Alger : la nuit manquée

Une capitale se définit par ses attraits culturels, économiques, par sa diversité, son climat ou encore son atmosphère. Décrire le jour ne suffit pas, tant certaines villes se transforment le soir venu. Bruyante ou silencieuse, la nuit de chaque ville est palpable, celle d'Alger est atypique. 

Une capitale se définit par ses attraits culturels, économiques, par sa diversité, son climat ou encore son atmosphère. Décrire le jour ne suffit pas, tant certaines villes se transforment le soir venu. Bruyante ou silencieuse, la nuit de chaque ville est palpable, celle d'Alger est atypique.

 

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Sur les collines de la ville, le soleil se couche. Doucement, il s'éclipse derrière la mer. L'obscurité est un autre visage d'Alger la blanche. Les tons bleuâtres de la Méditerranée, le bleu si emblématique de la ville s'efface, au profit de la noirceur. Le vide et la solitude gagnent les ruelles ascendantes, descendantes et étroites de la vieille cité coloniale.

Il est 23h00, les restaurants se dépêchent de servir les derniers clients et de mettre fin aux rencontres qui ont lieu autour d'une table. La mixité est soudain moins évidente. Les terrasses peu nombreuses sont le privilège de la gente masculine.

Mais où sont les Algéroises, les Algérois ? À observer des toits, à lever la tête, on les aperçoit se hâter dans leurs demeures. Autour du diner, les familles se réunissent. La nuit ne serait pas propice aux escapades. Quelques heures plus tard, le silence est roi. Lampadaires éblouissants, mais pas un chat. Dans la ville, seulement le bruit du vent.

Mais le sommeil n'emporte pas la partie. Par-ci, par-là, quelques noctambules osent apprivoiser la nuit algéroise et sa torpeur. La jeunesse dorée dans les antres habituels : les discothèques abritées dans les hôtels luxueux.

Dans quelques quartiers, la vielle génération finit la soirée accroupie autour d'une table, pierres de domino à la main, le jeu (si populaire) jusqu'au bout de la nuit.

D'autres accèdent aux moments de liberté en voiture, la vitesse enclenchée au rythme du Raï (genre musical). Les derniers occupent les sièges des cyber-cafés jusqu'au crépuscule : lire, jouer, se retrouver entre amis, chatter… La nuit, sinon le monde virtuel. L'invisible est chargé de possibilités.

LA NUIT © Yanis Koussim




 

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