Mobilisation pour que l’Amazonie cesse de brûler

Le show du G7 terminé, qu’en est-il de la forêt amazonienne qui continue de brûler ? Notre poumon en danger, les causes sont pointées du doigt par les ONG, du consommateur en passant par les responsables politiques et de l’agro-buisness, nous avons tous une part de responsabilité et donc le moyen d’agir.

  Valérie Cabanes écologiste et juriste française a déclaré depuis peu qu’avec une poignée de juristes français et des contacts sur le terrain au Brésil, ils travaillent depuis plusieurs mois « à la meilleure façon de présenter les faits qui accablent Jair Bolsonaro. Depuis les récents événements – les incendies, les atteintes répétées aux droits des peuples autochtones… - nous avons décidé d'accélérer les choses. »

Il ne s’agit pas d’une plainte mais d’une « communication » basée sur la législation internationale, elle cite l'article 15 du statut de Rome de la Cour pénale internationale (en charge de juger des individus pour crime contre l'humanité, génocide, crime de guerre ou d'agression, ndlr), "le procureur peut ouvrir une enquête de sa propre initiative au vu de renseignements concernant des crimes relevant de la compétence de la Cour".

 

Depuis le début de l’année, 73 000 incendies ont déjà été enregistrés au Brésil, dont la moitié dans la forêt amazonienne. Une augmentation de 88%par rapport à l’année dernière selon l’INPE (Institut National de Recherche spatiale brésilien).

Les incendies en Amazonie sont la conséquence d’une déforestation qui s'est intensifiée ces derniers mois. Des sites récemment touchés par la déforestation pour être convertis en terres agricoles sont à l’origine des feux.

 

L’ONG WWF a lancé une campagne d’urgence « nous avons besoin d’une action urgente pour protéger l’Amazonie, ses écosystèmes inestimables, ses communautés et la biodiversité qu’elle abrite. La forêt amazonienne séquestre des dizaines et des dizaines de tonnes de carbone via ses sols, ses plantes et ses arbres. Elle abrite 10% des espèces sauvages de la Terre et 34 millions de personnes. Si cet écosystème vital continue de brûler, il nous sera encore plus difficile de répondre à la crise climatique et d’inverser la perte de biodiversité sur Terre.

L’Amazonie brûle en grande partie car ses terres sont défrichées par le feu, la méthode du brûlis. En 2019, le nombre de brûlis en Amazonie s’est ainsi multiplié. 

La sécheresse amplifie le phénomène et le feu se propage à une vitesse impressionnante et ne parvient pas à être maitrisé.

Bolsonaro vient enfin de suspendre il y à quelques jours les brûlis pour deux mois..

Entre 2004 et 2012, les gouvernements brésiliens successifs avaient mis en place des mesures qui ont participé à la baisse significative de la déforestation de la forêt amazonienne.

Aujourd’hui, les « poumons de la planète » sont en bien mauvais état : selon l’Institut national de recherche spatiale du Brésil (INPE), la déforestation a repris de plus belle avec le président d’extrême-droite en 2018.

Lors de l’élection de Bolsonaro, son adversaire Fernando Haddad annonçait le « début de la fin pour l’Amazonie ».

 

Il a dit qu'il mettrait fin aux aires protégées, aux terres réservées aux Indiens et qu'il réduirait les sanctions contre les crimes environnementaux » affirmait Marcio Astrini de Greenpeace Brésil.

En effet, Bolsonaro a favorisé l’agro-industrie brésilienne au détriment de la forêt,

selon Greenpeace, c’est 1,185 milliards d’arbres abattus,

 

La tenue du G7 a accentué la médiatisation de ce drame écologique et incité les dirigeants politiques à agir mais l’arrogance de Bolsonaro  et les engagements à longs termes n’ayant pas été pris, une mobilisation des ONG et citoyenne s’organise.

 

Dans une Tribune du Journal du Dimanche, 46 députés et 17 ONG réagissent aux feux en Amazonie causés par l'accélération de la déforestation.

Ils demandent à l'Europe d'agir pour garantir qu'aucun produit issu de la déforestation n'entre sur le marché commun.

 

Ils appellent au dialogue avec le Brésil, premier exportateur mondial de bœuf, pour «l’élaboration d’une loi garantissant qu’aucun produit issu de la déforestation, de la conversion d’écosystèmes naturels n’entre sur le marché commun.

D’après les chercheurs, la viande bovine et le soja OGM, achetés goulûment dans le monde entier, sont deux activités agricoles qui rongent l’Amazonie et expliquent la dramatique multiplication des incendies ravageant en ce moment la plus la grande forêt tropicale du monde. »

 

Ils sensibilisent également sur la responsabilité des consommateurs et des institutions européennes :

« La suspension de la ratification du Mercosur est une première étape qui doit être confirmée rapidement par un vote au Conseil de l'Union européenne. »

 

Le consommateur, à la fin de cette chaîne agro-industrielle a donc la responsabilité de revoir ce qu’il met dans son assiette…diminuer sa consommation de viande bovine et de soja  serait donc une première étape.

 

Une pétition a également été lancée par l’AFBP(Association Franco-Brésilienne pour les Peuples) à destination de la Commission européenne :

https://www.mesopinions.com/petition/nature-environnement/urgence-amazonie-stop-deforestation-sauvons-planete/71433

 

Le président brésilien Jair Bolsonaro quant à lui a annulé pour raisons médicales sa participation à un sommet régional sur l'Amazonie prévu ce vendredi à Leticia, en Colombie. Une annonce faite par son porte-parole. "Le président doit suivre un régime à base de liquide à partir de vendredi", deux jours avant de subir une intervention chirurgicale à l'abdomen, ce qui rend son voyage "pratiquement irréalisable", a déclaré Oravio Rego Barros. Un « remplaçant » sera envoyé ou un report du sommet demandé.

 

L’Amazonie brûle, le poumon de la planète souffre…mais ça attendra…

 

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