Maastrichtien dans l'âme, je finissais hier soir de boucler mon budget pour les fêtes, rabotant par ci, par là, rognant de ci, de là, lorsque j'appris la nouvelle: Monsieur Edouard PHILIPPE, premier ministre en exercice venait d'être exfiltré de toute urgence du Japon ! Pour surprenant que cela puisse paraître, il faut pourtant se souvenir qu'il y a peu, en septembre 1940, la France fût lâchement agressée dans ses possessions indochinoises par les armées nippones. Lesquelles finirent par perdre totalement la face lorsque le vent eût tourné, et avec lui le sort des armes. Entre temps, nous avions nous aussi subi un cuisant revers dont nous ne nous relèverions jamais tout à fait.
C'est sans aucun doute ces événements que Monsieur PHILIPPE, et avec lui son Eminent Cabinet, avait à l'esprit lorsqu'ils prit la décision d'affréter un AIRBUS A-340 de luxe pour rapatrier la délégation française retour de Calédonie. Monsieur PHILIPPE, et avec lui son Éminent Cabinet était douloureusement conscient qu'en Asie tout est question de face. "Je volais vers l'orient compliqué avec des idées simples": le premier ministre, qui affectionne en effet les idées simples, avait bien sûr en tête cet aphorisme du Général, au moment d'embarquer dans le vieux coucou de l'armée de l'air qui devait le ramener à Paris. Le risque était évident: à l'instigation des revanchards ultra-nationalistes qui pullulent dans ce pays, la presse japonaise s'en serait donné à cœur joie, ne manquant pas de ridiculiser le Premier Ministre de la France obligé de voyager dans un zinc hors d'âge ! S'en serait suivi un Dien Bien Phu médiatique des plus préjudiciables pour notre prestige en Asie, alors même que nous sommes sur le point de vendre le TGV au Bangladesh et des Rafales à la Birmanie...
Il fallait donc déjouer le piège, et signifier une fois de plus que la France savait encore tenir son rang parmi les rares puissances capables de claquer 350 000 euros avec panache, pour la beauté du geste et la plus grande affliction des petits hommes jaunes. Mais il fallait aussi faire au plus vite pour ne pas rater l'importantissime conseil de défense qui devait se tenir à l'Elysée aux premières lueurs de l'aube. Pour cela, les avions de l'armée de l'air étant réputés lents et poussifs ( fonction publique oblige...), il ne restait plus qu'à faire appel, la mort dans l'âme bien sûr, à un loueur privé, un peu cher mais bien plus sûr. Monsieur PHILIPPE se devait donc d'être présent, et ce pour deux excellentes raisons: la première est que le Président venant d'annoncer l'anéantissement imminent de DAESH, il ne pouvait être question de retarder cette réunion de quelques heures. La deuxième, toute aussi importante, est qu'il était inenvisageable de laisser Florence Parly, l'actuelle ministre de la défense, présider ce conseil. En effet, si nul ne doute de ses compétences en matière militaire (elle qui est passée par la SNCF et AIR FRANCE), encore moins en matière de stratégie (elle qui a travaillé aussi bien avec Fabius que Quilès ou Hamon), il fallait néanmoins un véritable expert pour présider ce conseil de défense. Ayant commis deux romans à suspense et lâché François Fillon in extremis, Monsieur PHILIPPE était tout désigné pour diriger les débats.
Dans le sillage du Président Macron qui s'envole vers des sommets de popularité, LREM va donc devenir LREV, moyennant quelques milliers d'euros judicieusement investis dans l'ECONOMIE RELLE.