Polemique autour d'un film (El Wahrani ou l'Oranais de Lyes Salem) par Samir Benboualia alias Algerian speaker qui a mal à son p

Toute cette polémique autour d’un bon film dans lequel le réalisateur a seulement mis en scène certains épisodes de notre histoire tronquée par les pouvoirs publics et des tabous qu’on voudrait taire à jamais. Sommes-nous Arabes ? Non ! On peut être Arabophone sans être Arabe, Francophone sans être Français, Anglophones sans appartenir à la Couronne. Les Américains du sud ont toujours parlé Espagnol ou Portugais sans l’être en soi, les Indiens d’Amérique du nord parlent Anglais comme ils auraient pu parler Français, Portugais ou Espagnol. On a toujours adopté la langue de l’occupant et très souvent au détriment de notre propre langue. Jamais je n’oublierai les films westerns de jadis, quand la cavalerie arrivait pour prendre la défense d’un fort attaqué par les Indiens, tous les spectateurs du cinéma applaudissaient (moi y compris !) Voilà ce que j’appelle une manipulation médiatique des masses autochtones. Bref revenons à notre histoire, la majorité d’entre nous sont Arabophones mais Berbères quand même, si la langue a été égarée à travers les temps c’est que l’occupant a toujours œuvré pour qu’il en soit ainsi. A un certain moment (du moins à l’école) nos ancêtres étaient bien les Gaulois, quelle blague ! On renie l’affaire de Mellouza tout en cherchant à l’imputer à la France, cacher cette guerre fratricide qui était enfaite une guerre dan la guerre que se sont livré le MNA de Messali El Hadj et le FLN faisant de par et d’autre 10.000 morts et 25000 blessés. Pourquoi chercher à travestir l’histoire, à quoi bon ? L’histoire bonne ou mauvaise se doit d’être transmise. Messali El Hadj qu’on le veuille ou pas fut le premier nationaliste Algérien. Je ne peux être d’accord avec lui le partisan de l’Arabo-Islamisme, du mouvement El-Bâath (la renaissance) sous influence du Druze Libanais Chakib Arslan qui réussi à l’éloigné du Parti Communiste Français ou il était un camarade d’Albert Camus. La première crise identitaire eut lieu en 1949, on nous refusa une lutte Algéro-Algérienne au profit d'une lutte Arabo-islamique. Les Egyptiens crient sur tous les toits qu’ils sont Arabes tout en revendiquant leur appartenance aux Pharaons. Quand le Pharaon a t-il été Arabe ? Les Berbères et les Pharaons étaient la avant les Arabes. Pour revenir au premier Nationaliste Algérien, Messali El Hadj, c’était un Kouroughli par son père. Les Kouroughli sont descendants de Janissaires (guerriers Ottomans d’origine Européenne mariés à des Autochtones) d’ailleurs à Tlemcen, ils avaient leur propre quartier. Alors, ca vous étonne : Mesli Ahmed alias Messali El Hadj n’est pas d’origine Berbère, et après ? N’empêche qu’il a été le premier nationaliste Algérien, je dirai même Maghrébin depuis les années 20, acteur de toutes les revendications. Dire qu’on est Arabo-islamique c’est trop nous demander, la perte d’identité constitue pour l’être humain une perte de repères, Emile Zola n’a-t-il pas dit « le plus noir des crimes est celui qui consiste à obscurcir la conscience politique (ou identitaire dans notre cas précis) d’un peuple et de l’égarer » Pour revenir au film l’Oranais de Lyes Salem, ceux qui persistent à clamer que c’est un navet se trompent ou le font exprès à l’image de cheikh Chemsedine qui lance un appel aux Oranais leur disant que Lyes Salem les insultaient et les moudjahidine aussi parce qu’il les montre prenant de l’alcool. Ou est le problème ? Les comptes sont à rendre à Dieu pas à Cheikh Chemsedine ou un autre valet du système corrompu. Les personnes malintentionnées qui s’amusent à tromper l’opinion publique en confondant la révolution avec des choses relevant du domaine privé. C’est-à-dire qu’un Moudjahid ne peut boire d’alcool, ne peut prendre de drogues, ne peut pas être homosexuel, ni lesbienne ou pédophile. Je cite ces cas précis parceque j’ai des exemples concrets, Ali Kafi, Allah yerahmou était bien surnommé « Ali El killo » (Ali le clodo) et pourtant il a occupé de hautes fonctions de l’état y compris le poste de ministre des anciens Moudjahidine et la fonction suprême de chef de l’état Algérien. Je me permettrai de douter de ses qualités de gestionnaire, jamais de son patriotisme. Ce n’est qu’un exemple concret que j’évoque pour contrecarrer les détracteurs du film l’Oranais de Lyes Salem. Il était temps que quelqu’un commence à dire les choses, raconter l’histoire telle qu’elle c’est passée. Notre histoire n’était pas faite que d’héroïnes et d’héros mais aussi de traitrises, d’assassinats et divers événements vils et mesquins. Il est vraiment navrant qu’on ne parvienne pas à écrire notre histoire 52 ans après l’indépendance de l’Algérie. Apprenons d’abord à faire la part des choses en ne confondant pas par exemple Islam et islamisme, révolution et vie privé, colonialistes et peuple Français, et pour certains, peuple et pouvoir corrompu, système et patrie, Islam et islamisme, sionisme et Judaïsme. Certains personnes de notre histoire étaient Juives ou Chrétiennes à l’exemple d’El Kahina ou de Saint Augustin pour ne citer que ceux-là. Pour finir, je dirai qu’El Wahrani (l'Oranais) a été l’un des meilleurs films révolutionnaires que j’ai vu car techniquement il est bien fait en plus de ça il soulève un problème que les cinéastes traditionnels n’ont jamais voulu aborder par peur de se voir censurés ou privés de budgets à jamais. Encourageons des personnes comme Lyes Salem au lieu de les détruire au nom d'un système maffieux et illégitime qui veut se donne l'impression d'être une monarchie en plus d'être phallocentrique (malgré toutes les héroïnes qu'on a eu Kahina, Fathma n'soumer, Tinhinan, Taos Marguerite Amrouche, Hassiba Benbouali pour ne citer que celles-là), gérontocratique et corrompu. Le malheur pour nous c’est ne pas avoir eu un Adolphe Crémieux alias Isaac Jacob à l’assemblée Française ni une personne de la stature d’un Nelson Mandela à la place de Benbella, l’adjudant footballeur ou un zâaim des armées des frontières ou leurs ayants-droits puisque dans leurs têtes, l'Algérie est une monarchie.

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