Amendement 70,  au niveau de l’Article 127

=

Cheval de Troie de la Sharia

 

À la page 75 du lien  [1] a. , ci-dessous, il existe un amendement relatif au Projet de notre Constitution, déposé par qui vous savez et portant le numéro 70, qui propose le rajout d’un Article au Chapitre «  Les Instances Constitutionnelles » qui porterait le numéro 127 bis relatif à la création d’une Instance Constitutionnelle intitulée :

Conseil Islamique Supérieur = المجلس الإسلامي الأعلى

ayant pour principale mission le contrôle des lois votées.

 

Ceci est la suite de la vieille entourloupette d’Ennahdha concernant :

La Constitutionnalisation d’un « Conseil Suprême Islamique » [2]

Le mardi 4 septembre  2012, le groupe des constituants islamistes  au sein de la « Commission des Instances Constitutionnelles » de l’ANC a présenté  une proposition appelant à inscrire dans la Constitution  un «Conseil Suprême Islamique », comme « Instance Constitutionnelle », proposition établissant, en réalité, une Autorité  religieuse  constitutionnelle  jouissant d’un pouvoir parallèle qui risque de mettre en péril l’essence même de l’État civil et moderne qu’est la Tunisie d’aujourd’hui.

En effet, il n’est pas nécessaire d’être un expert en Droit Constitutionnel pour se rendre compte que la Constitutionnalisation d’un  "Conseil Suprême Islamique " revient à adopter la Sharia comme  source obligée du Droit Tunisien. Car, il coule de source qu’une des prérogatives premières de ce Conseil serait de statuer sur la conformité des lois à l’Islam. Or, pour les islamistes, « il n’y a pas de différence entre l’Islam et la Sharia», d’après la déclaration, très officielle, de Rached Ghannouchi rapportée au paragraphe 4.b. ci-dessus. Donc, une des prérogatives premières de ce Conseil serait de statuer sur la conformité des lois à la Sharia : CQFD !

D’ailleurs, pour épauler  leur proposition, les constituants islamistes ont invité l’universitaire et théologien Hmida Ennaifer, un des fondateurs du Mouvement islamiste tunisien, pour argumenter, devant ladite commission, le bien-fondé de la Constitutionnalisation d’un  "Conseil Suprême Islamique ". Hmida Ennaifer n’a pas hésité à affirmer  dans sa prestation que  « L'Article 1 de la Constitution stipule que la Religion de l'État tunisien est l’Islam. Mais, nous ne disposons ni d'un référentiel islamique en Tunisie qui confirme le contenu de l'Article 1 de la Constitution, ni d'une Autorité religieuse scientifique et historique» (sic) ; ce qui est déjà une interprétation falsifiée islamiste  de cet Article 1, puisque cet Article consacre simplement l’Islam comme étant  la religion de la Tunisie, dans le sens, religion de la majorité de la société  tunisienne, et non "la Religion de l'État tunisien",  idée fixe des islamistes qu’Ennahdha va remettre, encore une fois, sur la table, sept mois après, de façon insidieuse, comme il va être exposé dans le paragraphe qui suit, prenant les modernistes, le moins que l’on puisse dire,  pour des naïfs.


Salah HORCHANI
 

[1] a. Liste complète des amendements et rajouts déposés, relatifs au Projet de notre future Constitution :

http://www.anc.tn/site/main/AR/docs/constitution/propos_proj_constit.pdf

     b. Voir, aussi, mon article intitulé  "Pour tout savoir, en temps réel, sur la genèse de la nouvelle Constitution tunisienne", paru sur le lien :

http://horchani.blog.lemonde.fr/2014/01/09/pour-tout-savoir-en-temps-reel-sur-la-genese-de-la-nouvelle-constitution-tunisienne/

[2]  Extrait de mon article intitulé  «Tunisie : Sacrée Sharia ! Chaque fois qu’on la pousse par la porte, les islamistes la font revenir par la fenêtre ! (2/4) » et paru sur le lien : 

http://horchani.blog.lemonde.fr/2014/01/03/tunisie-sacree-sharia-chaque-fois-quon-la-pousse-par-la-porte-les-islamistes-la-font-revenir-par-la-fenetre-24/

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Le Cheikh, la Charia dans la Constitution et la Laïcité

(Publié sur ma page Facebook le 2 novembre 2011, 01:26)

Dans son ouvrage « Les libertés publiques dans l’État Islamique », publié par le Centre d’Études de l’Unité Arabe (Beyrouth, 1993), Rached GHANNOUCHI écrit « que la Charia est la source principale de la législation « , et que « le rôle d’un chef d’Etat est d’accomplir la religion, d’éduquer l’Oumma selon l’Islam « . GHANNOUCHI regrette même, explicitement, dans cet ouvrage, « que les Constitutions de nombreux pays arabes ne contiennent pas d’Articles imposant la Charia comme source principale de toute législation  » (p. 54).

A propos de la Laïcité, GHANNOUCHI affirme « que l’on ne saurait concevoir de société islamique laïque, ou de musulman laïc que si ce n’est en renonçant à ce qui est essentiel en islam. Car une société ne peut être islamique qu’à condition de ne pas être laïque et d’accepter l’unicité de Dieu  » (Interview au quotidien algérien « Algérie actualité » du 12 octobre 1989).

Salah HORCHANI

Source:

https://www.facebook.com/notes/salah-horchani/le-cheikh-la-charia-dans-la-constitution-et-la-la%C3%AFcit%C3%A9/215088721893025