Se résigner ou s’indigner? À la recherche du bon miroir

Lois liberticides, images douloureuses, injustices multipliées, indignations au rdv,pourtant, certains restent résignés, ou juste « compatissants » et d’autres clairement « obéissants ».Le bon miroir fait son son effet sur un nombre grandissant de citoyens. Bon Miroir où te caches-tu ? Ni les ministères ni les préfets ne semblent te trouver ?

Résignés, voilà ce que nous sommes,
À une autorité à l’égo surdimensionné
Nous sommes assujettis.

Plus de droit de filmeR pour « diffuser » juste de Flouter,
Plus le droit de circuler sans l’auto-attester, 
Estime-toi heureux de pouvoir,  parfois, manifester.

Ah j’oubliais… tu finiras gazé, nassé puis tabassé.
Si t’es élu on t’épargnera,peut-être...un peu…
Journaliste, oublie ta liberté, au sol ils t’ont mené,
Si t’es indépendant, t’es mal barré, tu ne seras pas épargné.

Toi militant, tu restes l’ennemi vociférant,
Tu as l’habitude, fiché, gardé à vue
Aux oubliettes, tu peux même prendre perpet’.


Pourtant, tous ceux-là ne sont pas résignés
Hier, aujourd’hui et demain encore,
Vous les entendrez scander très fort
Juste rebellés ? Non, fatigués, exaspérés
Que O toi France, pays des droits de l’Homme
C’est une évidence,
Tu vois ton nom et ton histoire entachés
Par des bras cassés, ou plutôt des encaisseurs de mouvements bancaires incontrôlés.
Des baratineurs, fouineurs, entourloupeurs
Qui n’ont honte de rien,
Car ils ont compris, plus c’est gros mieux ça passe.
Alors les résignés ? On reste affalés sur le canapé ?
Derrière un p’tit programme télévisé pour lobotomiser ?
Où rejoins-tu les rangs des indignés ?

Ne crains rien, tes libertés sont déjà bafouées
Tu ne seras en rien, privé de plus.
On t’a déjà presque tout pris, reste peut-être ta dignité.


Estime-toi heureux car certains l’ont vu renversée,
De leur tente généreusement donnée, on les a de force chassés.

N’ont-ils pas été , comme nous, par une mère enfantée ? 
Qui sommes-nous donc, pour les priver du simple droit de vouloir vivre...on ne les laisse même plus survivre.

« On applique les consignes !  » diront-ils
Finalement, les résignés, c’est donc eux ?
Dans quel état est leur miroir ? N’y voient-ils pas leur reflet ?
Ce visage en perte d’humanité,
Robotisé, il obéit, nasse, gaze et frappe.
« C’est pas de ma faute, Lallement nous l’a ordonné.»
« C’est pas de ma faute,Darmanin nous l’a ordonné. »Servir sa patrie c’est donc cela ? flash-back de l’Histoire…
On se remet sur les bancs de l’école et on se remémore ?
Ou alors, as-tu saisi, et dans les rangs des indignés tu seras.
Ne crains rien, ce ne sera pas l’anarchie,
Elle est déjà là…regarde donc,  juste au-dessus de toi.
Ce n’est pas le peuple qui en est l’instigateur ni même acteur,
Ce sont ces dirigeants, certes élus mais,
Qui ont oublié de se regarder dans le bon miroir,
Celui qui renvoie à la figure tous nos déboires.
Celui qui montre notre âme en perdition,
Celui qui nous révèle nos horreurs et nous permet de nous interroger sur celui que l’on veut réellement devenir demain.

Les luttes acharnées, les souffrances multipliées, les humiliations répétées, certains mutilés, des coupables déboutés, allons-nous encore laisser passer ?
Ou pour une fois...ferons-nous front ensemble pour que nos libertés ne soient pas un jour...des souvenirs lointains,
Des aspirations auxquelles nos enfants ne pourront plus prétendre,
Car résignés plus qu’indignés nous n’avons pas su les défendre...

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