Le patrimoine amazigh et la mémoire du monde

Conférence de Ahmed Benzelikha (Président du Comité national de la Mémoire du monde) autour du patrimoine amazigh et la mémoire du monde

Ahmed Benzelikha, président du président du Comité national de la Mémoire du monde lors de sa conférence © Salim KOUDIL Ahmed Benzelikha, président du président du Comité national de la Mémoire du monde lors de sa conférence © Salim KOUDIL

Yennayer 2969, premier jour de l’an amazigh, ne pouvait pas être représenté uniquement  par des festivités culinaires, musicales, ou vestimentaires. Des « festivités » certes importantes pour marquer cette date qui est définitivement ancrée dans l’esprit collectif algérien, malgré le pessimisme des uns, et les réticences des autres, mais il y avait un gout d’inachevé. Finalement, il fallait juste attendre lendemain de Yennayer, soit le 13 janvier, pour goûter à ce qui ne peut être étiqueté de folklore. Une conférence-débat de haute facture. C’était lors d’une rencontre qui s’est déroulée dimanche matin au siège de la commission nationale de l’Unesco, à Alger.

La thématique choisie était d’emblée prometteuse. Au programme, une rencontre autour du patrimoine amazigh et la mémoire du monde.  Un sujet qui vient à point nommé pour évoquer les multiples dimensions que Yennayer devrait susciter en chaque algérien. Lier l’amazighité avec l’un des programmes phares de l’Unesco, en l’occurrence, celui de « la mémoire du monde », dont l’objectif est, entre autres, l’identification du patrimoine documentaire. Un « aspect » d’une importance primordiale pour l’Algérie, et surtout pour l’amazighité, connue (à tort ou à raison) davantage pour sa préservation par l’ « oralité » que par ce qu’ont laissé les anciens comme « biens palpables ».   C’est ce qu’a entrepris Ahmed Benzelikha, président du Comité national de la Mémoire du monde, lors de la conférence qu’il a animée. « Consacrer l’amazighité est une opportunité extraordinaire que nous devons exploiter » a-t-il tenu à préciser lors son intervention.

Axée sur les multiples aspects du patrimoine algérien, et de tout le Maghreb, la conférence de Ahmed Benzelikha était riche à tout point de vue. Convoquant l’histoire, la culture, l’anthropologie, et pas que, le président du Comité national de la mémoire du monde, a su capter l’attention des présents par son approche didactique et scientifique. Ahmed Benzelikha était d’autant pertinent que son intervention était ponctuée par ce que de nombreux conférenciers omettent, la contextualsation des faits. C’est que la conférence était d’autant importante qu’elle a permis de mettre en avant l’importance de préserver le patrimoine amazigh existant, mais également d’en découvrir ce qui a été, à ce jour, omis ou mis de côté. La préservation du patrimoine documentaire  et sa mise en valeur sont des aspects importants pour le renforcement de l’édification de la nation, ce qui est loin d’être négligeable. Le débat qui a suivi la conférence est allé dans ce sens. ..

 Présent dans la salle,  Slimane Hachi l’ex-directeur du Centre national de recherche préhistorique, anthropologique et historique (Cnrpah), a fait une intervention de haute facture. Il s’est ainsi longuement étalé sur le choix du 12 janvier pour  célébrer Yennayer  et également sur celui du début du calendrier amazigh.  « L’identité est toujours le produit de négociations anthropologiques » a ainsi souligné l’anthropologue. Une manière pour Slimane Hachi de rappeler que les acquis sont avant tout le résultat de rendez-vous avec l’histoire.

 Salim KOUDIL

 

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