Carnet de confinent - Jour 13 : Faire de l’interruption un nouveau chemin

Le poème commence ainsi "De tout il restera trois choses" ; la promesse immense est tenue de répondre à nos questionnements existentiels. Et les mots précis et choisis en orfèvre agissent comme un pansement sur une plaie ouverte. - Fernando Sabino

Au jour 13 : superstitieux et dévots, passez votre chemin ! Fatalité. Anathème. Infortune. Il faudrait trouver un mot plus grand encore pour décrire le malheur de ce nouvel ordre du monde et cette malédiction qui interdit aux Hommes de procéder aux rites de la sépulture pour un autre Homme, que l'on a chéri de surcroît. A la fin de ce "tout", la rencontre demeure, alors l'espoir de la communauté humaine respire encore ...

"De tout il restera trois choses :

La certitude que tout était en train
De commencer ;
La certitude qu’il fallait continuer,
La certitude que cela serait interrompu
Avant que d’être terminé.
Faire de l’interruption un nouveau chemin,
Faire de la chute un pas de danse,
Faire de la peur, un escalier,
Du rêve, un pont,
De la recherche…

Une rencontre"

Poème de Fernando Sabino, poète brésilien extrait de "O encontro marcado" (Le rendez-vous convenu)

 

Atelier de Cézanne © Samia D. Atelier de Cézanne © Samia D.

 

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