Au cœur d'un pays en effervescence (01): Les étudiants s’approprient d’autres espaces

Quand les étudiants se prennent en charge, les résultats sont (presque) toujours au rendez-vous.  Ceux de l’ENP (Ecole Nationale Polytechnique) le constatent  pour leur plus grand bonheur.

Quand les étudiants se prennent en charge, les résultats sont (presque) toujours au rendez-vous.  Ceux de l’ENP (Ecole Nationale Polytechnique) le constatent  pour leur plus grand bonheur.

Le 10 avril dernier, ces jeunes étudiants, et avant que la majorité d’entre eux ne rejoigne Alger-centre pour participer à des manifestations, ont organisé une conférence-débat. C’était à l’intérieur de l’école. Dans un amphithéâtre archi-comble , l’invité du jour, l’économiste Smail Lalmas, a essayé de vulgariser quelques concepts économiques.

Une occasion pour les futurs polytechniciens de conquérir (encore) un nouvel espace. Après les manifestations de rues, les groupes fermés sur les réseaux sociaux, la création d’application (les étudiants de l’ENP ont lancé « Sawti »), place au terrain « interne ». Et pour un coup d’essai (invitation d’une personne étrangère à l’école), c’était une réussite. Il suffisait de se « concentrer » sur la qualité des questions émises par les étudiants à Smail Lalmas pour comprendre cette soif d’apprendre, et de comprendre, de ces jeunes, avides de ne pas rater leur rendez-vous avec l’Histoire. Face aux interpellations pertinentes des élèves-ingénieurs, l’économiste se retrouvait à justifier ses imprécisions et ses nombreuses vagues réponses. « Il faut savoir que je suis venu ici sans rien préparer» répondait Smail Lalmas en avouant à ses interlocuteurs « vos questions sont excellentes et même les journalistes professionnels ne me les posent pas ».

Les étudiants de Polytech s'organisent: Smail Lalmas comme invité © Reporters Dz

Concernant l’intervention en elle-même, l’économiste a abordé plusieurs sujets en commençant quasiment toutes ses phrases par « il faudrait que » ou encore « il faut réfléchir à ». Smail Lalmas s’est donné à cœur joie d’afficher son « positionnement » par rapport aux subventions qu’il préfère « ciblées ». Les organisations économiques internationales ont eu leur « part » dans les débats au courant desquels le conférencier a clairement affiché ses vœux pour des accords de libre échange. Pour l’OMC (Organisation Mondiale du Commerce), Smail Lalmas a appelé tout simplement à ce que l’Algérie en soit membre en indiquant « on a rien à perdre à la rejoindre » ou encore « il est utile de l’intégrer »! Pourtant, quelques instants auparavant le conférencier n’hésitait pas à critiquer l’accord  d’association avec l’Union Européenne (signé en 2002 et entré en vigueur en 2005) qui n’a été bénéfique qu’aux partenaires du vieux continent. « L’Algérie n’avait rien à exporter puisque notre économie est toujours basés sur les hydrocarbures » a-t-il expliqué.  

Le « point » qui semble avoir le plus attiré l’attention des étudiants lors de cette rencontre est l’appel de Smail Lalmas a rejoindre un regroupement régional, celui de la Cédeao(Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest). Une porte vers l’Afrique qui n’a pas encore été ouverte à ce jour.

Evidemment une question ne pouvait pas être omise. Qu’en est-il de la situation actuelle du pays et du positionnement de l’économiste, devenu un habitué des plateaux de télé et des colonnes des journaux depuis plusieurs semaines? La réponse fut mi-figue, mi-raisin :« je ne cours pas derrière des postes » a affirmé Smail Lalmas, tout en précisant « mais si je viens, ça serait pour apporter quelque chose, avec des objectifs précis ».

@SalimKoudil

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