« Méfie-toi, l’araignée qui te piquera, se trouve souvent là où tu dors paisiblement » (Etienne Delcroix).

 

Béji Caïd Essebsi, à gauche, répondant à l’affectueux diminutif de « Bajbouj », dont la candidature aux élections présidentielles est soutenue par les anti-islam politique, et, à droite, Rached Ghannouchi, Président-fondateur du parti islamiste tunisien Ennahdha, parti qui a soutenu, de fait, au premier tour des dites élections, le Président sortant Moncef Marzouki*.

Quoique déclare Ennahdha, pour ce qui concerne le second tour des élections présidentielles (neutralité, abstentions, soutien à Bajbouj,…), il ne faut absolument pas lui faire confiance, car, ne l’oublions pas, pour la Confrérie des frères musulmans, dont Ennahdha est la succursale tunisienne, la Taqiya (تقيّة)** , une  des pierres angulaires de sa culture et de sa pratique politique et cultuelle, implique que l’usage du mensonge, du double langage, de la ruse, de la promesse et de l’engagement non tenus, de la supercherie,…sont halals, pour les besoins de sa cause !


Addenda

Un ami Facebookeur, répondant aux initiales F.J. qui se reconnaitra, a écrit ce qui suit, en commentaire de ce billet :

« LE BAISER DE LA MORT :

Si le Majliss Echoura [=le Conseil consultatif d’Ennhdha qui est sa plus haute instance  entre deux congrès ] déclare demain, par la voix de Sidna Echeikh [=Notre maître le Cheikh, sous-entendu Rached Ghannouchi], qu'il apporte son soutien à Si Béji [=Monsieur Béji ], cette déclaration, qui ressemblera comme 2 gouttes d'eau à ce qui est communément appelé "le baiser de la mort", risque de faire remonter MMM [=Moncef Marzouki] parce que leur base est têtue.

Surtout, qu'en plus, 100.000 voix manqueront pour cause de congés scolaires.

Sauriez-vous lui [=Béji Caïd Essebsi] faire remonter ce double handicap ? ».


En conséquence :

QUOIQUE DÉCLARE ENNAHDHA,

RESTONS MOBILISÉS, PLUS QUE JAMAIS,  POUR BAJBOUJ !

 

Salah HORCHANI

* Voir mon billet intitulé « Présidentielles tunisiennes 2014 - Bajbouj et Tartour - Le quintil du jour », paru sous le lien suivant :

http://blogs.mediapart.fr/blog/salah-horchani/251114/presidentielles-tunisiennes-2014-bajbouj-et-tartour-le-quintil-du-jour

** Le terme « Taqiya » est un mot arabe que l’on peut traduire par l’expression  « pratique de la dissimulation », mais dans le cadre d’une morale altruiste, dont un corollaire immédiat est la pratique du double discours qui n’est pas, uniquement, une caractéristique de certains milieux islamiques, puisqu’elle  fut tolérée, par exemple, dans les milieux jésuites ; «le Pari de Pascal» en est l’extrême raffinement ! Cette pratique a, principalement, deux utilisations dans les milieux islamiques. La première, qu’on pourrait appeler la Taqiya défensive ou positive et  qui fut, historiquement, la plus répandue, a consisté à dissimuler ses convictions religieuses afin d’éviter les persécutions. Ce fut le cas, par exemple, de groupes minoritaires chiites vivant au sein d’une majorité sunnite ou bien des minorités musulmanes de l'Espagne et du Portugal de la Reconquista, en observant clandestinement leur pratique religieuse tout en se comportant cultuellement, publiquement, comme la majorité. La seconde utilisation, qu’on pourrait appeler la Taqiya offensive ou négative, fut théorisée à l’extrême par Hassan Al-Banna et a retrouvé sa réelle dimension avec la Confrérie des frères musulmans qu’il a fondée. Ainsi, Hassan Al-Banna exige de ses ouailles d’être capables de faire preuve de « patience, de dissimulation et de préservation du secret ». Cette théorisation, qui a mis Machiavel et ses théories échec et mat, a impliqué dans la pensée des frères musulmans plusieurs corollaires  parmi lesquels on peut citer :

- garder secret ce que l’on prépare et dire et montrer le contraire ;

- pour les besoins de la cause, pour éviter les confrontations directes ou pour gagner en respectabilité, la pratique de  la tromperie active est permise et même conseillée, par exemple, participer à des processus électoraux tout en étant, en son for intérieur, de farouches adversaires de la démocratie qu’ils incarnent, puisque le label de l’islamisme (dans le sens de l’Islam politique) est constitué par l’axiome : La Sharia est Constitution et Codes ;

et ce n’est pas le Cheikh Rached Ghannouchi qui me démentira !

Le Club est l'espace de libre expression des abonnés de Mediapart. Ses contenus n'engagent pas la rédaction.

Les commentaires sont réservés aux abonnés.