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Le Club de Mediapart sam. 1 oct. 2016 1/10/2016 Dernière édition

Tunisie-Premier mensonge du Président-candidat Moncef Marzouki qui, en outre, a consacré sa première interview à….Al Jazeera

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Moncef Marzouki, Président provisoire de la République tunisienne, a déposé, au matin de ce samedi 20 septembre 2014, au siège de l’Instance Supérieure Indépendante pour les Élections, sa candidature pour les élections présidentielles dont le premier tour se déroulera le 23 novembre prochain, et ce, en tant que « candidat indépendant », comme l’a confirmé, par la suite, Adnène Mansar,  directeur de sa campagne électorale, au cours d’une conférence de presse dont les participants, soit dit en passant, ont été triés sur le volet [1],[4] .  Cela constitue le premier mensonge du Président-candidat, qui nous en a servi d’autres [2], et un éclatant démarrage de sa campagne électorale qu’il a placée sous le signe de la « Transparence », en affirmant dans sa première déclaration à la presse : « Ma candidature est un exemple de transparence » [3].

En effet, Moncef Marzouki est le Fondateur-Président-d’honneur du CPR (Congrès pour la République) et Adnène Mansar est l’un des membres du bureau politique de ce parti. En outre, Adnène Mansar était, jusqu’à ce jeudi 18 septembre 2014, porte-parole officiel et chef du cabinet du Président Moncef Marzouki. De plus, la fine fleur du dit parti a accueilli et accompagné le candidat Moncef Marzouki jusqu’au bureau de dépôt des candidatures aux élections présidentielles. Cette fine fleur était composée de plus de la moitié des membres du bureau politique du CPR, dont son secrétaire général, et des éléments de ce parti qui furent ministres dans les deux gouvernements islamistes dirigés par Ennahdha, le parti islamiste tunisien. D’ailleurs, parmi ces accompagnateurs, il y avait, aussi, des islamistes notoires, et même des extrémistes notoires et, semble-t-il, certains éléments des ex-Ligues de protection de la révolution (LPR) [ex-milices d’Ennahdha qui étaient proches du CPR et furent honorées par le Président Moncef Marzouki, en les recevant au Palais présidentiel de Carthage], dissoutes depuis par décision judiciaire [4]. Sur la photo-souvenir ci-dessus, prise à l’occasion de ce dépôt de candidature, on aperçoit une partie de cette fine fleur. Enfin, trente-cinq jours auparavant, le vendredi 15 août 2014, Imed Daïmi, Secrétaire général du CPR (à droite du Président-candidat sur ladite photo) a déclaré : «M.  Marzouki est notre candidat naturel. Cependant, il n’a pas encore annoncé sa candidature à ce poste. De toute manière, on le saura pour bientôt puisque nous sommes à quelques jours des délais de l’ISIE concernant l’annonce des candidatures » [5]. En conséquence, il est on ne peut plus clair que notre Président-candidat a menti en se présentant devant la presse comme étant un candidat indépendant.

Quant à l’information concernant la seconde partie de mon titre relative à la chaine qatarie Al Jazeera, elle est mentionnée dans [1]. Qui plus est, deux jours avant le dépôt de sa candidature, le Président Moncef Marzouki a choisi, également, un média étranger pour communiquer la date de déclaration de sa décision concernant son éventuelle candidature aux élections présidentielles, à savoir ce samedi 20 septembre, et ce, dans une interview fleuve [6] qui contient, aussi, son lot de mensonges ; par exemple, il y déclare :

" وبعدما تخرجت من الجامعة عدت إلى تونس لأخدم هذا الشعب كطبيب للفقراء "

"Quand je suis sorti de l’Université, je suis revenu en Tunisie afin de travailler pour ce peuple en tant que médecin des pauvres" (sic).

Cela confirme, d’abord, le mépris que voue notre Président provisoire pour les médias nationaux et, ensuite, sa dépendance viscérale vis-à-vis des médias étrangers, principalement arabes et plus particulièrement celles alimentées par les pétro-machins : n’est-il pas un chroniqueur attitré d’Al Jazeera ? Voir, à ce sujet, par exemple, mon article intitulé « Le Président Tunisien Moncef Marzouki a travaillé dur cette semaine pour les Droits de l’homme… en tant que plume d’Al-Jazeera ! » [7].   

Je ne peux terminer ce billet où il est question de Moncef Marzouki, d’Adnène Mansar et d’Al Jazeera sans citer une blague populaire qui fait actuellement le tour de Tunis :

Moncef Marzouki et Adnène Mansar sont dans un avion de retour du Qatar.

Adnène Mansar dit : Si je jette un billet de 10 dinars, je fais un heureux.
Moncef Marzouki lui répond : Moi, si je jette deux billets de 5 dinars, je fais deux heureux.

Le pilote soupire et dit à son copilote : Moi si je jette ces deux …. par-dessus bord, je rends 11 millions de tunisiens heureux !

 

Note ajoutée le 21 septembre 2014

Un ami Facebookeur de Genève, répondant aux initiales M.M. qui se reconnaîtra, a écrit, en réaction à mon billet, l’excellent commentaire suivant :

Le chevalier de la fidélité médiatique !

En règle générale et pour des raisons que tout le monde comprend , le premier discours de candidature de tout candidat-président consiste à communiquer la quintessence de son programme présidentiel aux médias nationaux , partant de la logique qui veut qu'il s'adresse en priorité à ses concitoyens qui sont jusqu'à nouvel ordre ses électeurs potentiels, via les médias nationaux , dans le but de leur exposer les grandes lignes de son programme électoral !

Sauf que notre président provisoire et candidat-président n'a pas oublié son statut de salarié de la Chaîne de télévision Al Jazira à laquelle il a adressé comme de bien entendu, la primeur de son message de candidat ; loyauté oblige ! 

 

Note ajoutée le 23 septembre 2014 : le Président-candidat serait un agent du Qatar et de l’organisation des Frères Musulmans !

« Le journal arabophone Akher Khabar a révélé, dans son édition du 23 septembre 2014, les tentatives du président Moncef Marzouki pour torpiller l’initiative égyptienne de résolution de la crise de Gaza en appliquant des consignes émanant du Qatar. Cette révélation vient de la part de l’ambassadeur de Palestine en Tunisie qui a adressé un compte-rendu au président Mahmoud Abbas, daté du 15 août 2014, suite à une réunion entre Moncef Marzouki et une délégation du Hamas. (...) il y a eu un dialogue entre Moncef Marzouki et le prince du Qatar. Dans ce dialogue, Moncef Marzouki aurait demandé le soutien du prince lors de l’élection présidentielle. Celui-ci aurait répondu : "On a fait pression sur Ennahdha pour soutenir votre candidature mais ils ont eu des réserves sur le sujet pour des raisons internes. Par contre, ils se sont engagés à ne soutenir aucun de vos adversaires à la présidentielle". Le prince du Qatar aurait proposé à Moncef Marzouki de poursuivre ses efforts en vue de créer une cour constitutionnelle internationale pour ensuite faire tout son possible pour imposer Marzouki en tant que président de cette cour s’il n’est pas réélu à la présidence tunisienne. 

Les observations de l’ambassadeur contenues dans sa correspondance révèlent d’autres faits. En effet, le diplomate écrit que cette initiative du président Marzouki serait appuyée et soutenue par le prince du Qatar et l’organisation des Frères Musulmans. Il ajoute que l’objectif de Moncef Marzouki n’est pas tant celui de soutenir la cause palestinienne que de faire une campagne électorale prématurée et de rendre service au Qatar, son principal financier ainsi que de gagner la sympathie des Frères Musulmans »*.

*Extrait de :

http://www.businessnews.com.tn/les-tractations-de-moncef-marzouki-avec-le-qatar-revelees-par-lambassadeur-palestinien-en-tunisie,520,49686,3

À l’attention des lecteurs arabophones : Voir, aussi, le lien suivant 

http://www.businessnews.com.tn/bnpdf/marzouki-palastine.pdf

où l’on trouve, intégralement, ledit compte-rendu, daté du 15 août 2014, que l’ambassadeur de Palestine en Tunisie a adressé au Président Abbas, compte-rendu qui a conduit le journal Akher Khabar à affirmer que Moncef Marzouki complote pour avorter l’initiative de paix égyptienne et s’emploie pour semer la discorde entre les Palestiniens.

Je reproduis ci-dessous la première et les deux dernières pages de ce compte-rendu :

 

 

Salah HORCHANI

[1]http://www.businessnews.com.tn/moncef-marzouki-consacre-sa-premiere-interview-de-candidat-a-al-jazeera,520,49585,3

[2] http://blogs.mediapart.fr/blog/salah-horchani/121113/le-mensonge-de-moncef-marzouki-president-voyageur-tunisien

[3]http://tempsreel.nouvelobs.com/monde/20140920.AFP6455/tunisie-le-president-marzouki-candidat-a-sa-reelection.html

[4] http://www.tunisienumerique.com/tunisie-alors-marzouki-independant-ou-pas-independant/235080

[5] http://www.businessnews.com.tn/imed-daimi--moncef-marzouki-est-le-candidat-naturel-du-cpr-a-la-presidentielle-audio,534,48714,3

[6] http://www.alaraby.co.uk/politics/86b706fa-70c2-41a7-9ba8-6caf0fdad58e

[7] http://www.legrandsoir.info/le-president-tunisien-moncef-marzouki-a-travaille-dur-cette-semaine-pour-les-droits-de-l-homme-en-tant-que-plume-d-al-jazeera.html

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Moncef Marzouki provoque un incident diplomatique avec la Palestine (1/2)

 

La Palestine dans nos cœurs, la Palestine un dossier prioritaire, jamais nous ne lâcherons la Palestine. Les slogans pompeux du CPR et du président Moncef Marzouki à propos de ce dossier remplissent des containers. Ça ameute les foules et ça rapporte des votes. Mais la réalité est toute autre, en témoigne l’incident diplomatique provoqué cette semaine par Moncef Marzouki devant le silence total des politiques qui préfèrent se tirer entre les membres de la même famille plutôt que sur les adversaires.

Comme d’habitude, c’est un journal catalogué parmi les « médias de la honte » qui révèle ce énième scandale de Moncef Marzouki. Cet hebdomadaire arabophone « Akher Khabar » révèle dans son numéro du mardi 23 septembre des lettres confidentielles diplomatiques entre l’ambassadeur palestinien à Tunis, Salman Al Harfi, avec son président Mahmoud Abbes. Le contenu de ces lettres est explosif puisqu’elles parlent de Moncef Marzouki et de ses tractations avec le Qatar. L’ambassadeur livre un compte-rendu d’une réunion dont l’objet est de torpiller l’initiative égyptienne de résolution de la crise de Gaza, en appliquant des consignes émanant du Qatar. Après avoir donné moult détails concernant le dossier palestinien, l’ambassadeur se permet même de parler du coup de pouce demandé par Moncef Marzouki au Qatar dans sa campagne électorale. Un coup de pouce demandé au prince en personne. « On a fait pression sur Ennahdha pour soutenir votre candidature mais ils ont eu des réserves sur le sujet pour des raisons internes. Par contre, ils se sont engagés à ne soutenir aucun de vos adversaires à la présidentielle », aurait déclaré l’émir, sur la foi de la lettre de l’ambassadeur à son président. Il était question ensuite de l’avenir de Moncef Marzouki dans une institution internationale, à créer au cas où il ne sera pas réélu.

Les exemplaires du journal sont vite épuisés dans les kiosques. Le journaliste Walid Mejri, auteur de la révélation, ne pouvait être que fier de son travail. Le team présidentiel se terre dans le silence.


Après le premier effet de surprise, l’ambassadeur sort dans Mosaïque FM pour démentir. Il s’entremêle les pinceaux et laisse planer le doute quant à sa sincérité.
Il publie ensuite un communiqué dans lequel il se contredit. Au début du communiqué, il dément catégoriquement les informations d’Akher Khabar. A la fin du communiqué, il parle de fuite de documents, insinuant ainsi (involontairement) que les documents sont bel et bien authentiques.


Le surlendemain, une interview de M. El Harfi est publiée dans le quotidien arabophone Le Maghreb pour démentir de nouveau. A l’entendre, les relations avec la présidence tunisienne de la République sont bonnes et il n’y a jamais eu de différend. Pour preuve, dit-il, il parle de ce congrès sur la Palestine, organisé par la présidence tunisienne et co-préparé avec l’ambassade. Ce congrès, programmé pour le 30 septembre, dure deux jours et verra la présence de plusieurs personnalités palestiniennes, disait l’ambassadeur dans Le Maghreb du 25 septembre.

Le team présidentiel et son parti CPR relaient expressément les démentis de l’ambassadeur palestinien et tournent en dérision le journal « Akher Khabar » (signifiant dernière info), avec leurs bassesses ordinaires.  « Dernière rumeur », déclare Imed Daïmi, SG du CPR. « Dernier mensonge », renchérit Samir Ben Amor, député CPR.


Pourtant, force est de constater qu’il n’y a eu aucun démenti officiel de l’institution de la présidence de la République et qu’il n’y a eu aucune plainte de l’ambassade pour faux et usage de faux. Si les lettres n’étaient pas authentiques, comme a voulu le faire croire l’ambassadeur, c’est que l’on a forcément falsifié sa signature et le papier entête de l’ambassade !


N’empêche, face à ce très pauvre démenti, les médias et les différents leaders politiques se laissent intimider. Rares, très rares, sont ceux qui relaient l’affaire et en parlent. Le Maghreb a même cherché à désavouer Akher Khabar avec le démenti de l’ambassadeur non accompagné de la réponse du journal à ce démenti.

(à suivre)

 

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Qui tolère l’islamisme récolte le terrorisme ( l’islamisme = l’islam politisé )

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Pour faire court, disons en une phrase, pourquoi il faut combattre l’islamisme ! L’islamisme est le tombeau de la liberté de pensée, car, le tolérer au nom de la liberté de pensée, c’est amputer cette même liberté de pensée et envoyer un désaveu fort à l’égard de tous ces musulmans qui se battent pour un islam des lumières : le monde musulman n’a pas besoin d’islamisme, il a besoin d’un islam revisité - complètement libéré des valeurs véhiculées par l’islamisme, en particulier les valeurs qui discriminent, qui excluent, qui séparent, qui divisent, qui retranchent, qui musellent la liberté d’expression et ignorent la liberté de pensée, valeurs qui sont l’antichambre de celles qui massacrent et qui tuent [1] - le monde musulman a besoin d’un islam revisité, disais-je, un islam qui soit Ijtihad (= effort de réflexion) et non Djihad, cheminement spirituel et non barbe ou voile, ni course au pouvoir politique, un islam retrouvant ses valeurs fondamentales portées par ses penseurs éclairés, d’hier et d’aujourd’hui; aussi, l’islamisme est à combattre «««««« [1] Voir, par exemple, mon commentaire - intitulé À L’ATTENTION DES NON-INITIÉS et référencé «11/09/2016 17:40 Par salah horchani» – de ce texte paru sous le lien suivant : https://blogs.mediapart.fr/salah-horchani/blog/110916/pour-faire-court-disons-en-une-phrase-pourquoi-il-faut-combattre-l-islamisme