Le Banquier Fonctionnaire-International (BFI)

Le Banquier Fonctionnaire-International (BFI)

 

A toute notre jeunesse faite de bi-classage douteux voire franchement scandaleux comme le tristement

célèbre Cavalier-Anti Pal tiré de l‘Arcana (un supplément à AD&D écrit dans l‘urgence pour éviter la

faillite et comportant quelques abominations démagogiques qui pourriront le jeux jusqu’à sa refonte) .

Conseils au maître du jeu: cette classe doit être réservée aux personnages non joueurs, sa puissance

déséquilibre en général les parties. Il est à éviter même dans les parties « evil » sauf s'il s’agit d’un

personnage très expérimenté en fin de parcours Le bi-classage peut alors être offert à titre de

récompense pour de hauts faits, il sera naturellement impossible de le jouer régulièrement sauf lors de

rares cross-over. Par exemple une apparition de Moloch Bâl au Liban, une guerre civile

particulièrement sanguinaire ou la faillite d‘une banque sont des évènements susceptibles d‘attirer

l‘attention du Banquier Fonctionnaire-International et sont de nature à justifier sa présence. Toutefois

si le maître du jeu veut se lancer dans un cycle « doomsday » où il détruit consciencieusement son

background alors la classe peut être ouverte plus largement. A cet effet notre maison d’édition tient à

votre disposition le supplément « Comment Dominique Ben et Jean-Claude vont sauver le monde »1.

Qui sont-ils vraiment ?

De quoi parlent-ils ?

Quels sont leurs pouvoirs ?

1 Supplément disponible en Français et en Anglais dans toutes les bonnes banques centrales, interdit au moins de 18 ans

comme à tous ceux qui ont acheté des obligations du trésor pour préparer leur avenir.

 

 

Fiche descriptive du BFI

Un BFI battant la campagne accompagné de ses suivants, qu’est-ce qui le fait sourire ?

 

 

Archétype : Dominique Strauss Khan

Nature: Prince du Chaos

Déménaor: Architect

Quote: « La hausse des cours du pétrole n’est pas un signe d’inflation »

« Faire baisser les impôts et améliorer le service public ne sont pas contradictoires »

« si ça continue comme ça il y aura une guerre »

« Je me suis déjà beaucoup trompé et j’espère que ce n’est pas le cas maintenant »

Equipement:

Complet veston haut de gamme : cette classe très particulière se permet de le porter négligemment ce

qui permet de le distinguer très vite du banquier haut de gamme, l‘inconvénient c‘est que l‘on peut

aussi le confondre avec monsieur tout le monde.

Staff : Le banquier-fonctionnaire international cumule les avantages. Comme le haut fonctionnaire et

les politiques il peut être entouré de guerriers vétérans de barbouzes et de cadres administratifs

chevronnés. Comme le banquier il peut s’adjoindre toute la gamme des serviteurs corpocrates,

comptables, auditeurs et autres avocats (voir le détail dans le manuel de référence au chapitre suivant,

houris et serviteurs du mal). Mais surtout il peut choisir librement un suivant de n’importe quelle classe

suivant les circonstances et ses caprices: présentatrice télé, lobbyiste du pétrole, Franc Maçon, Parrain

de la mafia envoyés du Saint Office. Le BFI est la seule classe à pouvoir s‘offrir tous les types de

suivant possibles. Toutefois certaines incompatibilités sont à prévoir et le maître du jeu devra doser

l’entourage du BFI avec soin. Par exemple, le mélange présentatrice télé sur le déclin et houri préposée

à la photocopieuse a généré des conséquences que même un BFI a eu de la peine à maîtriser. Même

pour eux les petites causes peuvent avoir de grandes conséquences, il est curieux de voir un agent du

chaos se surprendre d’une telle chose mais nous allons le voir plus bas il dispose d‘ « immunités » et de

« protections » qui lui jouent parfois des tours.

NB: Il faut souligner que le BFI se fait un devoir de s’entourer de nombreux agents parfaitement

incompétents et ce en toute connaissance de cause. Il s’agit d’une limitation pratique qui génère

quelques difficultés au quotidien pour le BFI. Mais elle s’avère très utile sur le long terme, pris la main

dans le sac le BFI peut toujours sacrifier l’un où l’autre de ses agents parmi les plus nuls et les plus

connus pour l’être.2

Lieu de prédilection:

Photocopieuse3, Davos, Bilderberg les grandes capitales financières et les hôtels haut de gamme à

travers le monde. Ces spécificités poussent souvent les joueurs inexpérimentés à le confondre avec la

houri (erreur funeste qui a réjoui de nombreux maître tant ce genre de quiproquo est de nature à faire

naître de douloureuses conséquences)4.

Cette classe peu commune a le privilège de pouvoir apparaître là où elle le souhaite sans limitation,

D’aucuns prétendent avoir entraperçu un BFI en Seine-Saint-Denis peut avant que le département ne

sombre dans la faillite du fait de prêts contractés auprès d’une grosse banque internationale dont les

intérêts étaient indexés sur les cours du café du sucre et des terres rares (dont la République

Communiste de Chine détient le monopole).

Le BFI est une espèce versatile et finalement discrète (contrairement au traditionnel prince du chaos

qui s’entoure de flammes et porte le fouet). Les effets de son activité ne se manifestent souvent

qu’après son départ. La plus commune étant l’effondrement brutal et ignominieux d’une institution

publique ou privée autrefois saine (cf: la privatisation de France Telecom, la faillite de la BIRD et

bientôt la faillite du FMI). Il sera aussi parfois difficile de distinguer ce qui provient de l’incompétence

de ses agents et ce qui est le produit de l’activité démoniaque du BFI lui-même (le mieux reste de

consulter les pages de la Bible sur l‘Apocalypse que le BFI prend un malin plaisir à plagier plus ou

moins librement). Quoiqu’il en soit les joueurs pourront se concentrer sur les traits communs à l’action

du BFI, des évènements terriblement destructeurs prenant leur source dans des arrangements financiers

dont le caractère absurde avait effrayé même ceux qui avaient participé à leur mise en place. Les

témoins sont en général formels sur ce point le BFI affichait une assurance absolue et tenait des propos

dignes de la camisole lorsqu‘ils ne frisaient pas le comique. « Vendre l’or du FMI jusqu’au dernier

gramme au moment de la pire crise financière du siècle je le fais pour assoir sa crédibilité sur les

marchés et renforcer sa capacité à agir ».

Pouvoirs:

Nombreux et puissants voir les descriptions du fonctionnaire international et du banquier de haut

niveau

Reliques:

Le BFI se sépare rarement d’une édition originale de la « Théorie de la monnaie et du Crédit » de John

Maynard Keynes. Contrairement au corpocrate moyen, le BFI a souvent une culture générale assez

vaste dont il use pour humilier ses opposants et marquer sa différence avec ceux qui veulent

simplement gagner de l’argent. Si l’on fouille son haven, il n’est pas rare de trouver des écrits de

Bakounine de Proudhon et même parfois de Marx. Jeune le BFI rêvait de détruire le monde très vite.

Maintenant il se contente de l’aider sur cette voie en semant le chaos et la destruction. Attention il

s’agit de puissantes reliques dont l’usage, voire, la lecture peuvent comporter de sérieux effets

secondaires. Il n’est pas rare de rencontrer d’honnêtes universitaires délirants sur les propriétés du

modèle ISLM. C’est ainsi que Paul Krugman, prix Nobel, de son état a été surpris en train de vanter les

mérites des taux bas et du stimulus package en 2008 alors même qu’en 2002 il répétait à tous ceux qui

voulait l ‘entendre que la création d’une nouvelle bulle par des taux bas et un stimulus package était la

meilleure solution à la crise de la bulle internet5. Fort heureusement ces effets sont facilement

détectables dans de nombreuses professions. Ainsi si vous vous rendez chez un médecin après vous être

blessé lors d’une chute, s'il vous recommande de vous jeter du premier étage en prenant du LSD pour

2 C’est ainsi que BHL, Alain Minc, Serge Tchuruck sont de parfais suivants pour un BFI qui pourra les humilier en public à la

plus grande satisfaction de tous, pour une liste non exhaustive voir les membres du Club le siècle

3 La photocopieuse joue un rôle décisif dans la réalisation des plus grandes oeuvres spirituelles et matérielles du BFI, il en prend

en général un soin jaloux, ce qui explique que le où la préposée fasse souvent partie de ses protégés.

4 En effet le BFI s’avère souvent bi-sexuel tant qu’il est du côté du manche il va sans dire.

5 Certains observateurs soulignent que la barbe qu’arbore fièrement Krugman serait une façon de rendre hommage à Ben

Bernanke, son maître à penser ce qui en ferait un suivant. Nous pensons pour notre part qu’il est comme beaucoup d’autre la

victime innocente d’une « relique »

atténuer la douleur et réduire l’importance relative des symptôme de la première chute. Alors, aucun

doute possible le malheureux a été victime d’une « relique » ou de l’un des serviteurs d’un BFI.

changez de praticien et conseillez le à ceux de vos « amis collègues de travail » que vous n’aimez pas

au point de ne pas pouvoir vous en passer.

Le fonctionnaire international

Il convient de distinguer quelques points entre le fonctionnaire et le fonctionnaire international. Les

joueurs ont souvent tendance à confondre l’un et l’autre en ne comprenant pas que le fonctionnaire

international est en quelque sorte une dérive perverse du haut fonctionnaire lequel est déjà une espèce

fort rare et dangereuse de fonctionnaire.

L’un et l’autre sont persuadés de toucher leur traitement même si le secteur privé retourne au moyenâge.

Simplement le fonctionnaire international touche des émoluments qui sont au minimum le double

de celui de son équivalent national et de son point de vue l‘état naturel du monde est précisément le

moyen-âge alors que le petit fonctionnaire tolère volontiers une société civile relativement prospère

autour de lui. Au surplus le fonctionnaire international conservera son traitement en toute circonstance

ce qui n’est pas le cas du simple fonctionnaire national.

La pensée du fonctionnaire est établie autours d’un curieux paradoxe. Il fournit des biens et des

services d’une importance si particulière que ceux-ci doivent être rendus obligatoires et que leur

production doit échapper aux règles les plus communément admises pour obtenir l’abondance : la

responsabilité des agents et l‘établissement d‘un rapport étroit entre le coût et le produit. Ceci étant,

l’action de la fonction publique ne touche que les secteurs dit de « service public » lesquels sont en

définitive périphériques à nos besoins vitaux. Fort heureusement l’alimentation l’habillement et le

logement sont restés le plus souvent dans le domaine « privé » permettant à la vie civilisée de suivre un

cour à peu prêt normal sauf pour les pays qui se sont aventurés à confondre l ’essentiel et l’accessoire

(Cuba, la Corée du Nord). Si le continuum intellectuel du fonctionnaire est difficile à appréhender pour

le commun des mortels, il n’en demeure pas moins que la plupart de ses actions restent étroitement

cantonnées à la morale commune et en particulier aux règles les plus élémentaires de la bonne foi

comme le démontre l‘éthique de service public. Il est un fait patent que des sociétés évoluées peuvent

survivre en entretenant un nombre élevé de fonctionnaires, tout comme elles le font pour les vieux les

impotents et les chômeurs; c‘est en somme une sorte particulière de charité où celui qui donne remercie

celui qui reçoit.

Le fonctionnaire international dépasse haut la main le paradoxe du fonctionnaire et ses limitations

morales. Il prétend servir le genre humain dans son ensemble plutôt qu’une fonction particulière. De

fait la noblesse allégué de l’objectif lui permet de se délivrer de toute forme d’impératif productif. Le

fonctionnaire international ne produit au mieux rigoureusement rien, au pire, il s’ingéniera à générer

des montagnes de règles absurdes abordant tous les sujets possibles. Celles-ci traduisent le plus

souvent son incompréhension des domaines abordés, voire son mépris le plus total pour eux. Le wishto be BFI en pleine ascension fait en général partie de cette dernière catégorie . Les joueurs avisés

constateront que certains projets particulièrement mégalomaniaques et pervers - comme d’établir la

démocratie par la guerre, de garantir la stabilité alimentaire en interdisant le commerce des denrées

agricoles ou plus sobrement de créer une nouvelle monnaie plus stable - dénotent le BFI en devenir. A

ce moment là il est encore possible d’agir comme en témoigne l’affaire Wolfowitz6.

Le particulier est souvent suspicieux à l’égard du fonctionnaire et tient souvent son alter-ego

international en plus haute estime. Cette lourde erreur tient à ce que le fonctionnaire international, en

apparence, ne grève pas l’activité en quoi que ce soit: il ne propose aucun service venant parasiter

l’offre privée. Son coût prodigieux à l’unité se perd dans les dédales du financement international et

dans les comptes de toutes les officines juridiques qui aident les clients à s‘y retrouver dans le désordre

que le fonctionnaire international génère allègrement autours de lui. Pour le dire vite, il en va du

6 On constatera au passage la différence entre le wish to be BFI et le BFI chevronné, l’un trébuchera la où l’autre s’épanouira.

fonctionnaire international comme des maladies orphelines, la rareté prédispose le public à croire

qu‘elles ne présentent pas de dangers. Certains commentateurs particulièrement pervers voient le

fonctionnaire international comme une sorte d’accélérateur darwinien qui force les individus et les

firmes à faire preuve d’encore plus de réactivité et de créativité. Cet argument pour subtil qu’il soit ne

peut tenir si l’on considère que le système bancaire est celui qui a réussi le mieux son « acclimatation »

au fonctionnaire international avec les conséquences terribles que l’on connaît. C’est d’ailleurs la

connivence entre l’un et l’autre qui donnera naissance à la bi-classe formidable et terrifiante dont nous

traitons aujourd’hui.

Les joueurs comprendront rapidement que le fonctionnaire international est particulièrement

dangereux. Il bénéficie en particulier d’une immunité totale au droit commun et à la logique

(prodigieux cocktail qui anime encore les forums, mais les faits sont là). Cette double immunité lui

permet d’engager des actions parfaitement absurdes voire franchement délirantes, tout en ayant la

possibilité de recommencer autant qu’il lui plaira. Le fonctionnaire international trahit souvent son

appartenance aux forces du chaos par cette croyance obscure qui veut que des causes similaires

puissent entrainer des conséquences différentes. C’est peut être vrai dans les Halls of Shame AndDamnation de GS et de la BNP, mais dans le vrai monde les effets peuvent s’avérer terriblement

destructeurs. La seule réelle limitation du fonctionnaire international est son impossibilité à lever des

impôts. On verra plus loin que le BFI ne connait pas ce frein.

.

Parvenir à faire construire une centrale nucléaire dans une zone inondable avec le concours du fonds de retraite des infirmières

du Guatemala, c’est à genre de signes que l’on reconnait le fonctionnaire international sur le point de devenir BFI.

Le banquier international

Le banquier international est le personnage le plus joué pour les campagnes evil. Ses traits sont bien

connus de la plupart des joueurs. Toutefois sans revenir sur le manuel de base « comment perdre son

âme et devenir un banquier »7 qui se voulait pourtant exhaustif il convient de revenir sur les perversités

du système pour pouvoir mieux expliquer le rôle central que joue le BFI. Certains processus

techniques de l’activité bancaire étant encore parfois imparfaitement compris par les joueurs nous

avons pris la liberté de reproduire et de condenser certains aspects fondamentaux de cette activité dans

un addendum.

L’objet de ce supplément étant le BFI, il convient de cerner ce qui lie intimement le BFI et le Banquier

International. Comme le souligne les publications récentes d’institutions françaises reconnues8 le

bénéfice que tire le banquier de son activité est étroitement lié au risque qu’il est prêt à prendre dans

l‘exercice de son industrie. La difficulté de l’exercice tient donc à la prise du risque maximum

acceptable. C’est à ce niveau que le rôle du BFI est stratégique et incontournable. En définitive c’est lui

qui choisira quelle décision malheureuse peut être blanchie et quelle autre doit être sanctionnée. Le BFI

travaillant activement à la destruction du monde choisit le plus souvent d’assister les institutions les

plus grosses, celles dont les bilans sont proprement incompréhensibles même à ceux qui les rédigent.

7 Actuellement en rupture de Stock mais bientôt disponible dans toutes les bonnes écoles de

commerce et disponible en version online sur le site de l’UMP avec annotations de Xavier Bertrand

lequel a perdu son âme sans devenir pour autant banquier.

8 Voire les rapports annuels de la BNP et de la SG disponible sur le site de l’AMF

Au contraire il sanctionnera durement les petits bras qui n’ont pas su donner à leur entreprise

frauduleuse un caractère cataclysmique, c’est ainsi que Bernard Madoff s’est retrouvé pris en défaut

pour des peccadilles (50 milliards de dollars), ce qui représente à peine 1,48% du bilan de la BNP.

Inutile de dire qu’un tel manque d’ambition ne pouvait qu’attirer les foudres d’un BFI. Au surplus le

malheureux avait utilisé le schéma Ponzi dont l’usage est strictement réservé aux membres d’une élite

triée sur le volet et sortant des meilleurs établissements9.

Dans la pratique le BFI encourage ouvertement le banquier à franchir le Rubicon qui sépare le vol de

la folie furieuse tout en lui assurant l‘immunité pour autant que les conséquences soient vraiment

catastrophiques.

L’étude du billet de un dollar qui est l’une des premières oeuvres de la confrérie témoigne du goût prononcé que les BFI ont pour

les structures pyramidales depuis le premier jour.

Le banquier international dispose des mêmes capacités que le banquier habituel. Simplement il

convient d’utiliser un facteur 1000 en ce qui concerne ses émoluments et ses tractations. A la longue, le

banquier International développe une curieuse immunité à la fiscalité ce qui est paradoxal si l‘on tient

compte du fait que l‘existence de son commerce tient à la violence que la puissance publique exerce sur

les particuliers pour qu’ils utilisent ses services et paient les impôts qui servent de plus en plus à le

payer exclusivement. Par une stupéfiante inversion des valeurs, le banquier monétaro-keynésien pense

parfois sincèrement10 être l’expression la plus pure des forces du marché alors même que la faillite

totale du système dont il est la clé de voute a été déclarée déjà trois fois en treize ans et le sera encore

sous peu. C’est d’autant plus drôle, que du temps de l’étalon Or ,il n’y a jamais eu de faillite globale du

système des paiements internationaux pour la bonne raison que c’était impossible. Nous faire rejeter un

système simple et stable au profit d’un système complexe et instable, tout cela au nom de la sécurité

systémique et de la stimulation du commerce international, tel a été le plus grand exploit des BFI à

travers le temps une oeuvre que leurs descendants poursuivent avec une jubilation sadique et destructive

de plus en plus visible comme en témoigne la dernière saillie de Jean-Claude Trichet « il ne faut surtout

pas augmenter les salaires » alors qu’il vient de créer 1500 milliards d’euros pour sauver un système

conçu pour exploser.

9 Sur ce point il n’est pas inutile de consulter les annuaires de l’Opesc pour se rendre compte qu’aucun

maître nageur ne fait partie de l’élite financière française.

10 La distinction est très importante, un BFI sait très bien ce qu’il est en train de faire, une discussion

à coeur ouvert avec un banquier permet souvent d’écarter rapidement la possibilité qu’il s’agisse d’un

BFI.

Pouvoirs du BFI:

Les pouvoirs du BFI sont les suivants: immunité juridique, capacité illimitée à produire de l’argent

contrairement au banquier qui a besoin au moins d’un autre banquier, immunité à la logique et absence

totale de sens moral, le concours de la force publique lui est garanti dans tous ses projets même les

plus fous. Le BFI est indestructible la seule façon de limiter sa capacité de nuisance est de lui retirer ses

fonctions, ce qui est très difficile à faire sans donner la place à un autre BFI. Si jamais on y parvient,

pour éviter de le voir inonder le monde d’écrits douteux et dangereux et de se répandre dans les grands

médias sur les mérites de Clear-Stream et l‘excellence des ses confrères, il faut lui trouver une

commission ou un rôle de conseiller qui lui permette de s’imaginer qu’il travaille encore effectivement

à la destruction du monde. De ce point de vue, on peut considérer que Sarkozy s’en est plutôt bien sorti

avec Attali qui n’était malheureusement pas le plus lourd de nos problèmes.

Il faut noter que le BFI ne jouit pas des revenus d’un banquier international. Bien sûr, il profite avec

appétit des budgets des institutions qui lui sont confiées. Mais l’oeuvre à laquelle travaillent durement

les BFI jour après jour exclut qu’un enrichissement durable soit possible . Le BFI s’astreint donc à

l’avance à une relative frugalité qui témoigne si besoin était de sa dévotion absolue au but qu’il s’est

fixé.

Perspectives d’avenir et idées de campagnes.

Les BFI n’ont jamais été aussi proches de leurs objectifs et paradoxalement ils n’ont jamais joui

d’autant de prestige et d’importance que depuis qu’ils font mine de s’atteler à la correction des

catastrophes qu’ils ont eux-même provoquées. Certains envisagent même de prendre encore plus

d’importance dans la vie publique. Nul doute que l’on puisse être passablement inquiet à l’idée de voir

l’un d’entre eux s’approcher du bouton nucléaire alors même qu’il est saisi de troubles obsessionnels à

la simple vue du bouton print des presses d’une banque centrale.

Il va sans dire que pour les joueurs, déjouer les plans démoniaques des BFI requerra du courage et de

l’obstination. Il reviendra au maître du jeu de faire miroiter les récompenses les plus folles comme la

possibilité de jouir à terme d’un minimum vieillesse, voire d’un mi-temps comme surveillant au Zoo de

Vincennes. Tout cela si, bien sûr, les BFI échouent dans leur entreprise de destruction de toute vie

sociale organisée sur terre. Mais les joueurs doivent avoir conscience qu’ils incarnent des héros !

Ceci étant la puissance des BFI est devenue telle qu’ils sont peut-être en train de se créer des ennemis à

leur mesure. C’est ainsi qu’il a été signalé que lors d’une discussion avec Hitler, Staline et Gengis

Khan Satan lui-même faisait part de la perplexité qui l’avait envahi en voyant des démons mineurs

échanger des titres de la Banque Vernes contre ceux de la Banque Lehmann à la criée dans une cave

mal fréquentée de son palais (la cote était animée par le banquier Stern nouveau venu tout de latex

vêtu). Hitler s’est naturellement emporté longuement contre les juifs de Goldman Sachs qui ne font rien

que de saloper le boulot, Staline lui s’est contenté de rigoler en soulignant à quel point il avait bien fait

de se méfier des économistes sociaux-démocrates voire de tous les économistes, Gengis Khan n‘a pas

manqué de rappeler qu‘en donnant l‘ordre de tuer tout ceux qui savaient écrire, il visait les banquiers

en premier lieu. Ils sont tous les trois tombés d’accord sur le fait que revenir à des formes de mal plus

classiques et plus visibles devenait de plus en plus nécessaire pour éviter que le Barbu du ciel ne pique

une grosse colère. C’est à ce moment précis que quelques dollars tout neufs ont commencé à tomber

doucement du plafond des enfers créant une immense ovation dans le petit peuple des mânes « Notre

seigneur Bernanke est bon avec nous il nous envoie de l’argent, après des millénaires de privation nous

voilà enfin riches. ». La voix douce de Ben a alors été entendue « qu’il soit bien entendu que je ne

pourrai continuer qu’avec l’autorisation de notre seigneur et maître Satan auquel je suis infiniment

dévoué en toutes choses, si jamais la fontaine devait s’arrêter il faudrait s’en prendre à lui et non à moi

…. ».

Addendum technique: les mystères de la haute finance éclaircis en un paragraphe

Le banquier gagne de l’argent dès lors que n’importe qui le lui emprunte. Au moment précis où un

malheureux tends la main le banquier l’humilie un peu et lui fait signer toutes sortes de documents

assurant que le remboursement se fera d’une façon ou d’une autre. Le banquier appuie sur un bouton

et l’argent est émis en contrepartie de ces engagements. Le bouseux tout à la joie d’avoir de l’argent

ouvre un compte qui se trouve être dans un banque filiale de celle à laquelle il vient d’emprunter et le

crédite du montant qu’il vient de recevoir permettant ainsi à l’institution qui vient d’émettre

d’équilibrer ses comptes. Au passage la banque délivre un intérêt très bas au Fellah (1 à 2 % en

général grâce à l’intervention d’un BFI qui a décrété qu’il fallait encourager le prêt et la

consommation) tout en prélevant des intérêts au moins deux fois plus élevés au titre du prêt auxquels

s’ajoutent divers frais. Le plus courant des services bancaires payant est celui de pouvoir utiliser les

moyens de paiements qui sont quasiment rendus obligatoires du fait des limitations à user tout

simplement de l’argent comptant. En effet le moujik n’a pas le droit de recevoir son salaire en liquide

ni de procéder à de grosses transactions sans être contraint de faire appel à une banque. S'il s‘exonère

de ces obligations la puissance publique lui fera rapidement rendre gorge. Autrement dit la liberté du

commerce est invoquée lorsqu’il s’agit pour la banque de fixer ses prix ce qu’elle fait en général en

bonne intelligence avec ses consoeurs, en revanche il est de l’intérêt public que les particuliers n’aient

pas la liberté minimale qui consiste à ne pas avoir de banque.

Tout à la joie de disposer de fonds, notre serfs se précipite sur le marché pour acquérir des biens,

lorsqu’il se croit perspicace son choix s’oriente vers ceux ayant une longue durée de vie tel

l’immobilier. C’est oublier un peu vite que si le nombre de maçons est limité, le nombre de prêt que

consent un banquier est lui illimité. Notre salarié est donc mis en concurrence avec tous ceux qui ont

conclu de pareils arrangements à « taux bas » et « historiques » il se retrouve à payer plus cher ce

qu’il aurait payé moins cher s'il n’y avait eu aucune banque et s'il avait fait appel à un usurier à

l‘ancienne sauce. En définitive les seuls gagnants de l’opération se trouvent être le banquier et le BFI

qui parcourt le monde en répétant à qui veut l‘entendre que les gens sont plus riches puisqu‘ils doivent

davantage. Voilà pour le banquier monétaro-keynésien qui est une sorte de batard curieux entre le

changeur frauduleux et le fonctionnaire sans scrupules. Détruire la liberté de millions d’individus de

choisir leur monnaie et la façon de la gérer au mieux tout en garantissant à une infime minorité des

gains prodigieux au nom de la même liberté il faut avoir les couilles bien accrochées et être

imperméable à la logique et à la morale la plus élémentaire, en somme il faut être un BFI.

Les limitations du banquier sont assez simples: il gagnera de l’argent tant qu’il trouvera un couillon à

qui prêter. Si le particulier manque à l’appel il faudra forcer l’Etat à le faire, si ce n’est plus possible

alors les banquiers se prêtent les uns aux autres pour grossir la masse monétaire et acheter eux-même

les biens et les services en préparant ainsi une bulle qui est la mère de toute les bulles.

La sordide simplicité du processus de la création monétaire contemporaine provoquerait un vent de

révolte compréhensible s'il n’était entouré volontairement de l’aura magique qui entoure pour le

profane les miracles de la science en action. C’est la raison pour laquelle le Banquier de haut niveau

s’entoure de nombreux ingénieurs et informaticiens qui sont chargés d’entretenir autours de ses

opérations un halo de complexité dont le seul but est de forcer le pékin moyen à baisser les yeux devant

le spectacle que peut donner la technique triomphante. Faire ressembler un délit d’initié au décollage

de la navette spatiale tel est le travail quotidien du banquier international. On doit noter que le BFI ne

dispose absolument pas du bagage intellectuel pour maîtriser ces artefacts scientistes venus des coins

les plus reculés de la science mathématique, et pour cause il sait qu’il ne s’agit de rien d’autre que

d’une escroquerie intellectuelle de plus, dont le seul objectif est de favoriser plus avant la croissance

du chaos et de la destruction dont ils sont les promoteurs.

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