Les festivités des 51 ans d'indépendance de l'Algérie, le retour ou l'après Bouteflika ?

L’Algérie fête le 05 juillet son 51ème anniversaire d’indépendance. La fête du cinquantenaire était colossale l’année dernière, une occasion de faire le bilan et de prendre de nouvelles résolutions. Mais, cette année, plutôt que sur la fête, les yeux sont rivés sur la santé du président Bouteflika.

Le président algérien est hospitalisé en France depuis le 27 avril après avoir été victime d’un AVC, d’abord à l’hôpital du Val-de-Grâce à Paris, puis depuis le 21 mai aux Invalides, sera très probablement l’absent de la cérémonie officielle, qu’il n’a raté à aucune occasion depuis 1999, date de son investiture à la magistrature suprême. Il a d’ailleurs été absent à la cérémonie traditionnelle de remise des grades organisée au siège du ministère de la Défense nationale à Tagarins le 04 juillet.

En l’absence de communication officielle, les rumeurs fusent. Beaucoup croient en son retour officiel, en cette date symbolique. D’après le Quotidien d’Oran, certains milieux proches des services de sécurité affirment même qu’il est rentré au pays, il y a quelques jours pour l’occasion.

Mieux vaut tard que jamais, son absence sera l’occasion d’éxécuter l’article 88 de la Constitution algérienne, qui prévoit d’appliquer en cas de « maladie grave et durable » « l’état d’empêchement », c’est à dire l’incapacité du président à exercer ses fonctions. Cette proposition qui doit être mise en avant à l’unanimité par le Conseil Constitutionnel et présenté au Parlement n’est pas à l’ordre du jour pour l’instant. La loi établit que « la réalité de cet empêchement doit être prouvée par tous les moyens appropriés ».

Justement, stratégie juridique ou politique, le flou sur son état de santé ne permet pas de prouver cette incapacité, constitutionnellement, du moins. Le temps d’attente a été long avant une brève apparition télévisuelle de Bouteflika lors de la visite que lui a rendu le 12 juin le Premier ministre Abdelmalek Sellal et le chef de l’état-major de l’armée nationale populaire Ahmede Gaïd Salah aux Invalides.

Au moment des festivités d’indépendance, son absence risque surtout de relancer les questions sur sa succession. L’ex président Zeroual a récemment déclaré qu’il ne souhaitait pas se présenter aux futures élections présidentielles d’avril 2014, date de fin du mandat Bouteflika. De son côté, la presse algérienne affirme que ce sont plutôt des élections anticipées qui se préparent. 

Le Club est l'espace de libre expression des abonnés de Mediapart. Ses contenus n'engagent pas la rédaction.