Confinement Bis, entre exaspérations et mobilisations des français

Les nouvelles mesures du second confinement annoncées le 28 octobre par le président Emmanuel Macron et précisées par Jean Castex le 29 octobre semblent être désapprouvées par un grand nombre et ce, dans divers secteurs. Petit tour d’horizon...

Les nouvelles mesures du second confinement annoncées le 28 octobre par le président Emmanuel Macron et précisées par Jean Castex le 29 octobre semblent être désapprouvées par un grand nombre et ce, dans divers secteurs.

Les Maires se mobilisent dans toute la France par arrêtés municipaux.

La Maire de Freynet-sur-Sarthe a pris un arrêté municipal autorisant l’ouverture des commerces non-alimentaires en protestation à « une concurrence déloyale des grandes surface ».

Le préfet de Sarthe Patrick Dallennes a réagi « Ces arrêtés municipaux sont illégaux. Je demande aux maires de les retirer, avant éventuellement de m’en remettre aux tribunaux".

 Le maire de Migennes dans l’Yonne François Boucher (LR), a également signé un arrêté, le 29 octobre, il y autorise les commerçants non alimentaires du centre-ville à rester ouverts « jusqu’à ce que l’égalité de traitement soit rétablie ». Le Préfet de l’Yonne a demandé au Maire le retrait de cet arrêté.

D’autres maires en Corrèze, Saône-et-Loire, Creuse, Nièvre, Perpignan ont pris ces mesures en revendiquant les mêmes raisons. Ils pourront saisir le tribunal administratif dans le cas où les préfets jugeraient leurs demandes irrecevables.

De nombreux artisans et commerçants témoignent leur désespoir via les réseaux sociaux, une esthéticienne en pleurs s’adresse à ses clients dans une vidéo, de nombreux restaurateurs pensent à « mettre la clé sous la porte ». De cette colère, est née une mobilisation des libraires, François Busnel , journaliste et animateur de La Grande Librairie a interpellé le Président dans une lettre et initié avec le Syndicat  de La Librairie une pétition « Ouvrir toutes les librairies, comme toutes les bibliothèques, c’est faire le choix de la culture. C’est un choix citoyen ».La Fnac indiquait le 29 octobre maintenir ses rayons de livres accessibles, le gouvernement s’y est aujourd’hui opposé.

Présidents d’universités et étudiants dénoncent les inégalités

Le ministre Jean Castex a annoncé lors de sa conférence de presse, jeudi soir, la fermeture des universités  « la règle sera le distanciel ». Les restaurants universitaires proposeront des repas à emporter et les bibliothèques universitaires seront accessibles uniquement sur rendez-vous.

Les syndicats étudiants dénoncent également ces mesures qui accentuent la précarité étudiante et déplorent l’absence d’annonces de mesures sociales à destination des étudiants.

Dans un communiqué, la CPU (Conférence des présidents d’Université) a alerté le gouvernement le jeudi 29 octobre  « La CPU tient à faire part de sa stupéfaction en apprenant que, dans le même temps , les classes préparatoires aux grandes écoles, dans les lycées, pourront rester ouvertes ».

Le personnel soignant, excédé

Dans son discours du 28 octobre,  le Président promettait 10 000 lits supplémentaires en réanimation. La veille, le collectif Inter-Urgences réagissait , pressentant que les moyens ne seraient , encore une fois pas à la hauteur :

« Des mesures sanitaires telles que le couvre-feu ou le confinement sont pris en fonction du niveau de saturation de l'Hôpital Public.
Au lieu de répondre aux revendications des différents acteurs de la santé à savoir plus de lits d'hospitalisation, plus de personnel médical et paramédical avec une réelle reconnaissance de la profession à travers une revalorisation à hauteur de nos voisins européens.

Le Gouvernement préfère ne pas donner de moyen supplémentaire et préfère confiner aux risques de coûter extrêmement chère pour la société.
Pourtant, un investissement massif vers l'Hôpital Public limiterait considérablement le niveau de saturation de ce dernier et par conséquent l'Hôpital serait plus en capacité d'absorber les malades de la Covid-19 ainsi que les autres malades d’être d’être sincèrement entendu
« 

Dans un article pour BastaMag, Rachel Knaebel , revient sur ces lits désespérément attendus. Elle rappelle la succession de suppression de lits qui sont prévus, notamment dans les projets d’ouvertures de centre hospitaliers de remplacement « A Paris, ce sont les hôpitaux Bichat et Beaujon qui doivent disparaitre au profit d’un nouvel hôpital à Saint-Ouen. Le nouveau site devrait abriter un quart de lits d’hospitalisation en moins que ceux qu’il est censé remplacer ».

Pour rappel, selon une enquête récente menée par l'Ordre national des infirmiers, plus de 40% d'entre eux envisagent « de raccrocher la blouse », 57% sont en situation d’épuisement professionnel. En septembre, le responsable des urgences du CHU du Kremlin-Bicêtre, le docteur Maurice Raphael quittait ses fonctions, « lassé de l'indifférence de sa direction. Rien n'a changé ».

L’histoire ne s’arrête pas aux portes des hôpitaux.

À quelques  jours de la rentrée scolaire, les changements de dernières minutes du ministère de l’éducation nationale et une communication mal maîtrisée continuent d’exaspérer enseignants et parents d’élèves. 
Un préavis de grève a été déposé vendredi 30 octobre par des syndicats enseignants, dans un communiqué: « Le nouveau protocole publié par le ministre, sans même prendre l’avis du CHSCTM, est une illusion de protection renforcée ! Rien sur la diminution des effectifs dans les classes ! Des solutions peu réalistes sont encore évoquées comme le non brassage par niveaux ou une salle par classe. Ce protocole ne répond ni à l’inquiétude, ni à la colère des personnels ».
Une grève prévue du 2 au 7 novembre d’après les syndicats.

Le confinement Bis est bien là, la colère des français également. 

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