1. Moncef  Marzouki, le Président-voyageur

Moncef  Marzouki, notre Président provisoire de la République, dont les prérogatives sont moindres que celles des Reines et Rois européens d’aujourd’hui ou des Présidents de la IVème République française, prérogatives extrêmement limitées pour lesquelles il a voté lui-même, seulement quelques jours avant son accès à la « magistrature suprême » ( expression, en réalité, inappropriée à ce cas de présidence), accès acquis d’avance, par la grâce du soutien et de la bénédiction  des islamistes dont il est devenu, par la suite, l’otage, mérite de figurer dans le Livre des records du monde, à la rubrique  « Présidents-voyageurs ». En effet, à partir de l’article* du journaliste et correspondant de France 24, Safwene Grira, on peut montrer que, toutes proportions gardées, les frais de voyages à l’étranger de notre Président sont les plus chers du monde, rapportés à l’état des finances du pays. Ainsi, rien que les frais de bouches, pour un trajet présidentiel normal Tunis-Europe-Tunis, peuvent atteindre 9.000 DNT, l’équivalent, environ, de 30 mensualités du Smig en Tunisie. Quant au politologue Sami Jallouli, il a affirmé sur les ondes de Shems FM  « qu’en 23 ans, Ben Ali  [le Président déchu]  n’a pas voyagé autant que  [le Président] Marzouki en 2 ans » **, en soulignant que les voyages effectués par ce dernier à l'étranger sont beaucoup plus nombreux que ceux effectués à  l'intérieur du pays et en faisant remarquer que, souvent, le Président Marzouki préfère se faire accompagner, lors de ces voyages à l’extérieur, par des  personnalités politiques, conseillers ou autres, plutôt que par des hommes d’affaires, ce qui serait plus utile et avantageux pour l’économie du pays. Et, ce sont ces déplacements excessifs et onéreux, conséquences, probablement, de son statut de Président sans pouvoirs, qui m’ont conduit à baptiser Moncef Marzouki « le Président-voyageur ».

 

2. Sur la vérité de la légitimité populaire du Président Moncef Marzouki

En vérité, Moncef Marzouki, qui a été élu Président de la République par l’Assemblée Nationale Constituante (ANC), bien qu’ayant une légitimité légale, n’a, au contraire, aucune légitimité populaire, puisque, seulement 13% des électeurs ***, environ, ont voté pour lui dans la circonscription de Nabeul 2 où il était candidat dans les élections des membres de l’ANC. Ajouté à cela le fait que son parti, le CPR (Congrès Pour la République), n’a obtenu, sur le plan national, lors de ces élections, que 8,6% des suffrages exprimés, élections qui ont été marquées, par ailleurs, par un taux d’abstentions d’environ 50%.

D’ailleurs, Moncef Marzouki, n'aura eu, tout au long de son mandat, qu’une seule obsession, qu'une seule ligne de conduite : essayer de faire oublier au Peuple tunisien, à ses partenaires politiques, à ses pairs étrangers,… son statut de Président sans pouvoirs, de Président sans légitimité populaire, et ce, par ses discours, ses propositions et ses innombrables suggestions, dignes d’un Président à pouvoir réel, comme ce fut le cas, par exemple, lors de son dernier voyage dont il est question dans le paragraphe qui suit, voyage qui fut parsemé, le moins que l’on puisse dire, de non-évènements constitués d’élucubrations et de propagandes et de quémandes au profit des régimes islamistes du contre-Printemps arabe , ainsi que de déclarations liberticides, confirmant l’homme nouveau qu’est devenu  Moncef Marzouki, le défenseur acharné des Droits humains, dans une vie antérieure.

 

3. Le Chant du cygne du Président-voyageur

Le séjour aux États-Unis d’Amérique de notre Président provisoire sonne comme le Chant du cygne de notre Président-voyageur. En effet, à ma connaissance, ce séjour est le plus long parmi les séjours des 36 Chefs d’ État ou de Gouvernement qui ont fait le déplacement à New York pour assister à la session ordinaire 2013 de l’Assemblée générale des Nations Unies, sur près de 200 États membres que comporte cette organisation, et, toujours à ma connaissance, dans toute l’histoire des sessions ordinaires de ladite Assemblée générale, aucun Chef d’ État ou de Gouvernement, se sachant vivant ses derniers mois au pouvoir dans un pays traversant  le pic d’une crise aigüe, frôlant la guerre civile, n’a fait pareil !

Bravo ! Monsieur le Président, pour tous ces faits d’armes qui vont, certainement, vous faire rentrer dans l’Histoire !

 

Salah HORCHANI

*http://news.tunistribune.com/?q=node/1908

**http://www.shemsfm.net/fr/actualite/sami-jallouli-en-23-ans-ben-ali-n-a-pas-voyage-autant-que-marzouki-en-2-ans?id=49519

*** http://www.isie.tn/Ar/image.php?id=695

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