𝐋𝐚 𝐂𝐫𝐨𝐲𝐚𝐧𝐜𝐞 -libidinale-
𝐄𝐧𝐭𝐫𝐞 𝐀𝐦𝐨𝐮𝐫 𝐒𝐭𝐚𝐛𝐢𝐥𝐢𝐬𝐞́ 𝐞𝐭 𝐑𝐞𝐦𝐩𝐚𝐫𝐭 𝐈𝐝𝐞𝐧𝐭𝐢𝐭𝐚𝐢𝐫𝐞
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D'après la pensée de Daniel Sibony , la croyance ne doit pas être vue simplement comme une adhésion dogmatique, mais comme une économie de l'amour. En la définissant comme une "forme simplifiée de l'amour", Sibony souligne qu'elle permet de fixer un investissement libidinal qui, autrement, serait erratique ou angoissant.
1. 𝑳𝒆 𝒔𝒖𝒑𝒑𝒐𝒓𝒕 𝒅𝒖 𝒏𝒂𝒓𝒄𝒊𝒔𝒔𝒊𝒔𝒎𝒆
La croyance offre au sujet un support stable pour sa projection narcissique. Croire, c'est investir un "capital d'amour" dans un objet (Dieu, une idéologie, un groupe) qui, en retour, valide l'existence du croyant. C'est un contrat psychique : je donne de l'amour à l'Idée qui me donne une identité.
2. 𝑫𝒖 𝒅𝒆́𝒏𝒊 𝒂𝒖 𝒓𝒆𝒇𝒐𝒖𝒍𝒆𝒎𝒆𝒏𝒕 "𝒆𝒏 𝒃𝒆́𝒕𝒐𝒏"
Sibony revisite le concept freudien du déni. Si chez Freud, le déni est lié à la castration maternelle. Éviter la question : Le déni n'est pas toujours une perversion, c'est parfois une stratégie de survie pour ne pas affronter un vide insupportable.
Le refoulement structurant : Quand la croyance devient "en béton", elle ne se contente plus de cacher, elle "couvre" totalement la faille. Le sujet ne veut plus rien savoir de son manque à être.
3. 𝑳𝒂 𝒇𝒐𝒏𝒄𝒕𝒊𝒐𝒏 𝒅𝒆 𝒍'𝑰𝒅𝒆𝒏𝒕𝒊𝒕𝒆́ 𝒆𝒕 𝒍𝒆 "𝑻𝒓𝒐𝒖"
C'est ici que la dimension politique et religieuse rejoint la psychanalyse. L'identité a horreur du vide (le "Trou").
L'acte identitaire : Tuer au nom d'une croyance devient alors un acte "totalisant". C'est une tentative désespérée de supprimer la faille ou l'altérité qui nous rappelle notre propre incomplétude.
L'identité partagée : La croyance sauve l'individu de sa solitude radicale en lui offrant une identité collective. On ne doute plus seul, on croit ensemble.
4. 𝑳𝒆 𝒕𝒆𝒎𝒑𝒔 𝒅𝒆 𝒍𝒂 𝒄𝒓𝒐𝒚𝒂𝒏𝒄𝒆 : 𝑭𝒖𝒕𝒖𝒓 𝒂𝒏𝒕𝒆́𝒓𝒊𝒆𝒖𝒓 𝒆𝒕 "𝑺𝒆𝒄𝒐𝒏𝒅 𝑷𝒓𝒆𝒎𝒊𝒆𝒓"
Sibony utilise des concepts temporels fascinants :
Le second premier : La religion se présente souvent comme "seconde" (venant après une autre), mais prétend être la "première" en vérité ou en importance.
𝙀𝙭 : 𝘼𝙛𝙛𝙞𝙧𝙢𝙚𝙧 𝙦𝙪𝙚 𝘼𝙗𝙧𝙖𝙝𝙖𝙢 𝙚́𝙩𝙖𝙞𝙩 𝙢𝙪𝙨𝙪𝙡𝙢𝙖𝙣.
Le futur antérieur : On investit le passé pour garantir ce que l'on "aura été".
𝑳𝒂 𝒄𝒂𝒏𝒂𝒍𝒊𝒔𝒂𝒕𝒊𝒐𝒏 𝒅𝒆 𝒍𝒂 𝒉𝒂𝒊𝒏𝒆
En analysant les textes sacrés, Sibony montre comment la religion canalise la haine de l'autre, à l'origine de l'antisémitisme. En stabilisant l'investissement libidinal par une "politique de la religion", elle offre un cadre à la pulsion. La croyance est donc ce rempart complexe qui, tout en nous liant aux autres, sert de bouclier contre l'angoisse de notre propre vide intérieur.
𝑵𝒐𝒕𝒆 : 𝘊𝘦𝘴 𝘳𝘦́𝘧𝘭𝘦𝘹𝘪𝘰𝘯𝘴 𝘴'𝘢𝘱𝘱𝘶𝘪𝘦𝘯𝘵 𝘴𝘶𝘳 𝘮𝘦𝘴 𝘯𝘰𝘵𝘦𝘴 𝘥𝘦 𝘭𝘢 𝘤𝘰𝘯𝘧𝘦́𝘳𝘦𝘯𝘤𝘦 𝘥𝘦 𝘋𝘢𝘯𝘪𝘦𝘭 𝘚𝘪𝘣𝘰𝘯𝘺 - 𝘊𝘺𝘤𝘭𝘦 "𝘗𝘴𝘺𝘤𝘩𝘢𝘯𝘢𝘭𝘺𝘴𝘦 𝘦𝘵 𝘵𝘳𝘢𝘯𝘴𝘧𝘦𝘳𝘵𝘴 𝘤𝘶𝘭𝘵𝘶𝘳𝘦𝘭𝘴"