1. Le salafiste, élément d’un mouvement djihadiste,  recherché depuis  huit mois pour diverses violences contre les biens et les personnes, en particulier agression à l'arme blanche contre un membre des Services de l'ordre, arrêté ce lundi 10 février 2014, suite à une information communiquée à la police par un citoyen, avant et après :

ّأريانة:القبض على سلفي مفتش عنه يرتدي نقابا

 

Source :

http://www.webdo.tn/2014/02/10/le-niqab-peut-encore-tolerer-ce-camouflage/

 

2. Le point de vue du Président Moncef MARZOUKI sur les salafistes, les laïques et le niqab

 « En Tunisie, il y a deux extrêmes : l'extrême droite, représentée par les salafistes  qui ne sont absolument pas dangereux pour la société, qui a beaucoup souffert et qui ne veut pas se laisser faire, et l'extrémisme des laïques (plus dangereux, ceux-là !)(…) [Les salafistes sont] dangereux pour l’image de la démocratie,  et de manière isolée. Mais, ils ne le sont pas pour l’État ni pour la société  » ; dixit, en substance, le Président Moncef MARZOUKI, voir, par exemple :

http://blogs.mediapart.fr/blog/salah-horchani/130413/les-elucubrations-de-moncef-marzouki-president-provisoire-de-la-republique-tunisienne-et-bricole

http://geopolis.francetvinfo.fr/tunisie-la-democratie-en-marche/2013/04/15/le-president-tunisien-a-paris-entre-femens-et-opposants-2.html

Oh ! Mon Dieu ! Et dire que cette déclaration du Président Moncef MARZOUKI a été faite dix semaines  à peine après l’assassinat du Martyr Chokri BELAÏD par le terrorisme islamiste ! Est-ce de l’inconscience, de l’incompétence, de la connivence ou bien les trois à la fois ?

Quant à la position du Président Moncef MARZOUKI concernant le niqab, elle est bien résumée dans sa déclaration-hors-la-loi et irresponsable suivante :

« Je ne peux pas comprendre et je n’accepte pas que l’on empêche les étudiantes de passer leurs examens en portant le niqab »,

déclaration-hors-la-loi faite le 16 mai 2013 à l'occasion du Dialogue national, en pleine période d’examens universitaires (Eh ! Oui !, il n’a pas choisi son moment, Monsieur le Président !), déclaration qui montre, à l’instar de la citation ci-dessus, que le Président MARZOUKI mérite bien l’appellation de «Président-diviseur »  (sous-entendu, des citoyens) qu’on lui attribue, déclaration qui a conduit à de graves perturbations, occasionnées par des salafistes  voulant imposer le port du niqab dans les salles d’examens, port explicitement prohibé par deux jugements du Tribunal administratif et par les Règlements intérieurs de la quasi-totalité des établissements  dont la Faculté des Sciences de Tunis, mon port d’attache et mère des institutions universitaires. Voir, à ce sujet :

http://www.businessnews.com.tn/details_article.php?a=38124&t=520&lang=fr&temp=3

http://blogs.mediapart.fr/blog/salah-horchani/011113/le-president-voyageur-tunisien-continue-voyager-alors-que-le-terrorisme-islamiste-continue-sevir

Le plus grave à ce propos est que le Président Moncef MARZOUKI n’a fait que se plier aux exigences des chefs salafistes. En effet, à la minute 2 : 38 de la vidéo suivante :

http://www.youtube.com/watch?v=EJoGtnXAM6c#t=169

relative à la conférence de presse tenue par ces derniers à la Mosquée du Campus Universitaire d’El Manar, à l’issue de l’entrevue que leur a accordée le Président Moncef MARZOUKI, au Palais de Carthage le 11 octobre 2012, le chef  salafiste djihadiste Khamis Mejri (voir paragraphe 3. ci-dessous) confirme la position de ce dernier concernant  le niqab, ainsi que la demande qu’ils ont formulée pour qu’il intervienne en faveur des étudiantes niqabées, ce que fera le Président Moncef MARZOUKI le 16 mai 2013, comme il est exposé ci-dessus.

Autrement dit, le Président de la République tunisienne Moncef MARZOUKI, magistrat suprême de la Nation, préfère se plier à la volonté des salafistes plutôt que se plier à la loi représentée par les arrêts du Tribunal administratif !

Enfin, le texte qui suit donne une idée générale de ce que beaucoup de citoyens pensent sur les performances de leur Président provisoire :

 « Il serait fastidieux de rappeler ici toutes les performances douteuses du président [Moncef MARZOUKI] qui, en si peu de temps, ont fait beaucoup de mal au pays, à ses intérêts et sa réputation. Et l’on se surprend à remercier Dieu que Marzouki n’ait été doté que de pouvoirs symboliques. Qu’aurait été notre sort et que serait devenue la Tunisie si ce président provisoire avait les pouvoirs de Bourguiba ou de Ben Ali ? Rien qu’à poser la question, on a déjà les cheveux dressés sur la tête » [1] .


3. Photos-souvenir  du Président Moncef Marzouki honorant au Palais présidentiel de Carthage des salafistes et/ou des terroristes :

 

Khamis Mejri, qui figure ci-dessus  (sur la photo située en bas, à gauche) assis à la droite du Président Moncef MARZOUKI, donc occupant la place la plus privilégiée, protocolairement, a qualifié, le 9 février 2014 sur le plateau de l’émission «Pour ceux qui osent, seulement» (Ettounsiya TV), Kamel Gadhgadhi, l’assassin présumé de nos martyrs Chokri BELAÏD et Mohamed BRAHMI et l’égorgeur présumé de  nos soldats au Djebel Chambi, de martyr et Ben Laden de héros. Cette photo date du 11 octobre 2012. Une semaine auparavant, le mercredi 3 octobre 2012, Khamis Mejri a fait l’apologie du Djihad et d’Al Qaïda [2], au cours d’une interview diffusée en prime time sur la chaîne de propagande islamiste, pour ne pas dire salafiste, Zitouna tv. Khamis Mejri « a [aussi] confirmé l’existence d’attentats programmés » et prévenu « que la jeunesse salafiste est pour le moment sous contrôle, mais que si la répression continue, cette jeunesse peut avoir des comportements incontrôlables » [3]. Khamis Mejri a comparé le port du niqab à celui d’une cravate !, voir, à ce sujet, le lien suivant :

http://www.youtube.com/watch?v=iMc8ZLDpolM   

Enfin, pour Khamis Mejri, « Il n'y a aucune différence entre l'obligation de jeûner et celle du Djihad (…) [Quant aux] révolutions arabes (…), c'est Al Qaïda qui est derrière. Les peuples sont sortis pour répondre à l'appel d'Al Qaïda qui leur demandait de se soulever contre les tyrans impies » [2].

 

Après tout cela, ne me dites pas qu’il n’existe pas une complicité certaine et troublante entre les salafistes (en général, et le chef salafiste djihadiste Khamis Mejri, en particulier) et le Président Moncef MARZOUKI !  Surtout, quand on sait, d’abord, que ce dernier ne cesse de proclamer à qui veut l’entendre, à Tunis, à Paris ou ailleurs, « que le courant salafiste faisait partie du tissu social tunisien » [4] [comme aurait dit l’autre «que le courant bouddhiste faisait partie du tissu social français » ou, plutôt, «que les chemises brunes faisait partie du tissu social allemand »] et quand on sait, ensuite, qu’une demande formulée (et réitérée) par les juges du Tribunal  administratif, ceux-là mêmes qui ont interdit le port du niqab dans les salles d’examens, pour être reçus par le Président Moncef MARZOUKI, s’est heurtée, jusqu’à ce jour, à une fin de non-recevoir [1] ; ceci explique peut-être cela !

 

4. Le Président-hors-la-loi Moncef  MARZOUKI a porté atteinte, encore une fois, à l’État de droit, et cette fois-ci, en transmettant ses propres pouvoirs à un groupe d’imams !

Laissons parler Maître Martin  Pradel, avocat au barreau de Paris et membre du Groupe d'Action Judiciaire de la Fédération Internationale des Ligues des Droits de l'Homme (FIDH) :

 « Quand le Président de la République demande l'approbation d'un corps intermédiaire, aussi respectable soit-il, pour prendre une décision de grâce que sa propre conscience lui impose - du moins est-ce ce qu'il a dit- il abandonne les prérogatives qui lui ont été confiées en application des règles démocratiques dont il devrait être le gardien scrupuleux (…) Cette annonce d'une consultation des Cheikhs par le Président MARZOUKi pour formaliser la grâce de Jabeur [MEJRI] est très dommageable pour la Tunisie. Elle pose une question très grave dans un État démocratique, car la Constitution ne donne pas au Président de la République le pouvoir de transmettre ses propres pouvoirs à un autre que lui-même » [5].

Ces Cheikhs dont il est question sont, en vérité, les membres d’une délégation d’imams, reçus le lundi 20 janvier 2014 au Palais présidentiel de Carthage pour un autre sujet, à savoir « la nécessité que la nouvelle constitution s’appuie sur la Sharia ». Et c’est au cours de cette entrevue (voir la photo ci-dessous) qu’a eu lieu ladite transmission de pouvoirs présidentiels [6].

  

 

Note ajoutée le 05 septembre 2014 :

Arrestation de 11 individus dont trois en niqab pour trafic d’armes

La brigade antiterroriste en collaboration avec les unités de la Garde nationale à Sidi Bouzid ont arrêté mercredi, 3 septembre 2014, onze individus dont trois portant un niqab à Zaâfrya et qui seraient impliqués dans les derniers événements de Ben Guerdane où une importante quantité d’armes a été saisie, rapporte Shems Fm, soulignant que les suspects ont été transférés à Tunis aux fins de la poursuite des investigations.

Source :

http://www.africanmanager.com/detArticleP.php?art_id=171477

 

 

Salah HORCHANI

[1] http://www.leconomistemaghrebin.com/2014/02/14/president-provisoire-clefs-palais/

[2] http://www.lecourrierdelatlas.com/337704102012Tunisie-La-troublante-interview-de-Cheikh-Khamis-Mejri-sur-Zitouna-tv.html

[3] http://www.tunisienumerique.com/moncef-marzouki-est-aussi-un-salafiste-selon-khamis-mejri/149447

[4] http://etudiant.lefigaro.fr/les-news/actu/detail/article/tunisie-le-niqab-autorise-a-l-universite-1906/

[5] http://www.businessnews.com.tn/jabeur-mejri--detournement-de-fonds-pour-une-affaire-qui-derange,519,44455,3

[6] http://www.gnet.tn/actualites-nationales/tunisie/-constitution-des-imams-appellent-a-se-referer-a-la-charia/id-menu-958.html

http://www.youtube.com/watch?v=_qbmNvGGhuQ

 

 

 

 

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