Le Maroc à l’épreuve du Covid-19

Tandis qu’en France, la polémique sur l’utilisation de la chloroquine en traitement au Covid-19 bat son plein dans la sphère médicale et politique, le Maroc, décide de passer à la vitesse supérieure et autorise la prescription de ce traitement.

Le Maroc à l’épreuve du Covid-19 , la chloroquine prescrite

Tandis qu’en France, la polémique sur l’utilisation de la chloroquine en traitement au Covid-19 bat son plein dans la sphère médicale et politique, le Maroc, décide de passer à la vitesse supérieure et autorise la prescription de ce traitement.

Prévenir le pire avec un traitement

Le premier cas au Covid-19 a été diagnostiqué le 2 mars, le 15 mars une décision de fermeture de l’ensemble des aéroports est annoncée  ainsi qu’un fonds exceptionnel de 30 milliards de dirhams destiné au système de santé et à l’économie du pays face à cette pandémie.

Après avoir acheté tout le stock d’antipaludéens à Sanofi Maroc, basé à Casablanca, lundi 23 mars, le Ministère de la Santé officialise et autorise son utilisation dans le traitement du virus Covid-19.

Sanofi a d’ailleurs démenti dans un communiqué du 21mars les affirmations stipulant que ce stock était à l’origine destiné à l’export vers l’Afrique subsaharienne , il est « valabeuniquement pour le marché marocain ».

C’est donc dans une circulaire que le  Ministre de la Santé, Ait Taleb Khalid annonce « en concertation avec le comité technique et scientifique » autorise l’introduction de la chloroquine et de l’hydroxychloroquine et ce pour les cas confirmés au Covid-19.

Toutefois, l’Hôpital Moulay Youssef de Casablanca a mis en place un protocole thérapeutique avant même l’annonce officielle du gouvernement. En effet, ce protocole dirigé par le Professeur Zahraoui  prescrit la Nivaquine associée à l’Azithromicine et préconise un régime alimentaire équilibré. 

Des mesures importantes 

Il était en effet, primordial pour le Maroc qui compte une population de 35 millions d’habitants et disposant de 1642 lits en réanimation d’anticiper et de mettre rapidement en place des mesures de confinement drastiques, l’urgence  sanitaire est pour le moment prévu jusqu’au 20 avril.

L’armée a été mise à contribution dès ce week-end pour faire respecter les mesures et détecter les falsifications d’attestations, toute infraction face aux mesures de confinement est passible d’ une amende pouvant aller jusqu’à 1300 dirhams ainsi que d’une peine de prison d’un à trois mois ferme.

« Nous avons voulu déposer ma sœur à quelques kilomètres de notre village mais ayant oublié l’attestation, les policiers nous ont demandé de faire demi-tour(…) les gens n’ont pour la plupart pas la possibilité de régler cette amende, ils respectent les règles(…) » raconte Fatima.

Le Ministère de l’économie et du travail a également mis en place plusieurs mesures à destination des entreprises notamment celles qui sont dites dans «  des secteurs vulnérables aux chocs induits par la pandémie du Covid-19 », parmi elles, une indemnité mensuelle de 2000 dirhams en plus de leurs allocations familiales destinés aux salariés des entreprises touchés par cette crise et donc  en arrêt total ou partiel d’activités.

A ce jour, le Maroc compte 143 cas confirmés au Covid-19 et 4décès, les autorités assurent mettre tout en œuvre afin de retarder le plus possible le pic, qui lui sera difficile à gérer.

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