Manifestation  spontanée à Tunis, sur l’avenue Habib Bourguiba, le jeudi 25 juillet 2013, après l’annonce de l’assassinat de Mohamed BRAHMI-Photo Demotix/Hamideddine.

Depuis l’arrivée des islamistes au pouvoir en Tunisie, en octobre 2011, il y a eu trois assassinats politiques visant des personnalités de l’opposition. Le dernier en date est celui de Mohamed BRAHMI, député à l'Assemblée Nationale Constituante, qui a été abattu, en plein mois de ramadan, le jeudi 25 juillet 2013, jour du 56ème anniversaire de la proclamation de la République tunisienne, devant son domicile et sous les yeux de sa famille , de quatorze balles tirées à bout portant par deux exécutants circulant à moto. Même modus operandi que pour l’assassinat de Chokri BELAÏD, un autre opposant de gauche, qui avait été exécuté, le 6 février 2013, même arme et même équipe d’assassins, a confirmé le Ministre de l'intérieur tunisien.

Toi, le révolutionnaire avant l’heure, le patriote, le tribun,
Je suis sans voix devant la lâcheté de tes assassins
Et de nos islamistes au pouvoir qui leur ont donné un blanc-seing,
Par leur laxisme, leur discours et leur déclaré funeste dessein,
Sans oublier celle de leur Grand Gourou et son avéré soutien


Pour deviner leurs commanditaires, pas besoin de dessin
Ils appartiennent à l’autre pôle de notre monde, confirmé manichéen,
Celui des ténèbres, des double-discours, des tartuffes, des politiquement malsains
Et des ennemis de la Liberté, de la Démocratie et des Droits humains,
Création de l’Oncle Sam, de ses valets et leurs pétro-machins

 
Ils pensent, Mohamed, nous faire taire, nous terroriser par leurs criminels moyens
Qu’ils sachent, quoiqu’ils fassent, leur cause est perdue d'avance, ils n’arriveront à rien
Puisque nous sommes prêts à mourir pour notre Tunisie, pour sa révolution, clé de son destin
Dans notre juste combat, nous sommes décidés, optimistes et sereins,
Convaincus que l’étoile de nos martyrs nous guide vers un succès certain,
Combat dont ton dernier voyage est l’un des catalyseurs opportuns
Étoile depuis laquelle tu pourras désormais suivre notre lutte, Mohamed, soir et matin
Succès instaurant notre choix de société pour lequel tu te retrouves là-haut, loin des humains

 
Ils ont commis leur forfait en ce mois sacré, en ce mois saint
En ce jour anniversaire  de notre régime républicain,
Ignorant que ton sort n’est pas celui du commun des défunts :
Tu n’es pas mort, Mohamed, tu es  vivant dans nos cœurs, hier comme demain  

 
Puisse ton  sacrifice, après celui de Lotfi  et Chokri,  sonner, enfin, le tocsin
Des ambitions personnelles de nos démocrates politiciens,
Ainsi que du projet des commanditaires de ces miliciens
Qui t’ont abattu, froidement, ce jeudi 25 juillet, devant les tiens
Par quatorze balles tirées à bout portant, pas moins !
Ces démocrates qui, pour leur avenir politique, sont aux petits soins,
En délaissant celui de la mère-patrie et son dramatique quotidien
Ces démocrates dont la division, par le passé, nous a mis dans ce pétrin,
Dont l’ambition se conjugue avec portefeuille ou autre projet mesquin,
Et qui, aujourd’hui, par leur égo et leur comportement irresponsable et enfantin
Risquent de faire sombrer le pays dans un cauchemar sans fin

 
Salah HORCHANI

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Ils ont commis leur forfait en ce mois sacré, en ce mois saint

En ce jour anniversaire  de notre régime républicain

cela en dit long sur le vrai visage de l'islamisme !

je partage votre tristesse et forme le voeu d'une renaissance démocratique pour la Tunisie