Tunisie–Élections municipales 2018 : Brève analyse et Palme d’or

Les résultats officiels présentés, mercredi dernier à Tunis, par l’Instance supérieure indépendante pour les élections (ISIE) montrent :

1. que les grands gagnants sont au nombre de trois

D’abord, il y a les indépendants, issus principalement de la frange la plus active de la société civile, souvent, par le biais de collectifs associatifs, qui, classés premiers, ont raflé un total cumulé de 32,9 % des sièges, score qui traduirait un désaveu des citoyens envers la classe politique sur lequel est venu se greffer un rejet de ses deux poids lourds - à savoir, Ennahdha et Nidaa Tounès -  et qui les y impose comme étant, désormais, un acteur incontournable, succès ayant un parfum apparenté au macronisme, porteur d’un espoir de renouveau, qui annoncerait une lame de fond susceptible de nous sortir du marasme dans lequel qui vous savez nous ont plongés. Dans cette perspective, tout ce que l’on peut souhaiter pour le moment, c’est que, plus tard, lors des votes internes dans les conseils municipaux, à commencer par celui concernant l’élection des maires, il ne sera pas découvert que de nombreux indépendants ne sont pas aussi indépendants qu’on le pensait et qu’ils se révèlent être de faux-nez des deux partis poids lourds, ou leurs satellites, qui se sont engagés masqués dans le but de glaner déloyalement quelques sièges ou quelques voix qui se seraient portées sur les candidats adverses.

Ensuite, il y a la parité femme/homme, puisque 47,5% des élues sont des femmes - comparativement, ce taux est égal à 40,3% (respectivement, 33%, 27%)  en France (respectivement, au Royaume uni, en Allemagne) [1] – dont 29 % sont têtes de liste.

Et, enfin, les jeunes, puisque 37,16% des candidats élus ont moins de 35 ans.

2. que les grands perdants sont au nombre de deux

Il s’agit, d’une part, de Nidaa Tounès, parti poids-lourd présidentiel – déjà affaibli par les dissidences qui l’ont fracturé provoquées par ses crises internes successives - puisqu’il est classé troisième avec 22,7% des sièges et qu’il a perdu les 2/3 de ses électeurs de la dernière échéance électorale, dispersant ainsi aux quatre vents les voix trahies des modernistes qui, par «vote utile», l’avaient hissé au pouvoir, parce que, naïvement, ils avaient cru en lui comme étant un garde-fou efficace contre les islamistes d’Ennahdha.

Et, d’autre part, la participation, puisqu’elle ne s’élève qu’à 35,6%, score qui a profité, cela va de soi [2], à Ennahdha et dont le seul mérite est de nous fournir un ordre de grandeur de la dimension réelle de son socle électoral dur qui sera donné dans le paragraphe suivant.

3. que le gagnant, est, par ailleurs, un grand perdant

Il s’agit du parti islamiste Ennahdha, puisqu’il est classé deuxième avec 29,68 % des sièges, mais, il est en perte de vitesse, malgré l’eau qu’il fait semblant de mettre, sans aucune retenue, dans son…thé corsé - matérialisée par une crinière de fausse blonde et un jean déchiré, par-ci, et il y a plein d’autres exemples, par-là - tout en étant prêt, pour réaliser son funeste projet, «à ce que le thé cède, évidemment momentanément, au vin, un de ces jours» [3], il est en perte de vitesse, car il a perdu la moitié de ses électeurs de la dernière échéance électorale, il a vu son électorat divisé par trois en sept ans et il se distingue de plus en plus, dans la scène politique tunisienne, comme étant le seul parti complètement dépourvu de tout allié naturel, à l’image du Front national en France. Cette perte de vitesse est corroborée aussi par le fait que le taux de participation le plus bas enregistré sur le plan national - qui est égal à 18,46 % - est détenu par Ettadhamen, un de ses bastions historiques, la cité populaire la plus densément peuplée de tout le Maghreb [4].

Pour terminer, il convient de noter que les sièges acquis par Ennahdha ont été obtenus grâce aux 28,64% électeurs qui l’ont choisi sur, il faut le rappeler, les 35,6% qui sont allés voter – autrement dit, son électorat aujourd’hui est constitué de 6 % de l’ensemble de tous les tunisiens en âge de voter, en dépit d’énormes finances qui sentiraient les hydrocarbures ! - et que, le jour de l’ouverture de la campagne électorale, leur Grand cheikh Rached Ghannouchi a déclaré : « المستقلون يمثلون 54 بالمائة من قائمات النهضة» [=Sur les listes d’Ennahdha figurent 54% de candidats non membres du parti]. Et dire que ses dirigeants ne cessent de pavoiser sous tous les azimuts, sur tous les toits, dans le plus grand déni, en criant haut et fort «Le peuple nous a choisis !», à l’image de ce dernier qui a, en outre, de quoi concourir au Grand prix du meilleur menteur politique de l’année 2018, rien qu’avec sa dernière déclaration faite sur les ondes de Mosaïque FM ( voir le lien : Tunisie : Les municipales 2018 ou le syndrome Ayari ) où il a jugé que le scrutin est «historique» constituant «un moment de joie pour les Tunisiens» et que le taux de participation est honnête, car «en réalité, partout dans le monde, le taux de participation aux élections municipales se situe aux alentours de 30% à 40%», ment-il !

4. que la Palme d’or revient à la liste pour laquelle j’ai voté

Il s’agit de la liste dont j’ai fait la promotion dans mes articles [5] et sur les réseaux sociaux [6], à savoir, la liste de l’UNION CIVILE baptisée الأفضل = Le meilleur = Al Afdhal, phonétiquement ; en rappelant, à l’attention des non-initiés, que les listes de l’UNION CIVILE fédèrent un grand nombre de sensibilités modernistes, partisanes et indépendantes, et cela, dans un effort de rassembler nos forces contre les deux dits poids lourds – à vrai dire, poids lourds relatifs, depuis ces élections - de promouvoir une saine gestion de nos villes, dans la transparence et avec altruisme, et d’agir pour le bien de la collectivité en apportant aux citoyens plus de confort et de bien-être. 

La liste l’UNION CIVILE - Al Afdhal est constituée de militants de gauche et de citoyens modernistes appartenant à la frange la plus engagée de la société civile dont la moyenne d’âge serait, sur le plan national, parmi les plus basses de toutes les listes concourantes. Elle est conduite par l’universitaire-constituant Fadhel Moussa qui a été, entre 2011 et 2014, l’un des ténors et des défenseurs acharnés des droits et des libertés de l’Assemblée nationale constituante. Un des points forts de son programme, non pratiqué communément, est l’annonce que ses membres ne percevront aucune indemnité pour l’exercice de leurs fonctions. Elle s'est présentée dans la circonscription électorale d’Ariana-ville et a obtenu 15 sièges sur les 36 à pourvoir, plus que les deux poids lourds relatifs réunis qui ont obtenu chacun 6 sièges, succès qui montre l’existence d’un désir réel de pratiquer la politique autrement et qui pourrait être considéré comme étant le héraut d’un certain dégagisme, doublé d’un certain macronisme à la tunisienne - sans partis, ni leaders, à l’image de la Révolution de jasmin - la ressourçant, lui insufflant un nouvel air, lui offrant un nouveau souffle dans sa marche vers une nouvelle ère de démocratie participative dont le pivot central est la Société civile [7] - la seule perspective possible pour qu’elle survive, compte tenu de la faillite avérée du modèle centralisé à démocratie à cent pour cent élective et du rejet de ses acteurs - et où les orientations et grands choix pour la cité et son avenir sont pris au niveau de la base citoyenne, l’incluant réellement dans le processus de décision; quant au «ni-ni» = «ni gauche - ni droite» du macronisme, il y est remplacé par «ni Ni-ni Na» = «ni Nidaa - ni Nahdha». Et, je pense que pour qu’il y ait des avancées décisives vers ce nouvel âge d’or, et dans un souci d'efficacité, il est nécessaire de promouvoir un collectif qui s’appellerait, par exemple, «Collectif pour une démocratie participative des indépendants élus» dont les conseillers municipaux d’Al Afdhal seraient les initiateurs, en concertation avec d’autres listes citoyennes partageant les mêmes idéaux, comme la liste «La Marsa change», par exemple ; ce qui contribuerait, à n'en pas douter, à l’émergence d’un pôle citoyen incontournable sur la scène politique de notre pays, à la manière du mouvement Podemos espagnol, par exemple.

Malgré cet excellent, inespéré et inattendu résultat - obtenu grâce, principalement, à la mobilisation efficace et intelligente des militants d’Al Massar [8], parmi les partis politiques - l’UNION CIVILE aurait pu faire encore mieux à l’Ariana, et ailleurs, s’il n’ y avait pas eu, comme malheureusement à l'accoutumée chez les chefs des partis modernistes, de bataille d’égos entre certaines composantes de cette UNION qui a conduit à la dispersion des voix, de ceux qui avaient cru en elle et y ont mis tant d’espoir, et qui a engendré la confusion parmi eux, confusion qui a entraîné une offre électorale brouillée et qui a même atteint un membre très bien placé, donc élu, dans la liste l’UNION CIVILE-Al Afdhal que je ne nommerai pas, mais qui, certainement, se reconnaitra ! Ce qui m’a fait écrire les deux vers suivants de [2], au jour J-4 des élections :

Alors que nous-autres pataugeons dans l’incohésion
Avec des listes déchiffrables difficilement

En effet, j’ai appris, par une personne impliquée dans la naissance de cette UNION, qu’initialement il a été convenu, et cela va de soit pour un esprit normalement constitué, de présenter dans la circonscription d’Ariana-ville une seule liste avec le label de ladite UNION qui serait conduite par Fadhel Moussa, mais, à la dernière minute, une seconde liste a été décidée, baptisée, tenez-vous bien, «Union civile» [9], d’où l’origine de ladite confusion. Comment peut-on imaginer qu’un électeur lambda puisse concevoir que la liste Al Afdhal est une liste de l’UNION CIVILE, alors qu’il existe une liste appelée liste de l’«Union civile», qui a obtenu deux sièges soit dit en passant, d’autant plus que cette expression n’apparait nulle part sur les affiches, les prospectus de profession de foi, de programme,…  de la liste Al Afdhal. Ce qui m’a conduit, pour rappeler qu’Al Afdhal est bel et bien une liste de l’UNION CIVILE, à publier sur plusieurs pages Facebook la photo-poème [6], poème inclus, et à l’envoyer en message privé aux deux premiers de la liste Al Afdhal, deux collègues de l’Université que je connais bien, puisque, depuis notre Révolution, nous nous battons pour les mêmes idéaux. Je crois avoir bien fait et avoir atteint mon but, au vu de tous les commentaires et messages privés qu’elle avait suscités, mais, avec un (seul) bémol qui est la réaction du dit «membre très bien placé» qui - alors là, c'est le comble du ridicule pour quelqu’un (ou quelqu’une !) qui voudrait s’investir en politique, même locale - semble ignorer complètement qu’Al Afdhal est une liste de l’UNION CIVILE, comme l’ont rappelé plusieurs journaux en ligne, à grande audience, et l’un des initiateurs de cette UNION, la veille du jour du scrutin ( voir, par exemple, [9]), «membre très bien placé» qui n’a pas saisi la portée de cette photo-poème, compte tenu du contenu du commentaire malveillant, pathétique, la concernant qu’il a publié, ignorance et réaction dues, probablement, à son inexpérience et à sa jeunesse politique auxquelles il faut qu’il prenne garde, s’il souhaite œuvrer efficacement pour le bien-être de ses administrés, dans le cadre de son mandat de conseiller municipal.

En conclusion, j’ai tenu à détailler cette confusion, ses origines et ses retombées pour mieux nous prévenir de sa répétition et de ses risques, confusion que j’ai perçue dans mon voisinage pendant toute la campagne électorale, voire au-delà, jusqu’au jour du scrutin, en discutant avec des électeurs devant le mur d’affichage des listes en compétition ou dans la file d’attente pour voter, et même, jusqu'à aujourd'hui. 

5. Note ajoutée le 21 mai 2018 : «Rapport sur les défaillances et erreurs dans les résultats des élections municipales 2018»

Vous trouverez ci-dessous les liens de la version arabe et française d’un «Rapport sur les défaillances et erreurs dans les résultats des élections municipales 2018» établi par un collectif d’associations* et militants de la société civile tunisienne qui furent observateurs lors des dites élections.

Version arabe : https://docs.google.com/…/1zcP4kBRSmHeFHxups9pUVHG4i1D…/edit#

Version française : https://docs.google.com/…/1uomhazckPECA3LesPrgAdy2m9Ig…/edit#

* Association 23_10 appui au Processus de Transition Démocratique et à l'Observation des élections
Association Tunisienne pour l'Intégrité et la Démocratie des Elections (Atide)
Organisation “Cahiers de la Liberté”
Ligue des Electrices Tunisiennes “LET”
Réseau "Mourakiboun"
Coalition “Ofiya “
OpenGovTN

Merci aux auteurs pour cet énorme travail républicain ! Et que Vive la Société civile !

6. Note ajoutée le 26 juin 2018 : Une nouvelle «démocratie» est née !

«Après la "Démocrature" à la "Erdogan", voici la nouvelle soi-disant pratique démocratique qui vient d’être testée à l’Ariana. Elle porte un nouveau nom : "نلعب و إلا نحرّم" [nda = Je joue ou je sabote le jeu].

Les Indépendants ont porté [nda : aujourd’hui, mardi 26 juin 2018] à la Présidence de la Mairie le candidat de l’UNION CIVILE, M. Fadhel Moussa.

La Démocratie revue et corrigée par les "NI-NA" [nda : ici, dans le sens "les élus de Nidaa et Nahdha"] a consisté à quitter la réunion du Conseil municipal lorsqu’ils n’ont pas réussi à amadouer les indépendants pour renverser le vote. Leurs élus "Mondassyns" [nda = les cachés = les faux-nez dont il est question dans le paragraphe 1. ci-dessus] l’ont quitté aussi, selon le principe des moutons de Panurge.

Et que vive la Société Civile !»*.

* Extrait du lien ci-dessous dont l’auteur est l’un des initiateurs de l’UNION CIVILE dont il est question dans la deuxième référence de [9]. Ce qui confirme, encore une fois, que la liste Al Afdhal est bel et bien une liste de cette UNION, contrairement aux allégations du dit «membre très bien placé» dans cette liste !

http://www.tunisiefocus.com/politique/ma-grand-mere-est-prete-a-se-remarier-si-cest-si-fadhel-qui-presidera-la-ceremonie-191234/

Salah HORCHANI

[1] http://www.businessnews.com.tn/representativite-des-femmes-dans-les-conseils-municipaux--la-tunisie-bat-la-france-et-lallemagne-,520,79939,3

[2] Dimanche, pensez à voter pour les moins pire des partants
Hors qui vous savez, ceux qui ne connaissent pas d’abstention
Qui sont disciplinés, fanatiques et obéissants
Avec des moyens dépassant tout entendement
Perceptibles dans leur propagande et leurs réunions
Dont l’origine serait, à ce qu’on dit, le Moyen-Orient 
Avec des listes de candidats présentées clairement
Alors que nous-autres pataugeons dans l’incohésion
Et nos moyens sont ridicules comparativement
Puisés dans nos propres deniers, généralement
Avec des listes déchiffrables difficilement
Chacun jouant pour soi, parce qu’il n' y a pas eu d'union
Entre toutes les forces modernistes de la Nation
Qui risquent de payer plus cher que prévu leur division
À moins que nous puissions lever une forte mobilisation
Du peuple des progressistes pour cette votation *

* Extrait de : Jour J-4 des Élections municipales tunisiennes 2018 : Mon dernier billet

[3] inspiré de la phrase suivante d’Adnane Limam, spécialiste du mouvement Ennahda :

«Ils ne cesseront de mettre de l'eau dans leur… thé. On peut même s'attendre à ce que le thé cède au vin, un de ces jours»,

parue dans :

https://fr.sputniknews.com/international/201805111036327001-tunisie-municipales-resultats/

[4] http://www.webdo.tn/2015/08/21/tunisie-a-6-km-de-tunis-la-cite-populaire-la-plus-densement-peuplee-du-maghreb/

[5] Voir, par exemple, mon poème intitulé « 6 mai 2018 = Élections municipales tunisiennes = Danger islamiste imminent», paru sous le lien suivant :

https://blogs.mediapart.fr/salah-horchani/blog/180418/6-mai-2018-elections-municipales-tunisiennes-danger-islamiste-imminent

[6] Voir, par exemple, ma photo-poème parue sous le lien suivant et reproduite ci-dessous, à l’attention des non-facebookeurs:

https://www.facebook.com/photo.php?fbid=216402112465859&set=a.120896128683125.1073741828.100022882157572&type=3&theater

L’image contient peut-être : 36 personnes, personnes souriantes, texte

Liste AL AFDHAL (13) - ARIANA Ville, Élections Municipales 2018

Ma votation

Après multes réflexions, je vous informe de ma votation
C’est vers la liste de l’UNION CIVILE que mon cœur a penché
UNION présente dans toutes les importantes délégations
Et dans les chefs-lieux des gouvernorats de toutes les cités
Et cela, pour endiguer la suicidaire dispersion
Qui nous a décimés, lors des élections pour l’ARP
Car, devant un danger imminent, pas de tergiversations
Réel danger représenté par Kherigi et associés
Sachez qu’ils gagneront une voix automatiquement
Chaque fois qu’il y aura une voix moderniste non exprimée
En conclusion, je rappelle à ceux qui prônent l'abstention
Qu’en Algérie, c’était l’abstention qui les avait fait gagner*

* Extrait de :

https://blogs.mediapart.fr/salah-horchani/blog/180418/6-mai-2018-elections-municipales-tunisiennes-danger-islamiste-imminent

[7] Un peu d’Histoire : La genèse de la notion de «Société civile» débute d’abord chez Aristote dans Politiques avec l’expression κοινωνία πολιτική = koinônia politikè (phonétiquement) = «société politique», expression traduite en latin par Cicéron sous le vocable de «societas civilis», dans De la République (Livre I, XXXII). C’est notre compatriote Saint Augustin qui, dans la Cité de Dieu, a développé le premier cette notion de «societas civilis» dans un sens proche de celui qui lui est attribué aujourd’hui, en opposant la «Cité de Dieu» à la «Société civile», et c’est Hegel qui est le premier à opposer la «Société civile» et l’État. Voir, à ce sujet, par exemple, les liens suivants :

https://rousseau2.files.wordpress.com/2010/08/sc-4-civitas-terrena-civitas-dei.pdf

https://rousseau2.files.wordpress.com/2010/08/societe-civile-un-probleme-dhistoire-conceptuellle.pdf

[8] https://www.facebook.com/AlMassar.Page.Officielle/photos/pcb.899305680251436/899305586918112/?type=3&theater

[9] الإنتخابات البلدية: قائمات الإتحاد المدني بمختلف الجهات - أنباء تونس           

https://www.facebook.com/fethi.jelassi.52/posts/2032219173688301

https://www.babnet.net/cadredetail-156563.asp

https://www.mosaiquefm.net/fr/actualite-politique-tunisie/295533/l-union-civile-presente-382-listes-electorales

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