Samir BENBOUALIA
Abonné·e de Mediapart

37 Billets

0 Édition

Billet de blog 5 décembre 2012

Samir BENBOUALIA
Abonné·e de Mediapart

Une q'cida (chanson poètique) à leurs memoires s'il vous plait Monsieur M.Toumi ou Monsieur A.Meskoud. Par Algerian speaker

Samir BENBOUALIA
Abonné·e de Mediapart

Ce blog est personnel, la rédaction n’est pas à l’origine de ses contenus.

    A mon humble avis et contrairement à ce que    répond Mustapha Toumi à Mohamed Ali Allalou lors d’une interview radiophonique, « Sabhane Allah ya l’tif » texte historique sous la forme d’une q’cida Châabi qu’il a écrit en    1970 pour le regretté El Hadj M’hamed El Anka (Rabi yerahmou) n’est pas un texte prémonitoire mais juste un constat politique d’un patriote avisé au faît des réalités du terrain, bien après    Larbi Ben M’hidi (Rabi yerahmou) qui a dit, je le cite :  

' Je voudrais être soumis à des tortures, pour être sûr que    cette chair misérable ne me trahisse pas. J'ai la hantise de voir, se réaliser mon plus cher désir car lorsque nous serons libres, il se passera des choses terribles, on oubliera toutes les    souffrances de notre peuple pour se disputer des places ce sera la lutte pour le pouvoir, nous sommes en pleine guerre et certains y pensent déjà, des clans se forment. A Tunis tout ne va pas    pour le mieux ; oui j’aimerai mourir au combat avant la fin. Ferhat Abbas dans sa lettre de démission de la première assemblée nationale Algérienne avait dit entre autres qu’un état confisqué    était un état mort né, nous jouons à pile ou face le sort du pays que tôt ou tard en évoluant de la sorte on s’acheminerait vers un état policier qui ne fera qu’engendrer une jeunesse fasciste.    Mohand Arab Bessaoud (Allah yerahmou) qui dans son livre ‘heureux les martyrs qui n’ont rien vu’ paru en 1963 aux éditions Berbères dit certaines vérités à propos de cette guerre de libération et    sur les armées des frontières. Ces gens là ne sont pas devins mais simplement acteurs sincères de la guerre de libération nationale ou victimes déjà d’un mépris (hogra), de complots    machiavéliques ou bien tout simplement écœurés devant tant de roublardise de soi-disant partenaires luttant pour une cause commune. S’agissant de Mustapha Toumi qui souhaiterait faire un déni de    ces 12 ans sombres faites de larmes et de sang qu’on vient de passer ou des Algériens ont tout perdu ou presque. On peut pardonner pour que le cauchemar s’arrête mais ne jamais oublier surtout,    écrire cette partie de l’histoire sous la forme d’une qucida qui restera pour l’éternité à la manière de « soubhane Allah ya l’tif » écrite par une plume compétente peut s’avérer être    une bonne thérapie en plus d’être un vibrant hommage à ces victimes connues et inconnues mais l’ignorer ou arriver même à souhaiter une amnésie collective serait une grave erreur à mon humble    avis bien sûr. Personnellement, un de mes beaux-frères a perdu son père (assassiné), un autre sa sœur, moi-même j’ai mon petit cousin qui a perdu la raison suite à des tortures et de nombreux    Algériens sont dans le même cas. Que doit-on faire en cas d’amnésie collective ? Ne pas aller au cimetière, ignorer les proches encore  vivants victimes de ce malheureux « épilogue » ? Une partie de    notre histoire a été sciement occulté cela ne nous a pas permis de nous reconstruire, avons nous benéficié de cette erreur ou sommes nous prêts à en commetre d'autres ? A mon avis,    écrire une qucida à la mémoire de nos chers défunts assassinés ou morts lors d’attentats, connus et inconnus ou des victimes vivantes tel mon jeune cousin ne serait que justice et un sacré    hommage qu’on pourrait leur rendre. Qu’ils s’appellent Liabes, Alloula, Djaout, Hachani, Boucebci, Flici, Matoub, Mokbel, Belkhenchir, Asselah, Hillel, ou Katia, on leur doit bien ça. Maintenant    on en revient à la fameuse q’cida écrite par Mustapha Toumi et traduite en Français. Si quelqu’un est en mesure d’apporter une meilleure traduction, qu’il n’hésite surtout pas pour éviter l’adage    Italien qui dit « traduttore, traditore » (traducteur, traitre).    

Sabhane Allah ya l’tif (Louanges à Dieu le miséricordieux) traduit en    Français  

Il était un jeune pigeon gracieux, ô toi l'homme d'expérience dont je vais te conter l'histoire    et qui, à la fleur de l'âge, au printemps resplendissant, rendu présomptueux par son plumage neuf, vint me provoquer, dégaina son épée et me dit : "Nous avons un différend.  

Affronte-moi si tu es de noble naissance et de ceux qui possèdent le sceau du pouvoir.  

Montre-moi où t'ont conduit tes solides relations."  

Je lui répondis en ces termes :  

" Comment peux-tu m'adresser des propos pleins de colère ?  

Pourquoi ce courroux et cette fureur ?  

On s'imagine que tout n'est que chapardise, qu'il suffit juste de foncer et l'on traite d'impotent le dernier arrivé."  

Refrain :  

Louanges â Dieu, la bonté même ; Toi Seul détiens la connaissance.  

Certains prennent pour de la peur le respect qu'on leur témoigne.  

Tu ne vins pas à moi pour une question d'honneur, l'air déterminé ; c'était par jalousies accumulées ; car j'ai fait beaucoup d'envieux.  

Je te croyais mon allié et fier de toi ; en réalité, tu creusais des fosses pour me précipiter dans l'abîme.  

 Quand ce serait de ta part de l'avidité, tu devrais avoir honte.  

Tu sais combien de mers j'ai traversé et combien de contrées j'ai parcouru.  

Refrain :  

Toi avec ton air maussade, toi qui fais les premiers pas en ce monde, sache que

tes semblables n'ont connu ni la vie, ni ses joies.  

Qu'ont-ils donc pu voir ?  

Un jeune pigeon ne doit pas tricher ; un ramier expérimenté est capable de fureur.  

Refrain :  

Ton plumage est encore juvénile, bonté divine ! Retourne-toi, ou tu le regretteras ;    ton bec ne peut lutter, tes ailes sont fragiles ; ne tiens plus de propos violents qui ne te conviennent pas, ne tiens plus le langage de la colère et du dépit.  

Un jeune pigeon ne doit pas tricher - n'est-ce pas ? Retourne à ton gîte et dis à ceux qui t'ont envoyé qu'ils manquent d'éducation.  

Tu es un jeune pigeon chétif, n'est-ce pas ? Retourne à ton gîte et dis à ceux qui t'ont envoyé m'importuner qu'ils manquent de savoir vivre.  

Refrain :  

Tel brandit l'épée, jouant au héros, Se vantant sans cesse d'être sans pareil, et, si tu restes silencieux et que tu te montre complaisant, il te considère d'emblée comme un âne bâté ou une serpillière.  

Refrain :  

Tel se présente, tourmenté par la faim, et dévore tout ce qui se présente à pleines dents.  

Rien ne saurait le rassasier, ni cent plats, ni mille louches.  

 Il désire un trône de nacre et tous les trésors du monde : or, diamants et argent.  

Refrain :  

Tel se présente, l'aspect brutal, la tête encore pleine d'illusions, le menton encore imbèrbe ; il se fait porc-épic, inutile de le décrire : un forban à moustache qui te brade sous le manteau chez le camelot.  

Tel se présente, l'air affable, plein de beaux discours, citant les prophètes, les livres sacrés et tous les chorafa ; il t'abuse par des signes d'amitié, jure par Dieu, glorifie le Créateur, alors que, derrière son chapelet, il trame des complots.  

Refrain :  

Tel se présente l'air affable, plein de beaux discours, citant les prophètes, les livres sacrés    et tous les chorafa, jure par Dieu, glorifie le Créateur alors que, derrière son chapelet, il trame des complots.  

Tel se présente en hôte, ses effets empaquetés, dans le froid, la pluie et les sifflements de la brise.  

Passé l'hiver, passé l'automne, il s'incruste chez toi, devient propriétaire de ta maison et te prend pour domestique.  

refrain-riâl :  

Oubliant l'affection, après des moments d'amour et de dépit, le pigeon m'abandonna à mes chagrins, sans raison, sans dispute ni mésentente.  

C'est qu'il avait, j'en suis persuadé, une idée arrêtée : j'imagine qu'il a été ensorcelé  

Le faucon, lui, s'envola pour émigrer et s'élancer vers d'autres vastes espaces.  

Il laissa son aire vide et disparut à jamais.  

Je le croyais mon ami, il s'est détourné de moi ; c'était, en vérité, un serpent blotti contre moi.  

Quelle honte ! Quel déshonneur ! Quelle infamie ! Comme vous êtes avides, "hommes" de mon pays !  

Vous ne pensez qu'en termes de carrière et de rentes ; vous avez ignoré les bienfaits et manqué de discernement.  

Vous ne valez pas la ration d'une bête, ni même une charogne au Marché du Samedi.  

refrain-riâl :  

Ce n'est ni amitié, ni connaissance, ni parenté, ni alliance.  

Un cœur déchiré peut-il redevenir serein ?  

Qui vous fréquente court à sa perte !  

Qu'est devenu celui qui a cru à la sorcellerie ?  

Hôte de Dieu, viens te réchauffer; réponds à mon salut sans crainte.  

Nous sommes d'authentiques chorfa (loyaux), n'est-ce pas ? Nous ne décevons jamais nos hôtes, mets-toi à l'aise, repose-toi et prends cette couverture.  

refrain-riâl :  

On croit le maître inutile; on le considère comme un radoteur; sa chandelle serait éteinte.  

Du maître, toi qui écoute ce chant, la lumière ne peut disparaître : les gens le constatent du matin au soir.  

On croit le maître inutile; on le considère comme délirant, on dit que son épée est usée, émoussée.  

Le maître, toi qui écoutes ce chant, est toujours lucide et son épée étincelante reste célèbre dans la contrée.  

on croit le maître inutile, comme un vieux taureau : on a secrètement aiguisé le couteau.  

Le maître, toi qui écoutes ce chant, ne porte pas d'entraves; ce n'est ni un agneau, ni un mouton promis au sacrifice.  

Refrain :  

On croit le maître fini, sa vitalité tarie, mais tous les efforts entrepris pour lui porter préjudice nuire sont restés vains.  

Le maître, toi qui écoutes ce chant, répond par le silence et la patience.  

Rien ne lui échappe; à toute perte existe une compensation.  

lstikhbâr:  

Je dois rompre avec celui dont la bonté fait défaut; car les principes recommandent de ne pas fréquenter les mecréants.  

Jadis, jeune, je les ai côtoyé pensant me lier d'amitié avec des hommes de bien.  

Je les ai pris seuls et ensemble aprés pour juste me prouver que j'ai raison, ils ne montrèrent aucune reconnaissance.  

Et toutes mes bonnes oeuvres, gâchées, s'évanouirent.  

Riâl :  

J'ai chanté tant de poèmes composés aussi,  les ai classsés avec art pourtant nul n'ignore que je ne l'ai pas appris à l'école.  

Je ne suis pas cultivé, j'ai eu pour maîtres la faim et le dénuement.  

Mais mon pain est fait de bonne semoule non empruntée, ma demeure n'est pas inconnue.  

Je ne suis ni envieux, ni ingrat; je reste digne et mène une vie honnête.  

Les proches et les étrangers peuvent en témoigner : je n'ai pas l'habitude de médire d'autrui ou de calomnier les absents.  

Mes os ne sont pas à ronger ! Je ne suis pas stérile ; ma terre n'est pas desséchée.  

Un lion demeure un lion; même vieillissant, les loups le redoutent.  

On ne peut être mené et mener à la fois, tenir la barre au plus fort de la tempête.  

L'auteur de cette composition poétique n'est pas un illuminé.  

Il fait partie des êtres sincères et fidèles; c'est un vrai fils de Bab Djedid, je le jure sur Bir Djebbah : le poète, c'est Toumi Mustapha; et celui qui a adapté et interprété ce poème est un pilier (de cet art), maître El anka, en l'année soixante-dix suivant le millénaire et s'ajoutant à neuf cents ans.  

L'Algérie est jeune de constitution et son drapeau flotte (au vent).  

Ici se termine mon récit sincère.  

Il était un jeune pigeon gracieux, ô ! toi l'homme d'expérience, dont je vais te conter l'histoire, et qui, à la fleur de l'âge, au printemps...  

Ce blog est personnel, la rédaction n’est pas à l’origine de ses contenus.

Bienvenue dans Le Club de Mediapart

Tout·e abonné·e à Mediapart dispose d’un blog et peut exercer sa liberté d’expression dans le respect de notre charte de participation.

Les textes ne sont ni validés, ni modérés en amont de leur publication.

Voir notre charte