Rached Ghannouchi accueillant, à l’aéroport de Tunis-Carthage, en haut de la passerelle, Youssef Al Qaradawi.

Depuis que certains pays d’accueil attitrés de la Confrérie des Frères musulmans, dont le fameux Qatar,  ont brandi le carton rouge devant eux en leur intimant l’ordre de quitter leur sol, que d’autres pays ont classé la Confrérie comme étant une organisation terroriste, les têtes pensantes des Frères sont aux abois et cherchent une terre d’asile, pour en faire leur nouveau quartier général. Une lueur d’espoir leur est parvenue de la Tunisie, quand Rached Ghannouchi, président-fondateur du parti des Frères musulmans tunisiens, alias Ennahdha, dans une interview [1] accordée au journal en langue arabe al-akhbar, parue le 30 septembre 2014, c’est-à-dire, moins d’un mois avant les élections législatives qui ont eu lieu le 26 octobre 2014, a déclaré, d’abord, que lui et son parti  « sont très confiants pour être les victorieux de ces élections » (واثقون من فوزنا بالانتخابات التشريعية) et, ensuite, que « les chefs des Frères musulmans sont les bienvenus en Tunisie, mais, la décision finale revient au gouvernement » (قيادات الإخوان مرحّب بها لدينا، لكن القرار يعود الى الحكومة). Rappelons, dans ce cadre, qu’un Congrès international des Frères musulmans s’est tenu à Tunis [2], dans le plus grand secret, les 16, 17 et 18 janvier 2014, sous la houlette d’Ennahdha, alors au pouvoir. En outre, il existerait un accord [3] conclu entre Rached Ghannouchi et l’émir du Qatar permettant à Youssef Al Qaradawi, le milliardaire frère musulman prédicateur télé-islamiste, mufti des va-t-en-djihad, de s’installer en Tunisie, si jamais Ennahdha remportait les élections.

Heureusement, Dieu merci !, que le Peuple en a décidé autrement, puisqu’il a renvoyé aux calendes grecques  une autre victoire éventuelle des islamistes!

Que Messieurs Nabil Al Aouadi, Wajdi Ghonim, Youssef Al Qaradawi et leurs acolytes dans la Confrérie, ainsi que les cheikhs salafistes qui prennent notre pays pour une terre de re-islamisation, sachent que le temps où ils étaient reçus en Tunisie avec les honneurs réservés aux chefs d’État, pendant la période du pouvoir de Rached Ghannouchi and Co., que ce temps où ils venaient souiller notre Tunisie éternelle avec leurs prêches haineux et violents, faisant l’apologie de la Sharia pure et dure ( pour eux, « l’islam libéral est l’œuvre de Satan »), du djihad, du niqab, du voile pour les petites filles, de l’excision,… que ce temps-là est révolu et ne reviendra plus jamais. D’ailleurs, Wajdi Ghonim l’a bien compris, puisque, dans une vidéo postée hier, il a déversé toute la haine qu’il a envers ce qu’il appelle « les laïcs de Tunisie », « ces mécréants » [4], à savoir les victorieux des dites élections, jusqu’à les traiter de « sales et infectes », selon ses propres termes.

Pour ne pas oublier ce que nous avons risqué : Le prédicateur intégriste Nabil Al Aouadi, invité officiel des islamistes et de leur créature, Moncef Marzouki, Président provisoire de la République, le bras enlaçant une petite tunisienne voilée, tétanisée, lors de son étape à Zarzis, au mois de février 2013, dans le cadre de sa tournée de prêches à travers le pays.

 

Salah HORCHANI

[1] http://www.al-akhbar.com/node/216572

[2] http://www.kapitalis.com/politique/20154-politique-ennahdha-accueille-en-tunisie-un-congres-secret-des-freres-musulmans.html

[3] http://www.kapitalis.com/politique/21856-politique-youssef-qaradhaoui-viendra-s-installer-en-tunisie-apres-les-elections.html

[4] http://www.businessnews.com.tn/details_article.php?t=520&a=50721&temp=3&lang

 

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