arabe sous le titre  « Al maraa beina al Qoraan wa waqea al muslimin » (La femme entre le Coran et la réalité des musulmans), Maghreb Center for Researches and Translation, London, 2001.

*** http://www.youtube.com/watch?v=Ej6fN3RoJt0

Sur cette Vidéo, on voit, d’abord, à la minute 1:48, un barbu en qamis (genre de longue chemise ressemblant à une robe !) sur la terrasse d’un bâtiment de la FLAHM  commettant le sacrilège  d’arracher notre drapeau national, aux couleurs rouge et blanc, pour le remplacer par le drapeau noir et blanc de son mouvement fondamentaliste djihadiste. Ensuite, on voit, à partir de la minute 2:42, une jeune fille (Khaoula Rachidi), en pantalon, courir puis  escalader le mur et, une fois sur la terrasse, elle essaye de s’opposer  à la profanation du drapeau national. Elle fut jetée, brutalement, à terre par ledit barbu qui l’a menacée, ensuite, à l’aide d’un bâton, à partir de la minute 3:20. On voit, de la minute 4 :36 à 4 :51, un salafiste déchirer notre drapeau national et le jeter par terre.

 

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La énième sortie de Gassas : Si Sayed s’invite au Bardo (1/2)


Il faudra s’attendre à avoir non pas un Gassas mais plusieurs dans la prochaine assemblée, pour une législature de cinq ans.


Ce n’est pas la première fois que Brahim Gassas, député dit indépendant, après avoir pratiqué à loisir le tourisme partisan, défraye la chronique. Seulement, pour cette fois-ci, le dernier incident de la plénière du 1er mai dépasse l’entendement, voire les règles de bienséance.


Après avoir demandé d’intervenir et insisté pour bénéficier de son temps de parole entier, Gassas commence à lire une intervention écrite, donc réfléchie, transcrite et pleinement assumée, qui dit ceci  en substance : «Nous n’avons pas besoin de parité, la femme doit se contenter d’éduquer ses enfants, et de laver les pieds de son mari quand il rentre. Même au lit, la religion lui interdit de tourner le dos sans l’autorisation de ce dernier».


On croirait entendre le personnage despotique et ambigu de Néjib Mahfoudh, «si Sayed»,* parler de la pauvre et soumise «Amina», sa femme. A ce détail près : Gassas s’est trompé d’époque et de lieu. Il n’est pas si Sayed, c’est un constituant démocratiquement élu. Nous ne sommes pas dans les années 50. Et le Bardo n’est pas situé à Khân Al-Khalili, dans l’impasse des deux palais*. 


La brève et controversée allocution de Gassas, interrompue dans le désordre et la séance suspendue, n’a cessé depuis de provoquer les réactions en avalanche, provenant de l’exécutif, de la société civile et d’une multitude de Tunisiens et Tunisiennes qui se disent choqués. A vrai dire, il y a de quoi. En deux temps, trois mouvements, Gassas efface d’un revers de main l’histoire de ce pays, le combat de la femme tunisienne et ses victoires converties en lois, ainsi que les acquis des droits de l’Homme dans leur portée universelle.

Il renie, paradoxalement, les dispositions de la Constitution que ce député est censé avoir élaborée avec ses collègues, femmes et hommes. Parlons de ses collègues, justement : Salma Baccar, la présidente du groupe démocratique, annonce le boycott des travaux de l’ANC, et une plainte que les femmes de son bloc comptent porter contre Gassas, pour préjudice moral.

(à suivre)