Elle s’appelait Solange
Et d’elle, j’ai beaucoup appris
Sur les équations de Lagrange
Les mouvements et leur théorie
Avec un bout de craie et une éponge
Et le tableau noir de l’amphi *

Elle nous  éblouissait à chaque séance
Par son savoir et sa pédagogie
En maniant les équations avec aisance
Et, l’on comprend tout, comme par magie
Et le cours est assimilé sans souffrance
Avec sourire et une élégante graphie

Voilà qu’elle nous quitte pour rejoindre les anges
Emportée par cette maudite maladie
Qui ronge nos neurones et nous plonge
Dans les troubles cognitifs et l’amnésie
Fussions-nous les gagnants des meilleurs challenges
Des jeux de mémoire, tous domaines compris
Repose en paix mon amie, ma Prof, Solange
Et Protège de là-haut les deux « B » de ta vie

Salah HORCHANI

* Entre 1958 et 1966, le régime des études supérieures scientifiques dans les universités françaises est constitué d’une  première année consacrée à la préparation d’un Certificat d'études supérieures préparatoires dit « propédeutique », formant le premier cycle, permettant d’accéder à la préparation  d’une Licence ès sciences avec trois options (Licence libre, Licence d'enseignement et Licence de doctorat), chacune étant caractérisée par un nombre de Certificats d'études supérieures obligatoires et optionnels, ces derniers sont à choisir dans une liste arrêtée par la Faculté. En mathématiques, le certificat propédeutique s’appelait Certificat de Mathématiques générales et physique (en abrégé MGP) et parmi les certificats obligatoires pour la licence ès sciences figurait le Certificat d'études supérieures de Mécanique générale dont Solange était, à la Faculté des sciences de Dijon, parmi les responsables.

Le Club est l'espace de libre expression des abonnés de Mediapart. Ses contenus n'engagent pas la rédaction.