« Sit-in du Départ du Bardo », dans la nuit du 25 au 26 août 2013.

 

Question :

Qui a fait démissionner le gouvernement de l’islamiste Ali Larayedh, l’obligeant à céder le pouvoir à un cabinet de compétences nationales indépendantes, et qui a fait accélérer la rédaction de notre nouvelle Constitution à mouture finale moderniste ?

 

Réponse :

Contrairement à ce que font circuler Moncef Marzouki, Président provisoire de la République, Rached Ghannouchi, Président-fondateur du parti islamiste tunisien Ennahdha, et leurs alliés, c’est la formidable mobilisation continue des forces démocratiques de tous bords (composantes de la société civile et partis d’opposition) dont le point d’orgue fut le « Sit-in du Départ du Bardo » (sous-entendu,  le départ du Gouvernement dirigé par Larayedh), déclenché par l’assassinat du martyr Mohamed BRAHMI, qui s’est tenu pendant plusieurs semaines au Bardo, devant le siège de l’Assemblée Nationale Constituante, mobilisation qui a mis en scène, pendant des mois, sous le soleil et la canicule de l’été, comme sous la pluie et le froid de l’hiver, nuit et jour, des centaines  de milliers de citoyennes et de citoyens, à travers tout le pays, de tous âges et de tous niveaux social et culturel, mobilisation qui a mis échec et mat  le Projet de Constitution brun-vert préparé et  défendu bec et ongles par Ennahdha et ses alliés fascistes, jusqu’au jour de l’adoption de cette  nouvelle Constitution, alliés fascistes dont le héraut est Raouf Ayadi (que j’ai baptisé R’Adolf Ayadi) qui se permet de demeurer muet et assis, dans une posture délibérément provocatrice et désinvolte*, pendant que ses collègues constituants chantent, debout, l’hymne national, R’Adolf Ayadi qui refuse l’appellation « terroriste » attribuée à Kamel Gadhgadhi, l’assassin présumé  de nos deux martyrs Chokri BELAÏD et Mohamed BRAHMI et l’égorgeur présumé de nos soldats au Djebel Chambi**.  

Cette victoire montre que la société civile tunisienne, en osmose avec les partis démocratiques, a été et sera le véritable garde-fou, sans compromis, contre les projets des fous de Dieu de toutes nuances.

 

« Sit-in du Départ du Bardo », dans la nuit du 24 au 25 août 2013.

 

Salah HORCHANI

* Voir la vidéo ci-dessous à la minute 1 : 15

http://www.youtube.com/watch?v=ayt-Iso8980&feature=share

Cette vidéo montre l’éclatement de la joie des constituants démocrates, suite à l’adoption de l'amendement d’un article du Projet de notre nouvelle Constitution,  consacrant le maintien des droits acquis des femmes et instituant le principe de la parité, le 9 janvier 2014 sous la coupole de l’Assemblée Nationale Constituante, joie qui a été marquée par le chant spontané de l’hymne national .

** Abderraouf Ayadi évite de répondre à la question "Ghadhghadhi est-il un terroriste ?"

 

 

 

 

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Tous les commentaires

Amine Amani  a écrit, en commentaire de mon article :

« Tout en partageant votre avis concernant le rôle capital joué par la société civile tunisienne et les partis démocratiques, je voudrais ajouter que la Société Civile Tunisienne s'est aussi faite distinguée (sur le plan International) par le fait de faire aboutir le dialogue de consensus national à bon port. On assiste, pour la première fois, a une situation ou la société civile prend les choses en main et « oblige » les différents acteurs politiques à suivre ses « directives ». On doit ici saluer le rôle de UGTT [Union générale tunisienne du travail],UTICA [Union tunisienne de l'industrie, du commerce et de l'artisanat], LTDH [Ligue tunisienne des droits de l'homme], et [l'Ordre des] Avocats ».

 

Voir, aussi à ce sujet, par exemple :

http://www.huffpostmaghreb.com/2013/09/18/tunisie-ugtt-scenario-crise_n_3942055.html

 

Salah HORCHANI