Démocratie participative et populisme.

Voici les notes qui ont servi de fil directeur à mon intervention le 6 avril 2012 dans le cadre de l'association "regards croisés". Ne s’agissant pas d’un article, le propos est parfois elliptique, allusif. Il me semble néanmoins intelligible en tant que tel et demande à être ressaisi de façon critique. En espérant que ces quelques notes pourront être utiles, je vous souhaite une bonne lecture.

 Intention : réfléchir sur la démocratie participative comme symptôme d’un certain état du politique mais également comme produit d’une attente légitime.

Dans cette optique, démocratie participative et populisme se rejoignent en relation à une dégradation de la démocratie. Deux réponses au soupçon qui pèse sur la démocratie représentative.

Il ne s’agit pas de les confondre a priori mais de cerner leur éventuelle proximité.

« Le populisme devient en effet un mode dominant du rapport aux citoyens dans des démocraties qui ont perdu le sens de la délibération publique, de la consultation populaire et du bien commun. »(1)

Ainsi, ceux qui promeuvent la démocratie participative peuvent être accusés de populisme si leurs intentions sont manipulatrices, mais inversement la critique de la participation peut mobiliser des ressorts populistes (N’est-ce pas trop commode d’opposer les « citoyens ordinaires » aux « élites » qui chercheraient par nature à les berner ?).

A cause de cette labilité du concept de populisme, je préfère centrer ma réflexion sur la démocratie participative.

 Introduction.

  • · Constat d’une relative inactualité médiatique de la démocratie participative. Ce n’est pas une proposition forte ou du moins en débat dans la campagne présidentielle de 2012.

Crise financière et économique obligeant, la question du renouveau démocratique n’est pas vraiment au cœur de la campagne politique des Présidentielles. Il faut relancer la croissance, faire face à un taux élevé de chômage, moraliser le capitalisme, etc. Les experts s’affrontent, les candidats rivalisent de chiffres, cherchant auprès d’eux une forme de crédibilité.

On est loin des élections présidentielles de 2002 et de la promotion par Ségolène Royal d’un renouveau civique sous la forme de la « démocratie participative », médiatisée notamment par son site « Désirs d’avenir ».

  • · Pourtant, dès la mi-journée du premier tour du scrutin, les analystes politiques scruteront les sondages de participation. Le peuple s’est-il déplacé en masse pour adouber le nouveau chef d’Etat ? Comment se porte la démocratie ? comme si el taux de participation était à lui seul un indice de la bonne santé des démocraties contemporaines.

Il n’est au mieux qu’un symptôme du crédit que les citoyens apportent à ce type d’élection et à cette forme de démocratie représentative. Le diagnostic de la crise du modèle représentatif n’est plus à faire. Par contre, restent à déterminer les éléments structurels et conjoncturels. Comme le souligne Pierre Rosanvallon dans La contre-démocratie (Seuil, 2006), la défiance est constitutive du régime représentatif. Elle n’est pas nouvelle. « L’histoire des démocraties réelles est indissociable d’une tension et d’une contestation permanentes. » (p.11).

Comme le rappelle Jean Salem dans son livre Elections, piège à cons ? (Flammarion, 2012), les taux de participations aux élections que ce soit aux EU ou en Europe, ne plaident pas en faveur d’une grande santé démocratique.

21,6% au premier tour de la présidentielle de 1995

32% au premier tour des législatives de 1997

32, 7% 1er tour municipales 2001

53% élections européennes de 1999

mais 16,2 % uniquement au 1er tour présidentielle 2007 et 39,6 % d’abstention aux législatives 2007.

Abstention aidant, les élus ne le sont jamais avec la majorité des personnes en âge de voter, mais avec celle des suffrages exprimés. Ce qui d’emblée interroge leur représentativité.

Les abstinents n’avaient qu’à aller voter, direz-vous, mais les motifs de l’abstention méritent peut-être d’être entendus ?

Certains refusent peut-être de participer à une mascarade électorale dont ils contestent la légitimité, non pas par pur égoïsme, mais au nom de principes politiques, voire même démocratiques. La dégradation de la forme institutionnelle de la démocratie ne signifie pas nécessairement désintérêt politique.

  • ·Dans cette perspective, les initiatives en faveur de la démocratie participative peuvent être perçues comme des tentatives pour réinsuffler de la vitalité démocratique dans des institutions moribondes qui ne contribuent qu’à la reproduction d’une oligarchie.

Ex : débat public, conférences de citoyens ou budgets participatifs.

Voir le livre de Loïc Blondiaux, Le nouvel esprit de la démocratie, « Actualité de la démocratie représentative », Seuil, 2008.

Les institutions ne se modifiant qu’à la marge (voir loi Vaillant de 2002 imposant aux communes de plus de 80000 hbts la mise en place de conseils de quartiers) on peut s’interroger sur la finalité d’une telle ambition.

 S’agit-il de transformer fondamentalement la démocratie représentative ou au contraire de cautionner les institutions présentes par un saupoudrage participatif ? Dans un tel cas, la « démocratie participative » fait non seulement figure de pléonasme mais également d’oxymore. La participation, telle qu’elle se pratique, ne devient-elle pas le fossoyeur de la démocratie et le lit du populisme ?

 1/ Petite généalogie du désinvestissement de la politique institutionnelle.

Plutôt que de crise de la démocratie, je préfèrerais parler, à la suite de Castoriadis, d’une « montée de l’insignifiance », d’une sorte d’avachissement de la conscience collective. La crise appelle au jugement alors que nous versons plutôt dans le désintérêt.

 a/ Le renforcement du libéralisme politique : « liberté des anciens » et « liberté des modernes ». Nous vivons dans des « républiques libérales » (B. Ackerman) dont le but est la maximisation des attentes individuelles. On demande des comptes à l’Etat, l’extension de nos droits, etc.

Dans les représentations collectives, la liberté désigne avant tout la jouissance de droits et l’épanouissement personnel. La dimension politique de celle-ci devient seconde. On demande des comptes, des protections et on reste vigilant face aux dérives du pouvoir. Mutation de la citoyenneté et non déclin (Rosanvallon, p.25).

Il ne s’agit pas, sous une forme réactionnaire, de faire l’éloge d’une liberté politique disparue car les conditions de la liberté moderne sont inouïes.

 b/ Le développement du renoncement politique : on peut constater un refoulement de la dimension normative du politique.

La contamination du politique par des questions économiques : de sphère de définition des fins communes, la politique est devenue un instrument de maximisation des richesses collectives. Or on ne croit plus à son pouvoir.

Dans le domaine du travail, s’impose par exemple l’idéologie du réalisme économique : « l’économie est soumise à des lois qu’on ne peut pas ne pas respecter sous peine de disparaître ». Idem face à la crise. Il n’y aurait qu’une solution possible, que l’on soit de gauche ou de droite.

 c/ Confiscation du pouvoir par une oligarchie en connivence avec la caste médiatique.

Accéder à la représentation implique presque toujours d’en passer par la machine des partis, des jeux de pouvoir et de l’entre soi du monde politique.

Celle-ci assoie sa légitimité sur la prétendue incompétence du peuple. On demande que celui-ci réponde à des référendum mais seule la réponse attendue est légitime. Ainsi, le refus du Traité constitutionnel par le peuple n’a pas empêché la ratification par voie parlementaire du traité de Lisbonne.

 d/ idéologie de la fin des grands récits : nous serions enfin devenus réalistes. La chute du mur de Berlin a symboliquement signifié la mort programmée de toute alternative radicale à l’économie capitaliste et aux formes libérales de la représentation politique. On ne croit plus en des lendemains qui chantent. Plus de vision eschatologique de l’existence humaine (progrès).

 Bref, pour toutes ces raisons et d’autres encore, on comprend que les questions politiques soient désinvesties. Si le monde dans lequel nous vivons est le seul possible, qu’on ne peut que le corriger à la marge et que seuls des experts patentés en sont capables, autant les laisser faire.

 

2/ A quoi bon promouvoir la démocratie participative ?

 a/ par souci démocratique : recherche d’une extension des droits politiques… soit pour renforcer la démocratie représentative soit pour la supplanter.  Défense plurielle de l’idéal démocratique.

  • · La démocratie implique la participation des citoyens aux affaires de la cité. Elle est le seul régime politique dans lequel prend corps l’autonomie collective.

Or celle-ci ne peut être représentée. On peut déléguer l’exécution mais pas la délibération sur les fins.

Cf. Rousseau, Contrat social. Conception antique de la citoyenneté comme implication du citoyen dans les procédures décisionnelles.

Cf. parmi les contemporains US : Benjamin Barber, Démocratie forte : rotation des postes, tirage au sort, etc.

La demande de démocratie participative naît d’une défiance à l’égard de la démocratie représentative, pourtant à l’origine des républiques modernes. Celles-ci se sont constituées au nom du peuple mais en se méfiant de lui. Il ne serait pas apte à voir son propre bien.

« La méfiance organisée à l’égard du peuple caractérise le gvt représentatif, cette forme politique dans laquelle une artistocratie élue au suffrage universel revendique pour elle seule la légitimité d’agir. »

L. Blondiaux, Le nouvel esprit de la démocratie, Seuil, 2008, p.14.

 « La démocratie ne consiste pas à mettre épisodiquement un bulletin dans une case, à déléguer les pouvoirs à un ou plusieurs élus, puis à se désintéresser, s’abstenir, se taire pendant cinq ans. Elle est action continuelle du citoyen. » (Pierre Mendès France, La république moderne, Gallimard, p. 25 cité par Blondiaux, p.15).

  • · Donc défiance mutuelle des élus et des citoyens. Démocratie participative s’inscrit comme un dépassement de celle-ci. Mais qui la revendique ?

Cette idée émerge en France dans les années 1960 dans divers courants de la gauche non communiste (PSU, CFDT, …). On est loin néanmoins d’un idéal autogestionnaire ou conseilliste.

Au départ, revendications d’abord ascendantes dans années 70, puis dans les années 90, c’est à la demande des élus qu’on recherche participation.

Multiplication de textes législatifs qui imposent la consultation des citoyens pour la rénovation urbaine et les questions environnementales.

Les modèles de la participation (CNDP, jury citoyens, etc.) sont importés de l’étranger sans qu’on prenne en compte le contexte particulier de leur élaboration : opposition entre les initiatives latino-américaines et anglo-saxonnes.

 b/ parce que les experts ont failli et que la politique ne peut se réduire à une affaire d’expertise. Promotion d’une intelligence collective.

La crise écologique, économique et politique dans laquelle nous sommes est bien le résultat de la pseudo-expertise.

- quel économiste peut soutenir sans ciller qu’une croissance infinie est possible dans un monde aux ressources naturelles finies et soumises à l’entropie ?

- le modèle productiviste est par ailleurs une des  causes principales d’érosion de la biodiversité dans laquelle s’inscrit l’espèce humaine.

- nos choix énergétiques pris sans consultation de la population menacent la santé publique. Nous ne sommes pas à l’abri d’une catastrophe et de toute manière la gestion des déchets sur le long terme est loin d’être une sinécure pour les territoires concernés.

Ce serait un moyen de promouvoir une conception plus juste de l’intérêt général par délibération, consensus, prenant en charge la complexité des sociétés et la diversité des aspirations (cf. Rawls et Habermas).

Ou de canaliser les formes anarchisantes de manifestation démocratique : contestations du pouvoir, associations informelles, groupuscules, etc.

« A l’instar du suffrage universel en ses débuts, ces nouvelles formes de participation peuvent être pensées à la fois comme des instruments de dressage et de libération, comme des technologies visant à canaliser les mécontentements populaires et comme des lieux où une contestation de l’ordre établi peut trouver à s’exprimer et à se renforcer. » (Blondiaux, p.48).

 c/ justification cynique : pour servir de caution aux politiques publiques menées au nom du peuple. Acceptabilité sociale.

Se pose alors le problème de la fonction de la consultation et du pouvoir de décision dont est réinvesti le peuple.

Voir la charte des principes des conseils de quartier à Reims (juillet 2011, « finalités ») : Le conseil de quartier est une instance communale, territorialisée, permanente, de consultation, contribuant à faire vivre la démocratie locale. Seul le conseil municipal a le pouvoir de décision.

 N’est-ce pas ce qui se passe au niveau de la consultation obligatoire pour l’aménagement de nouvelles zones urbaines. Voir le cas des ZAC (zone à aménagement concerté).

Cf. Maurice Blanc, La gouvernance urbaine (prof émérite de sociologie à Strasbourg) : « On ne cherche plus une participation réelle des habitants, jugée impossible, mais à sauvegarder les apparences. »

Ministère du Développement Durable : « la concertation se caractérise par l’implication fondée sur un travail commun des élus, des techniciens et des habitants sur un projet public, mais ne vaut pas dire partage de décision ».

Références extraites de l’article « Ecoquartiers, l’éthique du toc », Revue Z n°4, automne 2010, p.85-88.

 Si la démocratie participative a une fonction d’acceptabilité sociale, alors elle est un ressort populiste. On fait croire au peuple qu’il a droit à la parole, que celle-ci est entendue, mais on continue à prendre des décisions en son nom.

Il reste un référent fantomatique qui sert de caution aux pouvoirs publics.

C’est ce dont témoigne le manque de pouvoir criant des conseils de citoyens et le peu d’intérêt que leur accordent les élus. (Blondiaux, p.31).

 Mais en même temps, ces consultations populaires de l’avis de ceux qui y participent sont souvent décevantes, peinent à dépasser les réflexions terre-à-terre. Comme si le peuple n’était pas prêt pour l’autonomie. Ce qui confirme en retour la légitimité des experts.

 3/ Quelques jalons pour un renouveau démocratique.

 a/ Œuvrer pour la constitution d’un espace public critique.

La consultation, le débat, la délibération, ne peuvent pas reposer sur une prétendue intelligence spontanée des questions politiques. Toute question implique réflexion et élaboration d’une position. Donc il ne peut y avoir de démocratie participative sans accès à une information critique.

Il ne s’agit pas d’éclairer les individus mais de favoriser l’émergence d’espaces de discussion (réelle ou virtuelle) pour que se constitue une opinion commune qui ne soit pas le simple résultat du formatage par les médias. Il ne suffit pas de mobiliser le citoyen pour que celui-ci émette une opinion motivée et réfléchie. On peut penser qu’internet est une voie pour dépasser le formatage des grands médias, mais :

- ce n’est pas un espace public au sens strict

- il faut déjà y être éclairé pour se repérer.

Pour que la démocratie participative soit autre chose qu’une simple démonstration de l’impuissance collective, il faut l’inscrire dans ce que Bertrand Stiegler appelle une « organologie ». voir B. Stiegler et M. Crépon, De la démocratie participative, Mille et une nuits, 2007.

voir les propositions de Bruce Ackerman dans l’entretien « Une citoyenneté pour le XXIe siècle » publié sur le site La vie des idées  : introduire un jour férié, jour de Délibération, qui permettrait aux citoyens de se forger une opinion avant de voter.

Mais la délibération n’est pas suffisante.

 b/ Pas d’éducation politique autre que la participation effective aux affaires de la cité. La représentation ne suffit pas. Mais, sans décision, la participation reconduit des dérives oligarchiques.

Castoriadis, Post-scriptum sur l’insignifiance.

« Il y a la merveilleuse phrase d’Aristote répondant à la question : « Qui est citoyen ? Est citoyen quelqu’un qui est capable de gouverner et d’être gouverné. » Y a-t-il quarante millions de citoyens en France en ce moment ? Pourquoi ne seraient-ils pas capables de gouverner ? Parce que toute la vie politique vise précisément à leur désapprendre à gouverner ? Elle vise à les convaincre qu’il y a des experts auxquels confier les affaires. Il y a donc une contre-éducation politique. »  (p.11)

« La principale éducation dans la politique est la participation active aux affaires, ce qui implique une transformation des institutions qui incite à cette participation et qui la rende possible, alors que les institutions actuelles repoussent, éloignent, dissuadent les gens de participer aux affaires. Mais cela ne suffit pas. Il faut que les gens soient éduqués, et soit éduqués pour le gouvernement de la chose publique. » (p.28).

  • ·Lorsque l’on réclame une co-décision, il est de bon ton de ressortir le fantasme de la démocratie directe. La démocratie participative ne signifie pas démocratie directe. Il n’est pas certain qu’une telle forme d’auto-gouvernement soit viable et qu’elle ait vu le jour.

Les tenants de la démocratie participative la voient comme une amélioration de la démocratie représentative (seule forme existante de démocratie).

Cf. B. Stiegler, De la démocratie participative, Fayard, 2007, p. 85 : « Il n’y a jamais eu et il n’y aura jamais de démocratie directe. Et il n’y a pas d’opposition entre démocratie participative et démocratie représentative. L’opposition des deux conduit inévitablement à ce que l’on appelle le populisme, à des discours fusionnels sur ce qu’il en est du peuple, et qui ne sont jamais très loin du fascisme, du totalitarisme ou de nouvelles formes d’avilissement politique peut-être plus perverses encore, (…). »

Les démocraties modernes impliquent la délégation, des instances de médiation, pour préparer les dossiers, faire exécuter les lois, aborder la complexité de la vie sociale. Seules des petites communautés peuvent se gouverner elles-mêmes dans une transparence relative. Mais on pourrait néanmoins trouver une forme institutionnelle qui favorise la co-décision.

Pb de la légitimité de la représentation : Pourquoi l’élu serait-il plus à même de décider sur les orientations collectives qu’un autre citoyen ? Les grecs ne pratiquaient-ils pas la nomination par tirage au sort pour certaines fonctions ?

Réformes institutionnelles : tirage au sort, non cumul, rotation, etc.

c/ Reconsidérer la place du travail dans nos sociétés pour se redonner les conditions de l’oisiveté.

André Gorz, Misère du présent, richesses du possible : réflexion sur le revenu d’existence et la fin du travail.

La sobriété économique est la condition d’un renouveau politique, d’une bonne santé démocratique et d’une insertion plus harmonieuse dans notre milieu de vie.

La participation n’est pas possible sans temps dégagé pour l’engagement politique de chacun. La réflexion sur le temps de travail et sur la place qu’il occupe dans notre société est indispensable pour des raisons :

- écologiques : le productivisme est catastrophique pour les ressources naturelles

- sociales : le plein emploi est irréalisable

- politiques : l’activité économique est essentielle mais insensée si elle n’est pas subordonnée à des activités plus hautes (politique, art, science).

Conclusion :

  • · De fait, les formes de démocratie participative déplacent déjà les rapports de force. Elles ne sont pas sans effet, même si cela reste symbolique.Elles ouvrent une modification institutionnelle des voies de l’engagement politique des citoyens (qui ne peut se réduire au vote).

 

  • · La démocratie participative ne s’enracine pas nécessairement dans des motifs populistes. Ce serait tomber dans la diabolisation du pouvoir politique (qui est justement un ressort populiste).

Elle prend des formes variables à l’échelle planétaire. Il faut du temps pour changer les représentations et les pratiques collectives. D’autant plus que l’efficacité de la démocratie participative repose sur de véritables bouleversements sociaux qui me paraissent indispensables. Elle peut être une voie dans la réappropriation nécessaire du politique par les individus, mais ne peut être un terme (du moins telle que pratiquée de nos jours).

« Le projet démocratique n’a cessé d’être inaccompli là même où il était proclamé, qu’il soit grossièrement perverti, subtilement rétréci ou mécaniquement contrarié. » Rosanvallon, La contre-démocratie, p.10.

NOTE:

(1) Zarka, éditorial du n°49 de la revue Cités « Le populisme contre les peuples ? », p.4.

voir également C. Godin, ibid., « Qu’est-ce que le populisme ? », p.21 : « Le populisme se présente à la fois comme une critique de la démocratie, comme un rejet de la démocratie (sous sa forme représentative) et comme une exigence de démocratie. » Il s’agit de flatter les humeurs du peuple contre les élites et tous ceux qui menacent hypothétiquement leur souveraineté.

 

Le Club est l'espace de libre expression des abonnés de Mediapart. Ses contenus n'engagent pas la rédaction.