Passe-droit vaccinal

Jusqu’au bout, les députés de l’actuelle APN auront réussi à donner une piètre image de leur mission. Leur dernier « coup » en est l’illustration. Le fait de les retrouver parmi les premiers bénéficiaires des vaccins anti-Covid reste incompréhensible sur plusieurs plans, et le premier est avant tout moral.

 

Jusqu’au bout, les députés de l’actuelle APN auront réussi à donner une piètre image de leur mission. Leur dernier « coup » en est l’illustration. Le fait de les retrouver parmi les premiers bénéficiaires des vaccins anti-Covid reste incompréhensible sur plusieurs plans, et le premier est avant tout moral.
Pourtant tout était clair, et bien avant l’arrivée des premiers Spoutnik V. La campagne de vaccination concernera au début les populations prioritaires. Ces dernières étaient, et sont toujours, les personnes âgées, les personnes atteintes de maladies chroniques et le personnel soignant. Comment les députés se sont retrouvés, en tant que membres de l’APN, au premier rang ? Le mot le plus approprié dans ce cas, s’impose de lui-même, il s’agit d’un passe-droit. Il est utilisé par des personnes dont la mission prioritaire est pourtant de défendre les droits des citoyens.
Ne pouvaient-ils pas éviter d’être, encore une fois, désignés du doigt dans une posture négative ! Plus de dix jours après le lancement de la campagne de vaccination, les députés (auxquels il faut ajouter les membres du Conseil de la nation) se mettent en avant pour « rafler » les doses disponibles. Pourtant tout le monde sait que la quantité des vaccins reçus à ce jour est loin d’être suffisante. Il n’y a eu jusqu’à maintenant que deux cargaisons. La première, celle du Spoutnik V a été réceptionnée le 29 janvier, et la seconde, celle d’AstraZeneca, le 02 février. D’autres quantités sont au programme, mais, pour le moment, les doses obtenues sont loin de satisfaire la demande, et encore plus loin des objectifs de la campagne de vaccination (60% de la population).
Si les membres de l’APN croyaient donner l’exemple pour encourager les citoyens à se faire vacciner, c’est totalement raté. Un minimum de culture politique (est-ce trop demandé !) aurait permis d’échapper à cette mascarade.
La campagne de vaccination, déjà fastidieuse et bien difficile à mettre sur les rails, n’avait pas besoin de ce «geste». Pour finir, les priorités et les prioritaires ne se trouvent pas du côté du Palais Zighoud Youcef.

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