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Jour 18 : Harassée par tant de mots vides, apocalypse télévisuelle et politique. Heureusement la poésie existe. Un jour, tu finis par ne comprendre que cette langue-là. Darwich est le guide, à sa main une branche d'olivier et sur son front une liberté inaltérable. Généreuse liberté, partagée et offerte. La poésie, tu peux la faire tienne.
Vers visionnaires, définitivement. "La terre nous est étroite", un constat immuable. Pourtant j'y vois un sens plurivoque aussi, chacun-e y voit sa terre, sa maison, un sentiment qui enferme, une rancune ou un chagrin ?
Et "l'étroitesse" ressentie que tu portes dans ton cœur je ne la discuterai jamais.
"La terre nous est étroite.
Elle nous accule dans le dernier défilé et nous nous dévêtons de nos membres pour passer.
Et la terre nous pressure.
Que ne sommes-nous son blé, pour mourir et ressusciter.
Que n’est-elle notre mère pour compatir avec nous.
Que ne sommes-nous les images des rochers que notre rêve portera, Miroirs.
Nous avons vu les visages de ceux que le dernier parmi nous tuera dans la dernière défense de l’âme.
Nous avons pleuré la fête de leurs enfants et nous avons les visages de ceux qui précipiteront nos enfants par les fenêtres de cet espace dernier, miroirs polis par notre étoile.
Ou irons-nous, après l’ultime frontière ? où partent les oiseaux, après le dernier Ciel ?
où s’endorment les plantes, après le dernier vent ?
nous écrirons nos noms avec la vapeur Carmine, nous trancherons la main au chant afin que notre chair le complète .
Ici, nous mourrons.
Ici, dans le dernier défilé.
Ici ou ici, et un olivier montera de Notre sang."
Mahmoud Darwich, "La terre nous est étroite"