Tunisie, présidentielles 2019 : Le choix de leur «oiseau rare» est un réel espoir !

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Se voyant majoritaire à l’Assemblée
Le gourou, un « oiseau rare » il cherchait
Non-islamiste, mais, non éloigné
Avec de bonnes chances d’emporter
La bataille pour le tunisien Élysée
Qui est en train de s’échafauder
Son parti, pense-t-il, ne pourra pas briser
Le «plafond de verre» qui est toujours là, dressé
Pour, à tout candidat de son sérail, s’opposer
Alors qu’un « oiseau rare » peut limiter les retombées
Négatives de cette élection sur leur destinée
C’est comme ça que, à chaque échéance, il a opéré
Et cette stratégie d’« oiseau rare » lui réussissait
Pour, au Palais de Carthage, le placer
Servant à Ennahdna de marchepied
De caution et de bouclier
Pour faire oublier tous ses méfaits passés
Parmi lesquels, au plus près, on peut citer
Son SSS, Système Sécuritaire Secret
Responsable d’assassinats supposé
Où des hommes de gauche ont été ciblés
Pour permettre aux siens l’immunité
Pour enterrer ses écarts pécuniers
Les poursuites judiciaires, lui éviter
Et la faire gagner en  respectabilité
Pour faire taire les enquêtes du pôle financier
Sur leur argent sale sentant l’hydrocarboné
Argent qui m’a valu, à Paris, un retentissant procès
Par l’international Cabinet d’avocats qu’ils ont engagé
Devant son TGI situé sur l’Île de la Cité
Procès que, haut la main, sans avocats, sans appel, j’ai gagné
D’ailleurs, je suis sur un autre article sur le même sujet
Que, quand les législatives seront imminentes, je publierai
Oserait-il porter encore plainte, après ce camouflet ?
L’« oiseau rare », il pensait aussi l'utiliser
Pour perturber, affaiblir et diviser
Les modernistes et leurs alliés
Un « oiseau rare » il voulait dénicher
C’est toute une volière qu’il a trouvée
Chantant le même refrain, la même épopée
Qui l’empêche, comme jadis, de manigancer
En tête à tête avec un seul intéressé
En outre, certains membres de la volière voudraient
Sur les législatives, des quotas, s’approprier
Ah ! Ces « oiseaux rares » se sont vraiment émancipés
Volet que le gourou ne veut pas soulever
Car, pour lui, le pouvoir se trouve à l’ARP *
D’après la Mère des lois, ce qui est vrai
Et, sur ce point, il ne veut rien céder
Prétendant que ce n’est pas d’actualité
Il craint surtout que son socle soit dispersé
Qui, déjà, a été lourdement amputé
De presque deux tiers de ses  abonnés
Comme, aux dernières municipales, il est prouvé
Alors que son maillage du territoire est serré
Qui plus est, l’adieu de Bajbouj l’a perturbé
Adieu qui a bousculé l'ordonnancier
Car, les échéances, il a permuté
Lui, qui, en 2014, a tout fait
Afin que les présidentielles soient précédées
Des législatives, situées en premier
Pour que la présidence reste à négocier
Avec les partis sortis bien placés
Dans la course pour les mandats de député
Ainsi le rôle du Parlement se trouve renforcé
Puisque le Président, grâce à lui, aurait émergé
Même s’il est élu au suffrage universel, au populaire degré
Et les islamistes sont parlementaristes, comme tout quidam le sait
Quand, la méthode violente et le terrorisme, ils laissent tomber
Et s’ils n’avaient pas la majorité, un rôle de parti pivot leur suffirait
C’est l’essence de la tactique que, depuis 2011, ils ont expérimentée
Leur permettant d’être, dans tous les gouvernements, une formation clé
Le seul parti à y avoir été, depuis cette année, sans discontinuité
Un président ne leur est utile que pour les protéger, le manipuler
Afin de leur permettre d’acquérir un label de fréquentabilité
Surtout, en ces temps durs où, en leur défaveur, le vent commence à tourner
Car, un de leur dogme est que le peuple finira par les plébisciter
Un jour, et, il leur donnera la majorité absolue à l'ARP
Ainsi, ils pourront appliquer leur projet, rêvent-il, par la voix démocratisée
Pas besoin d’attentats suicides, ni kalachnikov, ni bazooka, ni mortier 
Thème que le gourou ne cesse, devant ses adeptes, de développer
Par exemple, à l’époque où dans notre Constitution renouvelée
Grâce au combat des modernistes, toutes tendances confondues, rassemblés
D'inscrire la Sharia comme principale source des lois, ils avaient échoué
Et cela, lors de déploiements  populaires spécialement organisés
Pour remonter le moral bas de ses troupes, par cet échec, assommées
«Cette fois-ci, pour adopter la Sharia, nous n’avions pas la majorité
Prenez patiente, mes frères », leur a-t-il déclaré, rassurant,dans la foulée
« Sûrement, un jour viendra où ils comprendront que la Sharia est bonté
Baraka et justice, elle est toute miséricorde », a-t-il insisté
En poursuivant « on l’adopterait, si la majorité nous était donnée»
Car, développe-t-il, Sharia et Islam, c’est bonnet blanc et blanc bonnet
La démocratie parlementaire, ils s’en serviront, pour la jeter après
En confectionnant une nouvelle Constitution à l'ayatollah Khomeiney
«Reposant sur la souveraineté du peuple et la divine volonté»
Comme il est, dans la Constitution iranienne de 79, mentionné
Cette stratégie des «frères» a été, par Erdogan, magistralement résumée :
« La démocratie est comme un train. Une fois, à destination, arrivés
Vous pouvez en descendre », c’est-à-dire, une fois les élections gagnées
Citation qui, par la phrase suivante,  pourrait être compléter
«Traverser les rails et, par un train venu des ténèbres, se faire écraser»
Je disais donc, l’adieu de Bajbouj l’a perturbé
Et le doute chez lui s’est installé
Il n’a jamais  été aussi inquiet
Ne sait plus à quel saint se vouer
Et se demande sur quel pied danser
Pour faire face à l’inévitable raclée 
Son songe de majorité s’est envolé
Et toute sa stratégie, il l’a chamboulée
À son plan initial, il a renoncé
Pour limiter les dégâts annoncés
L’«oiseau rare» sera un nahdhaoui baptisé
Pendant que tous les candidats étaient polarisés
Sur l’heureux élu qui, de sa chéchia, sortirait
Ainsi le gourou a enfin décidé
Le titulaire du perchoir, il a préféré
C’est par téléphone qu’il l’a avisé
Pour ne pas être out, ils l’ont proposé
Mourou, Abdelfattah, prénommé
Puisqu’il est des leurs, dans leur lignée
Et, pour être un filou, c’est un parfait
Pour berner encore mieux l’Étranger
Avec son éloquence colorée
Sa trompeuse bonhomie affichée
Et son double langage confirmé
Avec un excès de zèle démesuré
Dans la défense d’une chose et son opposé
En dépit de ses déclarations enregistrées
À l’époque où Ennahdha gouvernait, et même après
Où, la pensée islamiste pure et dure, il prônait
Avec une extrême conviction fanatisée
Sur un ton haineux, agressif et enflammé
Et une gesticulation menaçante et excitée
Qui rappelle la posture de celui que vous savez
Celui à la moustache droite et la mèche de côté
Déclarations et prêches porteurs de radicalité
Que, sur YouTube ou Dailymotion, on peut visionner
Où, à la violence religieuse, il a appelé
À la dictature théocratique qu’il faut adopter
À un «État oppresseur pour l’instaurer
À travers lequel la sharia sera appliquée 
À la méthode forte pour commander 
Quitte à séparer les enfants des parents entêtés
Les femmes de leurs conjoints progressistes, modernisés
Pour les former, les embrigader, les endoctriner
Et ce pouvoir que, à tout prix, il ne faut plus lâcher »
Déclarations enregistrées où il a spécifié
« Il ressort, après avoir considéré et évalué
L’expérience que nous avons vécue depuis dix siècles, à peu près
Amère expérience qui montre que l’islam, par nous, préconisé
Ne peut survivre qu’à travers l’État, un État fort sans pitié
Qui puisse réduire nos adversaires et leur existence, les éradiquer
Rappelez-vous des slogans qui étaient magnifiquement scandés
Dans nos villes et villages, rues et chemins, dans toutes nos contrées
Lors de manifestations conduites par des enturbannés
Des barbus, des cheikhs, des prédicateurs, des savants distingués
Tous ils ont appelé pour que la Sharia soit appliquée
Par un gouvernant oppresseur qui doit par la force gouverner
Au vu de ce que nous manifestent nos adversaires en hostilité
L’ État islamique que nous souhaitons établir restera inachevé
Si leurs complots ne sont pas identifiés, mis en échec et contre eux renvoyés
Ce n’est pas selon les compétences que nous devons recruter
Mais, selon l’obédience, de peur que la compétence puisse cacher
Une hostilité qui, un jour, contre nous peut se retourner 
Et, je sais, beaucoup des nôtres et de nos citoyens nous ont reproché
Que les patentés de l’obédience, à ceux munis de compétences, soient préférés
Sachez que cette occasion qui nous est offerte ne sera pas renouvelée 
Nous sommes la majorité, nous sommes les enfants de ceux qui, pour nous, ont voté
C’est pour cela que nous nous sommes attachés fermement à la légalité
Nous ne sommes pas naïfs pour, de cette prise du pouvoir dont nous jouissons, nous délester
Au profit des autres, en attendant enfin qu’il y ait un consensus réalisé
Nous considérons que cette occasion est notre occasion, si elle était ratée
Nos valeurs et nos fondamentaux qui furent perdus pendant de longues années
Et le but de notre vie pour lequel nous avons souffert et, les prisons, supportées
S’évaporeraient. Nous défendrons nos places où nous nous trouvons profondément ancrés
Nous sommes attachés à nos projets et personne ne pourra nous en détourner »
Ainsi parla Adolf Mourou, dans un langage proche de la langue écrite, châtié
Développant une théorie qui, à celle de Ben Laden, n’a rien à jalouser
Le même, qui, il y a 48 heures, quand sa candidature fut déposée
D’«unifier les efforts et de réunir les compétences», s’est engagé
« Afin d’œuvrer avec » ses « frères tunisiens, avec une sincère volonté
Main dans la main, pour tous les objectifs de la patrie, pour sa dignité
Pour la défense des acquis de la république, pour qu’il n’y ait plus d’animosités
Entre les Tunisiens, et pour que plus personne ne souffre d’adversités »
Quant à ses dites « recrues», pendant qu’Ennahdha, au pouvoir, sévissait
Dans la branche du terrorisme international, elles s’étaient illustrées
Et elles sont l’une des principales causes de l’appauvrissement de notre budget
En dépit de toutes les fourberies qu’il respirait
De tous les mensonges, par ses discours, portés
Doublés d’un humour et d’un visage devenu familier
Et d’une éloquence qu’il sait, avec aisance, manier
Jusqu’à en faire un guet-apens, une toile d’araignée
Grâce auxquels il arrivait, plein de gens, à tromper  
De toutes conditions, professions et spécialités
En dépit de tout cela, et j’en laisse de côté
La propagande islamiste a pu le faire passer
Pour quelqu’un de tolérant, modéré et cultivé
Et, tout le monde continue, par cette imposture, à se faire duper
Et peu de médias osent, son profil islamisto-fasciste, rappeler
Quant à Ennahdha, elle entretient de façon systématique ce portrait
En le défendant bec et ongles à chaque opportunité
Ainsi, à l’issue de la réunion du 28 février
De cette année, tenue par son exécutif Comité
Sous la présidence de son président Rached Ghannochet
Mourou représente, explique le mouvement dans un communiqué
Qui montre sa contrariété à propos des « attaques » itérées
Contre ce dernier, qu’il considère « délibérées et répétées »
Que ledit bureau exécutif a vivement condamnées,
Mourou représente, explique  cette haute islamiste autorité
« Un symbole tunisien de franchise et de responsabilité»
Qui, pour accomplir son devoir national, il est déterminé
Il est aussi « un symbole de modération et d'humilité »
Il demeure le meilleur produit qu’Ennahdha a lancé
À coups de matraquages publicitaires mensongers
Qui se présente aujourd’hui comme la vierge effarouchée
Pour, des leçons du bien-vivre-ensemble, nous administrer
Faisant oublier  les excès dont il est coutumier
Excès dans ses discours islamo- fascistes avérés
Oubli lui conférant une nouvelle identité
Validée par des médias, plus ignorants qu’inexpérimentés
Leurs propres médias et réseaux de propagande exceptés
Médias écrits, audio et visuels, nationaux et étrangers
Et les pseudo-journalistes, du reste, se sont chargés
Sans jamais être, par cette pratique de leur métier, dérangés
Matraquages qui, grâce à l’argent, des miracles, peut créer
Capables de transformer une victime en accusé
La réalité en une fiction roublardisée
Une vie de criminel en un glorieux passé
Essayant d’amnésier la mémoire collective de la société
Ainsi, au détriment de l’Histoire, leur propagande est agréée
Et les faits fallacieux prennent, sur la vérité, de l’autorité
Il a su, sa face faucon, dissimuler
Et paraître islamiste-modéré
Antinomie difficile à avaler
Seul l’Occident feint de la digérer
Par complicité ou par intérêt
Comme, depuis toujours, il s’y est employé
Et, pourtant, cet écart, très cher, il a payé
Cet Occident qui persiste à dénier
Que l’islamisme est « un », violent ou softé
Ayant une et une seule finalité :
Que la planète entière soit islamisée
Que l’Occident lise ses maîtres à penser
Cet Occident où beaucoup d’entre eux ont résidé
Où le gourou fut politique réfugié
Au Royaume-Uni, pendant plusieurs années
Bien installé, choyé et financé
Par des capitaux au Levant ramassés
Revenons à notre «oiseau rare» distingué
Avec sa jebba de soie tissée
Surmontée d’une tête enturbannée
Il sait, au religieux, très bien jouer
Ce qui, à leur électorat, plairait
Celui-là même qui, il y a un mois, disait
Exactement le 2 juillet dernier
À Midi Show de Mosaïque FM, invité
« Jamais, au grand jamais, je ne me présenterai
À une fonction quelconque politisée
Oh ! Mon Dieu, merci ! Tu m’as rassasié
Par aucune élection, je ne suis concerné
Pour les présidentielles, mon candidat, je choisirai
Car, la situation demande des capacités
Plus compétentes et mieux que moi formées
Je voudrais, à d’autres, ma place, laisser
À de plus jeunes que moi pour nous diriger
Je suis avocat, comme vous le savez
Désormais, je me restreindrai à mon métier
Évidemment, Ennahdha, je vais la quitter
Car, pour y rester, il faut y militer
C’est ce qui est, dans mon cerveau, programmé
D’autant plus que mes facultés commencent à baisser»
Après tout, ils ne sont pas à un mensonge près
Surtout que la duplicité est conseillée
Par leur Sainte « Taqiya », suivie et vénérée
À cet enturbanné, je dédie le suivant verset :
وَذَكِّرْ فَإِنَّ الذِّكْرَى تَنفَعُ الْمُؤْمِنِينَ
De la sourate 51 du Coran, tiré
Que l’on peut, par la phrase suivante, translater
« Et rappelle, car le rappel est bénéfique aux non athées »
L’inflation de candidats  illuminés
Je veux dire, islamistes et assimilés
Y compris Moncef Tartour, le Névrosé
Friand des plateaux d’Al-Jazeera télé
Dont il est chroniqueur-vedette attitré
Ex-droits-de-l’hommiste à l’égo surdimensionné
Qui fut déjà leur « oiseau rare » par le passé
Et, sous son règne, l’extrémisme fut honoré
Qui, aux milices islamistes libyennes , a livré
Baghdadi Mahmoudi, leur ex-ministre premier
Réfugié chez nous, il se croyait en sécurité
Qui, avec son fameux « Livre noir », a violé
Les archives nationales pour ses propres intérêts
Alors que, le Palais de Carthage, il occupait
Crime pour lequel il aurait du être jugé
Y compris Kaïs Saïed, à la voix  monocordée
Entre femme et homme, il défend l’IN-égalité
Homophobe, pour la peine de mort, il a toujours été
Qui, par les journaux télévisés, fut propulsé
Et qui, un grade universitaire, s’est inventé
Grand inconnu avant le 14 janvier
Avant la Révolution de la dignité
Citoyen lambda avant d’être médiatisé
Sans oublier l’historique nahdhaoui  au faux-nez
Qui prétend, aujourd’hui, les avoir abandonnés
Auquel, des attentats passés, sont attribués
Qui avait, le sixième Califat, claironné
Quand ils avaient gagné les élections pour l’ANC **
Alors que, futur chef de gouvernement, il était
Je veux nommer Hamadi Jebali au français réputé
Il y a aussi Seifeddine Makhlouf, le surnommé
« L’avocat des terroristes », qui, kalachnikov étalée,
Avec des milices islamistes, n’hésite pas à poser
Et qui accuse l’État de nous dé-islamiser
Et, le Tartour, alias Moncef Marzouki, a déclaré
Que les trois compères, dont sont donnés, ci-dessus, les CV
«Qui sont des révolutionnaires dotés d’une grande intégrité
Très proches de moi », ainsi l’ex-droits-de-l’hommiste les a qualifiés
« Membres du courant démocratique et social », a-t-il explicité
Pourraient, à son propre profit, leur candidature, retirer
Déclaration qui confirme sans aucun doute que le Névrosé
Est le Robert Menard du sud de la Méditerrané
C’est sur les ondes d’Express FM que cela s’est passé
Et pour être complet, dans ce cadre, il convient d’indiquer
Que, le lendemain, le Névrosé, sur sa page Facebook, a posté
Un démenti sur ses propres déclarations ci-dessus exposées
Et Hamadi  Jebali, au micro de Mosaique FM, s’était étonné
Par la déclaration radiophonique que le Névrosé lui avait imputée
Affirmant que  « Si Moncef, dans les dites réunions, par son absence, a brillé»
Et que, jamais au grand jamais, il n’a pensé, de sa candidature, se désister
Et cela au profit de quiconque ; même s’il s’agit d’un grand frère aîné estimé
Et qu’il s’était « étonné qu’il se soit abaissé à ce niveau », a-t-il ajouté
« Par  cette mentalité et par ce niveau minable », il s’est trouvé choqué
En affirmant que cela montre que l’on est encore loin du niveau désiré
Ce qui reste à Tartour, s’il tient, dans ce concret présidentiel, à exister
C’est de travailler l’électorat des dits compères et de, vers lui, l’attirer
Il n’a pas attendu cette proposition pour le faire, c’est déjà commencé
En incluant, de prime abord, celui d’Ennahdha, en faisant tout pour l’aguicher
Ainsi, lors d’une intervention en direct sur sa chaîne Al-Jazeera pour s’exprimer
Sur la mort de Morsi, survenue alors que, devant un tribunal, il comparaissait
Il a éclaté en sanglots, le visage entre les mains, avec des soupirs saccadés
Scène qui a fait le tour de toutes les pages islamistes et fut largement commentée
Auprès de l’électorat islamiste, on ne pourrait pas faire mieux comme publicité
Alors que, sur l’exécution de nos martyrs, on ne l’a jamais vu, la moindre larme, verser
Mais, contrairement à 2014, Ennahdha a comme «oiseau rare» un encarté
Ses chances sont donc minimes, aussi, il est prêt à vendre son âme au diable pour retrouver
Son pouvoir perdu, ses complicités et re-goûter aux fastes du Palais
Dont l’abandon l’a rendu aigri, et il n’arrive pas à s’en dégriser
Ainsi, le 29 août, il a fait on ne peut plus clair un direct appel du pied
À l’électorat islamiste en dévoilant, s’il était élu, sa priorité :
« La loi sur l’égalité dans l’héritage, à la poubelle, je la jetterai »
Dixit le Névrosé, une fois, a-t-il dit, au Palais de  Carthage, retourné
Par «respect de la foi » des Tunisiens et pour que leur cohésion soit préservée
Pensant que pour l’égalité successorale, ils ne sont pas encore prêts
Et cela, sur les plateaux d’El Hiwar Ettounsi, dans une émission très écoutée
Montrant par là  que la Constitution, il ne l’a pas encore assimilée
« Les citoyens et les citoyennes sont égaux en droits et en devoirs » est stipulé
Dans son article 21, Constitution qu’il a lui-même cosignée
Quant à la SSS - Section Sécuritaire Secrète – d’Ennahdha, tant décriée
Il juge que ce n’est qu’un «épouvantail politique inventé pour effrayer»
L’électorat salafiste et djihadiste, il essaye aussi de le labourer
Ce qui confirme encore une fois que, de Robert Menard, il est un parfait cloné
Lui qui, voilà  vingt ans, pour l’égalité dans l’héritage, il était un pionnier
Robert Menard, aussi,  il y a vingt ans, comme un homme de gauche, était regardé  
Quant à moi, j’affirme que c’est contre ce quintette qu’il faut se mobiliser :
Mourou, Tartour, Saïed, Jebali, Makhlouf, en résumé
Sans oublier l’ex-nahdhaoui, Hatem Boulabiar dont les chances sont limitées
Je disais donc, l’inflation de candidats illuminés
Qui ont le même électorat sur qui compter 
Va les conduire à s'entre-tuer
Comme Tartour et Jebali viennent de le prouver
Espérons qu’il soit ainsi pour les députés
Situation qui me laisse rêver :
Un bon moyen de s’en débarrasser
Réellement, la victoire est à notre portée
Ce n’est pas nos candidats qui vont l’arracher
Le nombre de candidatures qu’ils ont présentées
À celui des illuminés, il n’a rien à envier
La victoire viendra des modernistes mobilisés
Qui iront, le jour des élections, massivement voter
Dans ce contexte, il convient de signaler
Que près d’une centaine de prétendants ont déposé
Leurs dossiers auprès de l’Instance spécialisée
Mais, peu de programmes ont été avancés
Finalement, l’Instance chargée des élections a, en tout, rejeté
71 candidatures, en leur donnant la possibilité
Pour faire recours avant que la liste définitive ne soit arrêtée
Au total, seulement 26 candidatures ont été validées
Dont celles de tous les principaux favoris qui ont été présagés
Voilà donc 26 partants ayant pour point de mire la ligne d’arrivée
Disons, plutôt conformes à la classe politique, après la Révolution, née
Avec 24 hommes en face de deux femmes, l’égalité des genres n’est pas respectée
Malgré les lois qui, sur la participation des femmes dans la vie politique, ont été adoptées
Il y a également moins de listes pour les législatives qui, par des femmes, sont chapeautées
Bien que les Tunisiennes, dans tous les combats de société, aux premiers rangs, aient toujours été
Et investi toutes les batailles militantes, à corps perdus, que le pays a menées
Pour lui donner un sceau moderniste où, à égalité avec les hommes, elles sont traitées
Combien de fois, pour faire bloc et résister, dans les rues du pays, sont-elles descendues par milliers
À toute régression concernant leur statut régulièrement, par le parti Ennahdha, menacé
Nonobstant cela, dès qu’il s’agit de postes au plus haut niveau, elles sont généralement, oubliées
La plupart de ces partants exercent ou ont exercé  des politiques responsabilités
Certains s’y trouvant par conviction, d’autres se croyant dans une cours de récré
Le danger de l’irruption violente de candidats populistes ne devrait pas être négligé
Il y a même un candidat qui a déclaré que, à la politique, rien, il ne comprenait
Et un autre monocordisé qui a affirmé, à des élections, il n’a jamais participé
Et cet écrivain qui, en 14, seulement 0,8 % des voix, avait récolté
Habitué des plateaux télé, pour qui l’action est difficile, mais, la critique aisée
Qui pense que « Chafik Jarraya, le baron de la contrebande, devrait être récompensé
À sa sortie de prison, et, pour son patriotisme, par une médaille, gratifié »
Il y aussi ce candidat universitaire qui a dit avoir attendu le OK
De son épouse et de ses filles pour, dans la bataille présidentielle, se lancer
Alors qu’il venait juste de quitter le dernier parti auquel il avait adhéré
Pour le slogan de sa campagne électorale, celui de Mitterrand, il a plagié  
D’aucuns ayant tendance à oublier que le rôle d’un président est de rassembler
Et, nombreux parmi eux sont issus d’un même parti qu’ils ont depuis abjuré
Une dizaine est issue des deux partis qui, depuis 2014, nous ont gouvernés
26 qui vont entrer en compétition pour décrocher le carthaginois trophée
Dans un climat de méfiance à l'égard des politiques , au « dégagisme » fédéré
Compétition qui va comporter plusieurs luttes fratricides, à n’en pas douter
Entre concurrents partageant les mêmes idées, mais, par leurs égos, dominés
La campagne s’annonce plus une guerre de personnes qu’une guerre de programmes ou d’idées
Bien que ces candidatures soient un droit par la  Constitution légitimé
Il n’en reste pas moins que le nombre de candidats demeure élevé
Induisant chez bon nombre de citoyens inquiétude et perplexité
Rendant leur choix difficile et pouvant, à l’abstention électorale, les pousser
Déjà, avec plus de 220 partis, notre paysage politique est saturé
Et les près de 16.000 candidats aux législatives le rendent surpeuplé
Alors qu’au Parlement, seulement 217 sièges attendent à être adjugés
Trop, c’est vraiment trop, pour notre démocratie naissante, à encaisser
Qui n’a pas besoin de cette floraison de candidatures pour s’affirmer
Mais, bien au contraire, ces postulants, presque tous méconnaissants des dossiers
Brûlants dont la non résolution risque de l’affaiblir, voire de la stopper
Sont un réel danger pour précipiter le pays dans le chaos complet
L’entrainant dans une instabilité, difficile de s’en débarrasser
Avec une érosion du prestige de l’État et de son autorité
Où les politiciens et les partis politiques sont discrédités
Dont un signe avant-coureur, lors des municipales, a été révélé
Compte tenu des problèmes qui, depuis la Révolution, se sont accumulés
Et des préoccupations des citoyens qui ont été délaissées
Qui furent négligés par tous les gouvernements qui se sont succédés
Les réponses sociales, à la hauteur des attentes, n’ont jamais été
Aggravant le chômage, l’état des régions oubliées, la pauvreté
Régions où l’on ne rêve pas d’un bon président, mais plutôt d’un emploi bien rénuméré
Nos difficiles avancées acquises depuis la Révolution risquent de s’évaporer
Révolution qui a apporté la liberté d'expression et non l’économique prospérité
Avec une inflation qui frôle les 8%, les Tunisiens ont vu leur pouvoir d’achat se dégrader
D’après Crisis Group, le coût de la vie, depuis 2016, de près d’un tiers, a augmenté
Sans oublier que la valeur du dinar, en huit ans, a perdu, par rapport à l’euro, sa moitié
Que le taux de chômage est de plus de 15 %, et de plus de 16% chez les diplômés
Que le pays vit sous perfusion du Fonds monétaire international (FMI), perpétuée
Que son déficit commercial a atteint en 2018 un niveau record jamais égalé
Le déficit énergétique représentant, à lui tout seul, le tiers de sa totalité
Que, selon un rapport de l’OCDE, près d’un tiers de ses adultes expriment un désir d’émigrer
Rapport paru fin 2018, et taux qui s’élève à près de 50 % parmi les moins âgés
Dans ce cadre, « 45% des nouveaux médecins, inscrits à l’Ordre en 2017, ont quitté
La Tunisie », information qui, par l’Ordre national des médecins, fut communiquée
Inquiétante hémorragie, car, ce chiffre, au cours des cinq dernières années, a plus que quadruplé
Cette migration, c’est vers la France et l’Allemagne qu’elle s’est, principalement, effectuée
Hémorragie qui n’affecte pas uniquement les médecins, mais, toute la fine fleur de nos diplômés
Dont, d’après l’OCDE, des dizaines de milliers, depuis la Révolution, vers l’Europe, ont migré  
Reprenons l’inventaire à la Prévert concernant la crise que nous vivons ci-dessus entamé
Que plus de 50 % de notre économie sont informels, tenus par des maffias constituées
Et que notre PIB par habitant, entre 2014 et 2018, de 20 %, a chuté
La dynamique démocratique, semble, face à cette crise, parfois s'enrayer
Les deux principales revendications de cette Révolution confisquée
- La liberté et la dignité - pourraient être, aux calendes grecques, reportées
Tous souffrent d’une vision et de projet narcissiques personnalisés
Rares sont ceux qui seraient capables de formuler un dessein avec clarté
Qui seraient crédibles pour relever les défis auxquels le pays est confronté
Presque tous, d’en  cerner les principaux et les exposer, ils sont dans l’incapacité
Le terrorisme est absent des débats, dans une Tunisie traumatisée
Par les attentats, alors qu’une condition sine qua non est la sécurité
Pour que l’on puisse espérer une reprise économique dans la durée
Attentats qui ont porté préjudice au secteur touristique, déjà amenuisé
Dans ce pays qui, contrairement à ses voisins, ne jouit pas d’avoir pétrolier
Le problème du retour des djihadistes au bercail  n’a pas été abordé
Retour qui relève des prérogatives du magistrat installé au sommet
Et, pourtant, comme tout un chacun sait, ils constituent le principal danger
Dans un environnement instable non sécurisé, nulle avancée
Aux antipodes, dans tous les débats, la Culture n’a même pas été effleurée
Et, pourtant, elle peut aider à contrecarrer l’appel des «islamistisés »
Leur programme se réduit à leur ascension, et tout le reste est banalité
Couvrant un ensemble de mesures disparates, populistes, éculées
Conquérir le Palais de Carthage et le conserver est leur principal objet
Avec comme retombées non négligeables, voir leurs affaires prospérer
En récompensant celles et ceux qui ont contribué à les élever
À la plus haute autorité, faisant d’eux une classe de citoyens privilégiés
Évidemment, exceptés les islamistes avec leur immuable projet
Qui veulent, dans les sables d’Arabie, quatorze siècles avant, nous ramener
Comme l’a décrit brillamment Adolf Mourou dans ses vidéos ici rapportées
Projet qu’ils essayent de dissimuler derrière une façade toilettée
Où tout est «taqiyâneries» pour mieux le camoufler, pour mieux nous embobiner
Nous ramener à l’aide d’élections qui leur donneraient la légitimité
Soi-disant issue des urnes pour nous imposer ce choix de société
Aucun signe n’indique nettement vers quel candidat la chance va pencher
Bien malin qui pourrait prédire quel président les urnes confirmeraient
Et, aussi, qui seraient les deux finalistes, par le premier tour, désignés
« Même le Bon Dieu est incapable de nous dire le résultat » a affirmé
Zied Krichen, rédacteur en chef d'Al-Maghreb, quotidien bien informé
Ce qui est sûr, c’est que rien ne permet aux électeurs de se positionner
Surtout, les non encartés, les moins avertis parmi eux, les moins motivés
Dans cette chienlit politique, faire un choix est devenu une tâche désespérée
Quoi qu'il en soit, les résultats pourraient, de très grandes surprises, nous réserver
Dont les conséquences, pour l’avenir du pays, des plus imprévues, seraient
Et cette période électorale est déterminante pour sa stabilité
Des temps difficiles pointeront à l’horizon, dès que les résultats seront officialisés
Notre Révolution est convalescente et son système immunitaire doit être consolidé  
Pour dire vrai, aucun des candidats parmi les 26 ne sort vraiment du lot pour forcer le respect
Seule une minorité parmi eux satisfait aux compétences et au profil, par la fonction, exigés
Aussi, c’est pour leurs familles, politiques et idéologiques, qu’il va falloir voter, en vérité
C’est la présidentielle de tous les risques, le système lui-même n'a jamais été aussi éclaté
Avec la dégénérescence de la conscience politique qui, en désuétude, s’est désintégrée
Et la paranoïa, la prétention et l’arrogance qui, à la tête de certains candidats, sont montées
Candidats qui se voient déjà, comme dit la chanson, au rang de président de la République, se hisser
Et, ce sont, en particulier, ceux-là qui risquent de fausser les élections et, dans l’inconnu, nous enfoncer
Élections très incertaines qui se déroulent dans un paysage politique fragmenté, émietté
Adjoints à l’immaturité de notre classe politique, ils nous promettent une campagne brouillée
Qui, compte tenu  du peu de différenciation entre plusieurs candidats, laisse le suspense entier
Et se terminerait par une catastrophe, démocratiquement par les urnes occasionnée
Grand est le risque de l’élimination dès le premier tour de tous les candidats de progrès
Et de se réveiller lundi avec deux victorieux, islamiste et populiste, couronnés
Ce qui serait pire que ce qui, en France, lors de la présidentielle de 2002, s’est déroulé
Si on laisse de côté les marginaux, le reste des candidats peut, grosso-modo, être groupé
Dans trois familles – moderno/progressiste, islamiste et populiste - soit une trinité
Dont chaque élément, par le rôle qu’il prête à l’individu dans la société, est caractérisé
Aussi, citoyens, soyez conscients du pouvoir que notre démocratie naissante vous a confié
Pour conjurer le pire en réservant vos voix à ceux qui nous évitent de tomber dans un guêpier 
Quant à nous autres modernistes, nous sommes profondément préoccupés
Du grand nombre de candidats issus de notre famille qui ne pourrait
Que conduire les voix de notre  socle électoral à s’éparpiller
Et, par suite, aucun parmi eux, au second tour, ne pourrait accéder
Laissant le champ libre à un second tour entre candidats illuminés
Et le projet d’Adolf  Mourou aura de fortes chances de se réaliser
Avec lui, les choses sont on ne peut plus claires, puisque son programme est tout tracé
Alors, adieu à tout ce dont on a rêvé, à commencer par la liberté de pensée
Et, entre nous les hommes et nos mères, sœurs, conjointes,…toute femme, l’égalité
À moins que, conscients de ce que nous réserve  cette destination-danger
Ils ne trouvent, finalement, les moyens pour que leurs violons soient accordés
Ils ne se ressaisissent pour parvenir à un consensus autour d’un seul appelé
Qui portera les couleurs de la famille moderniste, toutes tendances représentées
Et nous avons jusqu’au 31 août pour que ce salut soit réalisé
Alors, l’espoir mentionné dans le titre de ce poème * deviendra réalité
S’ils restent rivaux, tous, nous sommes perdants, quant au consensus, il nous fera gagner
Ah si seulement ils comprenaient, et, sur leur dispersion, ils revenaient
Ne pensant qu’à l'intérêt du pays : en tant qu’hommes politiques, grandis, ils sortiraient
La Nation reconnaissante leur serait, et, par nous tous seraient considérés
Pour la prochaine échéance, les électeurs modernistes s’en souviendraient
Sinon, s’ils se maintenaient, c’est un suicide collectif qu’ils nous offriraient
Au sein de leur famille d’idées, ils se sentiraient humiliés, stigmatisés
Et seraient, comme coupables de sa catastrophique déroute, du doigt, montrés
Leurs espoirs personnels et ambitions politiques seraient, pour toujours, enterrés
Et, par la faute de leurs égos surdimensionnés, le pire serait assuré
Avec le risque qu’il s’éternise, ce que la Patrie ne leur pardonnera jamais
Alors, modernistes de tous bords, avant qu’il ne soit trop tard, faites leur raison garder
L’unique Révolution préservée du Printemps arabe ne doit pas être entombée
Au surplus, par ceux-là mêmes qui en furent simples spectateurs et en ont profité
Printemps de l’an 2011 qui ne souffle plus que sur la Tunisie, désormais
Je m’adresse en particulier aux « Hraier Tounes »***,  « Femmes et demies » appelées
Par le regretté Sghaier Ouled Ahmed qui, lui, ce dont elles sont capables, le sait
En conclusion de cet appel, je tiens à dire que je suis profondément affligé
Par le comportement de grands militants de ma famille qui n’ont pas hésité
À soutenir tel ou tel candidat après que l’Appel ci-dessous ait été diffusé
Alors que le problème de l’heure est de réduire leur nombre à une unité

Addendum ajouté le 26 août 2019

1. Une heureuse initiative !

Une heureuse initiative dans ce sens, ce 26 août, a été lancée
Par des citoyennes et des citoyens de milieux politiques variés
Appartenant à la famille démocratique et moderniste, en particulier
Qui ont soumis l’Appel à un consensus dont on trouvera ci-dessous l’énoncé
Aux candidats de la même filiation idéologique admis à se présenter
Aux élections présidentielles, d’après la liste, par l’Instance, arrêtée

2. À propos de l’incarcération de Nabil Karoui

Juste un petit mot sur l’arrestation du candidat Nabil Karoui, le magnat de la télé
Qui, dans le cadre d’une affaire de blanchiment d’argent, a été, le 23 courant, incarcéré
Suite à une plainte déposée contre lui, il y a trois ans,  par l’association I-Watch, affiliée
À Transparency International, et cela, après que l’affaire ait été opportunément réactivée
De façon précipitée, ces toutes dernières semaines et après un long silence, depuis début juillet
Et, aujourd’hui, accusations et contre-accusations, communiqués et contre-communiqués
Échangés entre ses partisans, ses adversaires, le pouvoir et les débatteurs ne sont plus à compter
Avec des charges croisées de « mafia », de « dictature »,…, la scène électorale s’est détériorée
Enflammant les plateaux télé et créant sur les réseaux sociaux fake news, soutiens et tollés
La justice n’a pas dit encore son dernier mot, attendons la fin du feuilleton, pour se prononcer
Pour qu’un mandat soit lancé, encore faut-il l’existence d’éléments faisant, de sérieux soupçons, porter
Aussi, ma position dans cette affaire n’est pas définie, mais, la coïncidence entre les calendriers
Électoral et judiciaire génère des interrogations légitimes sur ce qui s'est vraiment passé
Dans tous les cas, l’incarcération sans condamnation n’est pas un signe de bonne santé
Pour la démocratie, et, il en est de même des accusations, contre le système, non justifiées
On aimerait bien que cette même justice, dans le cas de l’argent sale d’Ennahdha, soit si zélée
Que le procès de sa sinistre SSS - Section Sécuritaire Secrète – soit  activé
Que les assassinats des martyrs Chokri Belaïd et Mohamed Brahmi soient élucidés
Et que les responsabilités de l’envoi de nos jeunes vers le djihad soient déterminées

Lâimage contient peut-être : texte

Addendum ajouté le 17 septembre 2019 : Mon choix pour le deuxième tour

Les candidats moderno-progressistes ont été complètement laminés
La famille démocratique, avec toutes ses composantes, s’est trouvée effondrée
Était-elle à la hauteur ? Les électeurs ont exprimé par leur vote qu’ils en doutaient
L’Appel que nous avons lancé «au profit du candidat fédérateur le mieux placé»
Est resté lettre morte, leurs égos démesurés ont finalement primé
Ils ont préféré se suicider dans la division, ignorant les leçons du passé
Oubliant les claques successives que, depuis 2011, nous avons encaissées
Plaçant leur rage d’arriver au-dessus de la Nation et de ses intérêts
N’étant pas parvenus à un consensus, ils se sont présentés tous dispersés
Alors que leurs scores ajoutés aurait placé ce candidat fédérateur premier
Le « réel espoir» mentionné dans le titre de ce poème, ils l’ont gaspillé
Notre famille a prouvé qu’elle ne sait faire de la politique que divisée
Les égotismes de ses candidats ont achevé d'éparpiller les coulées
Lors de ce premier tour présidentiel qui, pitoyablement, les a tous balayés
Division qui nous a offert pour le second tour deux populistes confirmés
Le premier est laïque, accusé de fraude fiscale, mais, innocent présumé
Jusqu'à ce que la justice établisse définitivement sa culpabilité
Le second est un « oiseau rare » d’Ennahdha, voire salafiste, avec faux-nez
Comme, ci-dessus et ailleurs °, avec ses déclarations et interviews, je l’ai montré
Ce n’est pas son  « oiseau rare » désigné, mais, une doublure bien camouflée
Dans son habit d’«indépendant» - l’original a été, par les urnes, dégagé -
Avec sa voix mécanique, dénuée d’émotion, qui caractérise son phrasé
Et j’invite les lecteurs à lire, dans ce cadre, mon poème ci-dessous mentionné °
Surtout ceux parmi eux qui croient que Kaïs Saïed est respectueux des libertés
Et des droits et qu’il est un fervent défenseur, en particulier, de ceux des minorités
Croyant que l’essence de la démocratie est, avant tout, leur respect par la majorité
Qu’il est aussi respectueux du fondement citoyen de l’État et de sa civilité
Énoncés dans l’article 2 de la Constitution, qui n’admet aucune révisibilité
Respectueux également de son article 21 qui stipule, entre femmes et hommes, l’égalité
Pour moi, Kaïs Saïed peut être tout, sauf ça, comme je l’ai prouvé dans mes poèmes précédemment cités
Au sujet de la peine de mort, de l’homosexualité, de l’égalité femme homme, en particulier
Prétextant une soi-disant «volonté du peuple» pour que certains droits humains soient rejetés
Mais, de quel peuple parle-il ? S’agirait-il de ses partisans, ses semblables et leurs alliés
Il n’hésite pas à argumenter par la Sharia ses positions sur des questions de société
Et souhaite que, dans la Constitution, comme principale source des lois, sa primauté soit instaurée
Ce qui représente une remise en question des acquis républicains, par la Révolution renforcés
Et a conduit certains à le considérer comme étant un sous-marin par Ennahdha téléguidé
Qui plus est, notre démocratie représentative actuelle, il souhaite la démanteler
Au profit d’«assemblées du peuple», par les jamahiriyas du colonnel Kadhafi, inspirées
D’ailleurs, à toutes les questions qui lui ont été posées concernant son programme, ses alliés, ses projets,…  
Il a toujours répondu : le peuple décidera, le peuple veut, le peuple a autorité
Aujourd’hui, il faut tenir compte des valeurs, par la société tunisienne, intériorisées
La Constitution de 2014 a confisqué la volonté du peuple, puisqu’elle est minée
Par les blocages, car, par les partis, elle a été édictée ; maintenant, il s’agit de concrétiser
La volonté du peuple à travers la Constitution qui doit traduire ses valeurs et sa volonté
Qui doit donner les moyens juridiques au peuple d’être un acteur réel, maître de sa destinée
Avec d’autres instruments constitutionnels, le peuple, souverain, sera, enfin, institué
Les élus ne sont pas choisis par le peuple, mais par les partis qui, en tête de liste, les ont élevés,…
Depuis qu’il s’est lancé dans la campagne présidentielle, au mot « peuple », il s’est abonné
Faut-il rappeler que Kaïs Saïed n’a point participé à la Révolution du 14 janvier
Il n’est apparu, comme les islamistes, que quand Ben Ali, en Arabie saoudite, s’est réfugié
C’est un révolutionnaire de la vingt-cinquième heure, pur produit de ses interventions télévisées
Ainsi, sans hésitation, mais sans enthousiasme ni gaieté, mon choix s’est fixé sur le premier
Choix du moindre mal, en tout cas, ce qui est sûr, un choix contre le pire qu’on pourrait imaginer

° Il s’agit de mon poème intitulé « Élections tunisiennes 2019 : Dis-leur, Eya, dis-leur ! », paru sous le lien suivant :

https://blogs.mediapart.fr/salah-horchani/blog/280519/dis-leur-eya-dis-leur

Salah HORCHANI

* l’ARP = L’Assemblée des représentants du peuple = Le Parlement monocaméral tunisien.

** L'Assemblée nationale constituante tunisienne de 2011.

*** « Hraier Tounès » peut être traduit par « Les femmes libres de Tunisie ».

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