Nouvelle saisie de gaz sarin chez les rebelles syriens soutenus par l'OTAN ? (Xinhua)

Face au rouleau compresseur de la propagande pro-atlantiste concernant la guerre en Syrie, on se doit de laisser place à une information alternative et plurielle afin d'avoir une vision plus complexe et sans doute plus proche de la réalité de ce qui se passe en Syrie. Ainsi si les communiquants de l'OTAN ont fait le black out total sur la découverte de gaz sarin chez leurs protégés en accusant le camp adverse d'utiliser du gaz (non déterminé) sur leurs supplétifs de rebelles. Il se trouve qu'un faisceau d'arguments convergents montre que les rebelles soutenus par les forces atlantistes auraient en leur possession du gaz sarin, gaz qui a été banni par les Nations Unies et est considéré comme une arme de destruction massive. 

1. La première salve avait été tirée par Carla del Ponte, membre de la Commission d'enquête internationale indépendante de l'ONU, qui avait déclaré sur la base de témoignages qu'il y avait des "soupçons forts et concrets mais pas encore de preuves incontestables" de l'utilisation du gaz sarin par les rebelles.
2. La deuxième fut tirée par la police turque que l'on ne peut pas accuser de complaisance avec les forces sataniques d'Assad. En effet, celle-ci a découvert 2 kilos de gaz sarin en Turquie chez des rebelles syriens se revendiquant d'al-Qaïda : les rebelles islamistes d'al-Nosra. (Lire mon précédent billet sur ce sujet :  Al-Qaïda soutenu par l'OTAN en Syrie détient du gaz sarin (Zaman)  ).
Depuis la Turquie a sombré elle-aussi dans le printemps arabe. Espérons seulement que l'OTAN n'armera pas cette rébellion comme elle l'a fait en Syrie. A priori la Turquie faisant partie de l'OTAN, il n'y a pas d'inquiétudes à avoir de ce côté. Revenons à nos moutons, l'ONU et la France et la Grande-Bretagne qui étaient auparavant alliées à la branche d'al-Qaïda en Syrie se sont empressées aussitôt de déclarer ces rebelles syriens comme une organisation terroriste après avoir tout fait pour bloquer à l'ONU cette demande émanant des méchants Syriens d'Assad.
"Le Conseil de sécurité de l'ONU a ajouté vendredi 31 mai les rebelles syriens du front djihadiste Al-Nosra à sa liste d'organisations qu'il considère comme terroristes et qui sont sujettes à des sanctions, en raison de leurs liens avec Al-Qaïda. La France et le Royaume-Uni ont poussé à mettre Al-Nosra sur cette liste, après avoir bloqué une demande en ce sens du gouvernement syrien." (Le Monde 31.05.13). 
3. La troisième salve a été tirée par l'armée syrienne elle-même (beaucoup plus sujette à caution, donc) qui prétend avoir découvert du gaz sarin chez des rebelles syriens islamistes, selon Xinhuanet (cf plus bas).


Est-ce aussi de la propagande organisée par les forces sataniques d'Assad comme celle organisée par les forces angéliques médiatico-guerrières pro-atlantistes dans ce conflit ? De toute évidence il y a de l'info et de l'intox dans les deux camps et il ne sera pas facile d'y voir clair.  Toutefois, cela mériterait sérieusement une enquête journalistique ou mieux de l'ONU. Mais gageons que l'ONU et ses communiquants n'aiment pas enquêter sur les évènements allant à l'encontre de leur idéologie et stratégie guerrières et coloniales. Ce n'est pas en reconnaissant les rebelles d'Al-Nosra affiliés à Al-Qaïda comme "terroristes" que le problème va être réglé. La question qui vient sur toutes les lèvres est : d'où vient le gaz sarin ? Qui le fournit aux rebelles si ces informations recoupées étaient avérées?
Rappelons que depuis 1993, la production ou la conservation du gaz sarin est interdite par les Nations Unies :
"Le sarin (GB) est une substance inodore, incolore et volatile, de la famille des organophosphorées, extrêmement toxique pour l'homme et l'animal, même à très faible dose (0,01 ppm peut être fatal). On estime qu'il est environ 500 fois plus toxique que le cyanure. Il passe facilement la barrière des poumons et est absorbé par la peau d'où il passe directement dans le sang. Quand il ne tue pas, il laisse de graves séquelles neurologiques. Pour ces raisons, il a été utilisé comme arme chimique, avant d'être considéré comme une arme destruction massive par les Nations unies (résolution 687). À ce titre, sa production et sa conservation sont interdites depuis 1993. Les États devaient avoir détruit leurs stocks d'armes chimiques avant 2007. En 1952, les britanniques l'ont amélioré pour en créer une version dix fois plus mortelle nommée gaz VX. Il fait partie des armes et munitions immergées par certains pays. La France, par exemple en a immergé une certaine quantité, noyé dans du béton, au large d'Ouesssan. Le chlorosarin et le cyclosarin (GF) sont des dérivés du sarin." (Wikipedia)

Source :
Xinhuanet  L'armée syrienne capture des bouteilles de gaz sarin dans un raid contre un repaire de rebelles à Hama
DAMAS, 1er juin (Xinhua) -- Une source militaire syrienne a indiqué samedi que des troupes gouvernementales avaient capturé deux bouteilles de gaz sarin après avoir donné d'assaut contre un repaire de rebelles dans la ville de Hama (centre), a rapporté l'agence de presse d'Etat SANA.

Les rebelles étaient retranchés dans le district d'al-Faraieh à Hamas lorsque l'armée a lancé l'assaut, a rapporté SANA sans donner d'autres détails.

Le gouvernement syrien accusait les rebelles d'avoir employé des armes chimiques lors d'une attaque contre la ville de Khan al-Asal, dans le nord du pays.

Les groupes d'opposition accusaient pour leur part les forces gouvernementales d'avoir recours aux armes chimiques dans leurs combats contre les rebelles.

Le problème des armes chimiques a été source de confusion et de divergences dans les rapports internationaux.

Le quotidien français Le Monde a déclaré que ses journalistes "ont été témoins" de l'utilisation d'armes chimiques par les forces armées loyales au président syrien Bashar al-Assad dans leurs combats contre les rebelles dans la banlieue de Damas.

En mai, Carla del Ponte, membre de la Commission d'enquête internationale indépendante de l'ONU, avait indiqué qu'il y avaient des "soupçons forts et concrets mais pas encore de preuves incontestables" de l'utilisation du gaz sarin par les rebelles, ajoutant que ses "soupçons" étaient basés sur les témoignages des victimes.

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